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Vidcon 2018, ce qu’il faut retenir de cette édition

Lauriane Mourdon Gestionnaire marketing d’influence, Made In

La huitième édition américaine de Vidcon, un important sommet consacré aux créateurs de vidéos en ligne, s’est récemment tenue à Anaheim, en Californie. Rassemblant influenceurs, marques, agences, plateformes et amateurs, il a accueilli plus de 30 000 participants en quatre jours. Comme chaque année, pour saisir les grandes tendances de demain sur la création et la stratégie de contenu vidéo en ligne, l’équipe de Made in y a participé.
 

Les origines du phénomène 

J'ai beau baigner dans l'univers du marketing numérique depuis plusieurs années, je suis toujours aussi troublée par l'ampleur du phénomène YouTube et ne cesse de me dire, mais «c'est fou, comment en est-on arrivé là?» Comme nous le rappellent certains créateurs, «You start video because you want to do good», pour créer du lien, partager son expérience, son histoire, s’informer, etc. Certains y trouvent un moyen de s’exprimer, d’autres de s’identifier, de s’amuser, d’apprendre. L’ingrédient clé de tout ça: l’authenticité, la vraie vie!

Treize ans après le lancement de YouTube, nous évoluons dans cette nouvelle ère où les célébrités ne sont plus Brad Pitt et George Clooney, mais PewDiePie (63 millions d’abonnés sur YouTube), Stephen Sharer, Phil de Franco, Hanna Hart et même le chien Doug the Pug! Et j'ai même eu la chance exceptionnelle d'assister sur place au Q&R de ce chien, depuis son petit panier, devant une foule d'admirateurs surexcités à l'idée d'en savoir plus sur son quotidien de vedette.

YouTube à la conquête du monde

Si la télé reste le média numéro un pour 41% des Américains, YouTube est sur tous les écrans et génère 43% d’auditoire incrémental à la télé*. Le format vidéo reste donc indétrônable au titre de contenu préféré avec 64% des 18-34 ans qui regardent une vidéo «au moins une fois» par jour**. Pas étonnant que YouTube annonce la sortie du format «vertical» pour ses vidéos, s’adaptant ainsi à l'appareil mobile, présent dans toutes les mains!  

Et quand je vois les chiffres de la conférence YouTube avec son 1,9 milliard d’abonnés, présents dans 90 pays, j'en viens à me dire: et si YouTube était en train de devenir la chaîne «télé»  n°1 de la planète? Et si YouTube était le nouveau système économique global avec des millions de porte-parole à l’impact mondial?

Les influenceurs, de créateurs de contenu à experts médias

Avec l'équipe, nous avons assisté à plusieurs conférences menées par «les créateurs» et ce ne sont pas que des passionnés de YouTube qui se trouvaient devant nous, mais de véritables experts en marketing et en médias. De la création de leur thumbnail, sans oublier le tag et le titre, tout est méticuleusement préparé à partir d’analyses: suivi des mots-clés sur Google Trends, études des auditoires, de leur comportement et de leurs attentes. 

Tout est précisément calculé, chiffré. Les influenceurs sont des producteurs de contenu, et ils sont aujourd’hui les premiers en téléchargement de vidéos sur Facebook (56% des vidéos vs 38% pour les agences médias) et YouTube (89% des vidéos)***.

​Les grands acteurs du numérique s'appuient sur le pouvoir de ces créateurs et les occasions d’affaires qu’ils représentent pour créer de nouveaux axes de développement. YouTube Premium va offrir la possibilité de concevoir des émissions préenregistrées, mais présentées comme «un direct» afin d'augmenter l'engagement entre l'auditoire et les créateurs de contenu. La vente de produits dérivés va être aussi mise de l'avant par un carrousel sous «la bio». Enfin, les plateformes de commerce en ligne comme Amazon ou Shopify proposent aux créateurs de contenu de les aider à concevoir leur propre commerce en ligne et augmenter leurs revenus.  

De l’émotion à l’engagement

Certains youtubeurs nous ramènent les pieds sur terre, comme Rossana d'Eh bee family (6,5 millions d’abonnés) qui cite: «It feels good when you have likes and bad when you don’t. But don’t make video to be viewed. Don’t let the numbers get you, don’t forget what you say and why you say it.» Cela me réconcilie avec le phénomène, redonnant un aspect profondément humain à la chose, nous rappelant à quel point le numérique a permis d'offrir une part de voix à chacun, de donner à tous une chance de s'exprimer.

Et reviennent à chaque conférence les mots «authenticité» et «storytelling», car ce qui touche le plus les gens ce sont les histoires les plus authentiques, où ils peuvent se projeter dans une expérience vraie, avec de véritables émotions. Le Live et les Stories émergent donc comme la nouvelle tendance forte du moment, permettant ainsi aux influenceurs de retrouver un sentiment de liberté et de spontanéité envers leurs auditoires qui en redemandent toujours plus!

Nous assistons aussi à la montée en puissance de la plateforme LiveMe, que nous avions découverte en 2016. Par ailleurs, tout comme nous le faisons depuis plusieurs années avec Made in, les agences commencent à mettre le doigt sur l’importance de monitorer les émotions, les réactions des internautes au-delà d’assurer la notoriété, l’engagement et la conversion. Des nouveaux outils comme Canvs le prouvent. 

Cinq éléments à retenir:

· La vidéo reste le format de prédilection devant tous les types de contenus.

· Le monde devient «vertical» avec l’arrivée du format par YouTube et le lancement d’Instagram TV.

· Devant l’émergence de nouveaux modèles d’affaires, les plateformes conçoivent de nouveaux outils de monétisation:​ YouTube Premium, comme concurrent à Spotify et ​Netflix; YouTube Memberships & merchandise pour les chaînes de plus de 10 000 abonnés; des pages​ commerce​ électronique consacrées aux influenceurs sur Shopify et Amazon. 

· Le Live et les Stories deviennent clés. On assiste donc à la montée de la plateforme LiveMe et le lancement prochain de YouTube stories.

· L’importance du storytelling et de l’authenticité pour perdurer. 

 

** Source 1 & 2: Magid Media Only Study 2018, États-Unis 

*** Source 3: Jumpwire Media 2018

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.