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Cannes you feel it*?

Pascal Henrard Directeur de création et créateur de contenu, HENRARD.com

On a tous, dans «l’industrie», une relation d'amour/haine avec les concours et les remises de prix. Cannes et ses Lions ne font pas exception à la règle. Au contraire. Le Festival international de la créativité est sans doute la quintessence de ce qu'on adore et de ce qu'on abhorre.

On y voit des campagnes qu'on ne pourra jamais réaliser pour cause de budget anémique, de deadline de la mort ou d'annonceur trop frileux. On y découvre des pièces de rêve qui gagnent tous les honneurs et suscitent l’admiration unanime, mais qui n'ont jamais vraiment existé dans la réalité. On y boit plus de rosé en une soirée sur la Croisette qu'en une année au Québec. On y voit des idées qu'on a déjà eues, mais qu'on n’a jamais eu le courage de défendre. On y trouve des raisons d'être jaloux, des causes de burn-out, des occasions de bitcher sur les collègues, sur les annonceurs, sur le milieu et sur tout ce qui nous permet de mettre du beurre dans les épinards et du rosé dans les verres. On y ressent l'immensité de son inutilité et l'on y est confronté au choc de nos limites. On y vit des grands moments de doute, mais aussi des grands instants d'inspiration (pas seulement à cause de la quantité de rosé ingurgitée plus haut).

Un Créa, un Boomerang, un Lion, un Promax, ça prend la poussière. Pas les compliments ni les clients-annonceurs satisfaits.

Pour avoir eu la chance de fréquenter des galas à (attention, pétage de bretelles) Cannes, New York, Bruxelles, Los Angeles et Montréal, dans les milieux de (repétage de bretelles) la pub, de la télé, de la littérature, des médias, du cinéma et du web, je peux vous affirmer que la première et la plus belle des récompenses, c'est toujours celle du travail bien fait, du client-annonceur content et de l’auditoire ébloui.

La créativité, finalement, ça n'a pas de prix

Un Créa, un Boomerang, un Lion, un Promax, ça prend la poussière. Pas les compliments ni les clients-annonceurs satisfaits.

On apprend cependant toujours quelque chose d'avoir fréquenté le gratin, d'avoir touché à l'or et, surtout, de s'être gavé, entre deux verres de rosé (encore!), de ce qui se fait de mieux, de plus innovateur et de plus actuel en matière de créativité et de communication. On gagne tous à voir, revoir et potasser les gagnants et les shortlistés de l’année. Ne serait-ce que pour constater jusqu’où il est possible d’aller pour ce qui est des idées.

Bon Festival à ceux qui auront le temps de mettre un orteil dans la Méditerranée entre deux projections, trois cocktails et une exposition! Et n’oubliez pas d’aller prendre un petit rosé au bord de la piscine du Martinez, c’est un peu cher, mais à Cannes, tout est cher.

* Festival du jeu de mots pourri et éculé qui rappelle qu'en matière de créativité, et mon ami (attention, name dropping) Joe Lapompe ne me contredira pas, ce n'est jamais facile de faire quelque chose de tout à fait neuf.

 

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.