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Le coup médiatique de l’été: l’affichage des syndicats

Pierre Gince ARP, président, Mesure Média et Direction Communications stratégiques

Il fallait y penser: alors qu’une campagne électorale s’annonce et que les médias n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent durant l’été, une coalition syndicale a voulu s’imposer dans l’actualité en créant une campagne d’affichage. Mission accomplie!
 

Mais… rapidement, un bras de fer s’est engagé entre la Ville de Québec et la coalition syndicale – chacune interprétant à sa façon la réglementation portant sur l’affichage.

source: le soleil

Rappel des faits

  • Le 17 juillet, une coalition de six syndicats prend d’assaut les poteaux de certaines villes – Québec, Roberval, Montréal et Saint-Jérôme – afin d’y installer des affiches d’allure électorale sous le thème «Libécaquiste Caquibéral: du pareil au même»;
  • Graduellement, plusieurs autres villes ont droit à un tel affichage selon une habile stratégie de presse qui consiste à recréer la nouvelle!
  • Rapidement, la Ville de Québec réagit en invoquant sa réglementation interdisant un tel affichage. Commence alors une partie de bras de fer entre la Ville et la coalition syndicale – bras de fer qui se poursuit;
  • À Québec, des employés municipaux enlèvent les affiches et, aussitôt, les syndiqués – qui avaient sans doute prévu le coup – en installent d’autres;
  • Puis, à la suite d’un apparent réchauffement des relations – quand la Ville de Québec a invité la coalition à formuler une demande d’affichage formelle – les choses se gâtent de nouveau le 1er août: l’administration municipale avise la coalition syndicale qu’elle s’expose à des amendes de 400 000$ par jour en cas de récidive.

Combien?

jusqu’À maintenant, il y a eu trois vagues importantes dans les mÉdias. et d’autres Étapes suivront assurÉment!

Nous avons analysé deux de ces retombées:

  • «La Ville juge les pancartes illégales», Le Soleil, 20 juillet, page 3. Pour la Ville de Québec, le titre et l’amorce sont positifs. Pour la coalition syndicale, la photographie et la légende sous la photo sont déterminantes. Gain de 24 323 $ pour la Ville de Québec et de 25 289$ pour «les syndicats»;
  • «Des affiches syndicales qui pourraient coûter cher», Le Journal de Québec, 2 août, page 9. La Ville de Québec essuie quelques critiques de la part du directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger, et choisit de ne pas répliquer. Gain de 3 113$ pour la Ville de Québec et de 4 242$ pour «les syndicats».

Plusieurs réputations, plusieurs bénéfices

Certaines méthodologies d’analyse du contenu des médias traditionnels et sociaux permettent de déterminer le gain de réputation – ou le déficit – au bénéfice des entreprises, des organisations, des marques ou des personnalités.

LA COALITION SYNDICALE A PARTI LE BAL. et les villes ont dû réagir, les unes après les autres.

Dans ce cas-ci, les syndicats ont créé la nouvelle, et de très nombreuses villes – Québec, Montréal, Laval, Saint-Jérôme, Sainte-Catherine et plusieurs autres – se sont retrouvées dans les médias, à cause d’un enjeu qu’elles n’ont pas choisi. Conséquemment, les retombées pourraient être analysées au bénéfice des syndicats et de chacune des villes mentionnées.

La Ville de Québec est gagnante

Au moment de commencer un mandat, c’est le client qui détermine le bénéfice qu’il recherche. C’est le seul moment où le client peut avoir un certain impact sur le mandat qui sera réalisé à l’externe.

Ainsi, bien qu’elle ait probablement voulu éviter toute la couverture de presse sur l’affichage syndical, la Ville de Québec – qui a choisi la ligne dure – pourrait vouloir connaître son gain de réputation en fonction de sa stratégie.

De ce point de vue, la Ville de Québec a su tirer son épingle du jeu dans son bras de fer contre les syndicats, et plusieurs retombées lui sont favorables – ou relativement neutres, ce qui, dans les circonstances, est très bon pour sa réputation.

… et la coalition syndicale aussi

Pour sa part, la coalition syndicale pourrait faire analyser l’ensemble de sa couverture dans les médias traditionnels et sociaux au bénéfice des «syndicats» – une appellation qui a été beaucoup plus utilisée par les médias que «coalition syndicale». Et chacun des syndicats pourrait vouloir connaître le nombre de mentions à son sujet, tout en sachant que c’est le leader du groupe – le porte-parole du SCFP, Marc Ranger – qui a pris le haut du pavé.

Chose certaine, c’est Mission accomplie! pour les syndicats qui se sont démarqués, jusqu’à maintenant, dans l’avant-campagne électorale.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

 

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.