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Le stupéfiant logo de la SQDC

Olivier Bruel Graphiste et directeur artistique, freelance

La toute nouvelle Société québécoise du cannabis (SQDC) vient de dévoiler son image de marque, répondant ainsi à la sempiternelle question: comment vendre du pot?

SQDC

Sans tambour ni fumette, un site web est apparu jeudi dernier, ainsi que des comptes Facebook, Twitter et LinkedIn, tous ornés d’un logo vert qui combine une feuille de cannabis et le «Q» de Québec. Ce lancement pour le moins discret s’inscrit dans un processus de légalisation qui a récemment fait couler beaucoup d’encre.

«Dès l’entrée en vigueur de la loi fédérale, soit le 17 octobre 2018, la Société québécoise du cannabis (SQDC) déploiera progressivement une vingtaine de points de vente et assurera également la vente en ligne des produits du cannabis de façon responsable et sécuritaire», peut-on lire sur le site.

«Nous avons opté pour un symbole neutre, universel et sobre, démontrant l’encadrement de la société d’État, indique Mathieu Gaudreault, porte-parole de la Société des alcools du Québec. Nous voulions un logo permettant aux citoyens de comprendre facilement la vocation de la filiale et assurant une forte association entre la SQDC et le Québec. Il présente la feuille de cannabis de façon imagée et discrète. Nous ne souhaitions pas un logo attrayant ou commercial, car cela ne correspond pas à la mission de la SQDC.»

en-tête


C’est à Cossette qu’a été confié le périlleux mandat d’incarner graphiquement cette nouvelle société d’État. L’agence a ainsi fait face au défi de marier, en un logo, l’imaginaire fantaisiste lié à la mari et le sérieux de la structure.

L’agence a ainsi fait face au défi de marier, en un logo, l’imaginaire fantaisiste lié à la mari et le sérieux de la structure.

De quoi est fait ce logo? À droite, l’acronyme SQDC s’affiche avec force sur deux lignes, dans une typographie géométrique, sobre, mais tendance. À gauche, par une juste métaphore, un pictogramme pleine hauteur encadre une feuille stylisée, formant l’incontournable «Q» majuscule. Le tout se drape d’un vert monochrome censé évoquer la nature, ou, au moins, la chlorophylle. La partie la plus créative est l’extrême stylisation de la feuille de cannabis, à peine reconnaissable sous ses airs d’astérisque. C’est là que des symboles cachés pourraient nuire à l’interprétation de l’œuvre.

Certains y verront un personnage à long cou qui fait un croche-pied à la SQDC.

D’autres, comme ce journaliste influent, se questionneront dans les médias sociaux: «Suis-je le seul à voir un "Q" qui se grille un spliff

On peut aussi y voir une ressemblance avec l’emblématique étoile du Service de police de la Ville de Montréal SPVM, ou encore celle à six branches des équipes paramédicales… ce qui n’aide pas à rassurer la population sur l’absence de tout danger!

«Suis-je le seul à voir un "Q" qui se grille un spliff?»

Depuis les années 60, la marijuana a fait l’objet de milliers de logos officieux, graffitis baveux, affiches, autocollants et drapeaux, propulsant la délicate feuille au premier rang des symboles universels d’émancipation sociale. Plus récemment, l’annonce de la légalisation par Ottawa, puis par Québec, a aussi généré son lot de parodies entre deux joints

drapeaux


À ce jour, les éléments manquent pour évaluer l’ensemble de l’image de marque, mais quelques visuels verdoyants sont visibles sur les plateformes de la société, parmi lesquels un motif à base de pictos dont le manque de contraste simule les effets du pot…
 

motif


À suivre, dans une SQDC près de chez vous!