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Tops et flops médiatiques – première moitié d’année 2018

Caroline Roy Vice-présidente, Mesure Média

Alors que l'été s’installe, nous voilà déjà rendus à la mi-année 2018! Que s’est-il passé pendant ces six premiers mois? Et surtout, qui a réussi à briller dans les médias? À l’inverse, qui a «floppé»? En cette veille de période de vacances, je vous propose les tops et flops médiatiques de cette mi-année 2018.

Tops

1 – Fugueuse: un phénomène de société

Dès les premiers épisodes diffusés à TVA durant l’hiver, Fugueuse est passée de télésérie à véritable phénomène de société.

Fugueuse a largement dépassé la couverture dans les médias de Québecor, obtenant jusqu’à 14 mentions à Radio-Canada Première. Alors que les groupes médiatiques priorisent de plus en plus leurs productions et leurs vedettes, il faut le faire!

Mention spéciale à District 31, qui a récolté, à quelques heures de la grande finale à la mi-avril, un gain de réputation de 180 000$ à Tout le monde en parle, Medium Large et Puisqu’il faut se lever. Ce gain repose sur les critères suivants: qualité des entrevues, nombreuses citations, tribunes médiatiques de choix et commentaires favorables sur cette série quotidienne.

2 – Les athlètes chouchous

Les Jeux olympiques donnent toujours lieu à de grands moments d’émotions, et ceux de Pyeongchang n’ont pas fait exception.

Rappelons-nous la patineuse de vitesse Kim Boutin, qui y a excellé après avoir reçu plus de 14 000 commentaires désobligeants – dont des menaces de mort – sur les médias sociaux.

Puis, le couple de danseurs sur glace Tessa Virtue et Scott Moir, qui, partout, a titillé les médias désireux de percer le mystère de ce couple qui dit ne pas en être un… Un flou savamment entretenu par ces deux médaillés d’or canadiens, ce qui leur a valu une visite sur le plateau d’Ellen DeGeneres.

3 – Le cri du cœur des infirmières

L’hiver dernier, dans un message sur Facebook partagé plus de 55 000 fois, la jeune infirmière Émilie Ricard a placé le débat sur les conditions de travail des infirmières au centre de l’actualité pendant deux semaines.

Son cri du cœur d’infirmière exténuée par la tâche, qui a ému le Québec en entier, interpelait directement le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Ce dernier n’a eu d’autre choix que de s’asseoir avec les représentants des infirmières pour baisser les ratios entre elles et les patients. Jusqu’à tout récemment, l’histoire d’Émilie Ricard était encore citée dans les médias, accumulant plus de 1500 mentions depuis sa sortie à la fin de janvier.

4 – Le Québec dans le quotidien New York Times

Oasis de progressisme en cette ère trumpienne – selon New York Times  – le Canada et le Québec font l’objet d’une couverture médiatique plus abondante dans le prestigieux quotidien américain depuis le début de l’année.

Dan Bilefsky, Montréalais d’origine travaillant pour le journal, est revenu dans sa ville natale afin d'y décoder la société québécoise. En mars, le journaliste a effectué une tournée du Québec, ce qui a valu sur Facebook un gain de réputation de 64 350$ à la marque «Québec» pour cette seule publication.

 5 – Les Golden Knights de Las Vegas

Pendant que le Canadien de Montréal croulait dans les bas-fonds du classement, plusieurs amateurs de hockey d’ici se sont intéressés à la saison Cendrillon des Golden Knights de Las Vegas.

Eh oui: du hockey à succès en plein désert… sous le leadership du gardien Marc-André Fleury et de plusieurs autres athlètes du Québec (Jonathan Marchessault, William Carrrier et David Perron) et la férule de l’ancien adjoint de Michel Therrien, Gérard Gallant.

Flops

1 – Justin Trudeau et ses costumes en Inde

Dans l’analyse du contenu des médias traditionnels et sociaux, il n’existe pas de «variable réputation».

En effet, lorsque l’équipe de Mesure Média détermine des gains ou des déficits de réputation, elle y parvient en conjuguant l’évaluation de plusieurs variables: titre, amorce, visuel, mortaise, tiers partis, position dans le média, etc.

Ainsi, lorsque le premier ministre canadien et sa famille ont profité du mois de février pour réaliser un voyage officiel en Inde, la variable «visuel» – qui a permis de le voir abondamment à la télévision, dans la presse écrite et dans les médias sociaux – lui a causé un énorme déficit de réputation.

Pourquoi? Parce que tant les commentateurs politiques que monsieur et madame Tout-le-Monde se sont moqués de Justin Trudeau, de son épouse et leurs enfants, qui ont enfilé plusieurs fois par jour différents costumes traditionnels indiens au point d’en devenir une caricature digne de Bollywood…

Les photos de Justin Trudeau costumé, et les multiples blagues qui en ont découlé, ont fait le tour des médias sociaux pendant plus d’une semaine – dépassant même les frontières du Canada. Ce voyage a tourné au fiasco, comme en témoigne cette retombée du site WashingtonPost.com, qui a valu un déficit de réputation de -142 640$ au premier ministre fédéral.

2 – Martine Ouellet

Parlant de réputation… Le moins qu’on puisse dire, c’est que la carrière politique de Martine Ouellet, première élue «transparlementaire» – un pied à Québec et l’autre à Ottawa – aura été marquée par la controverse.

Convaincue d’avoir toujours raison, elle défendait ses idées – ou plutôt une seule – avec une insistance perçue, par l’ensemble des analystes, pas comme de la détermination, mais de l’entêtement.

Sa sortie complètement ratée lui nuira assurément dans la recherche de ses prochains défis professionnels.

3 – Alexandre Taillefer: de Top à Flop…

L’homme d’affaires Alexandre Taillefer, qui figurait dans nos meilleurs coups médiatiques en 2017, a vu sa réputation dégringoler ce printemps.

L’annonce de sa participation à la prochaine campagne électorale aux côtés des libéraux s’est avérée un échec sur le plan médiatique. Un seul article dans Le Soleil lui a valu un déficit de réputation de -16 000$. Et il y en a eu plusieurs autres…

Au même moment, Marguerite Blais était tout sourire pour annoncer son retour en politique, cette fois avec la Coalition avenir Québec. L’ex-ministre des Aînés accumulait plutôt les gains de réputation, dont un de 1200$ pour une manchette à RDI nous informant de son retour.

4 – Walmart contre Charles Lafortune

Au début du long congé de Pâques, l’actualité aurait normalement dû porter sur les courses aux œufs et autres sujets plus légers… Mais le détaillant Walmart s’est retrouvé sur la sellette au Québec en mettant fin à son programme d’intégration au travail de gens handicapés.

Charles Lafortune, populaire animateur et père d’un garçon autiste, a fait une sortie virulente sur Facebook pour dénoncer cette décision. Il a ensuite enchaîné les entrevues qui, pour Walmart, ont constitué un pénible chemin de croix…

5 – Desjardins et l’affaire Samuel Archibald

Fleuron du Québec inc., Desjardins a vécu des moments difficiles depuis le début de l’année.

En plus de devoir défendre sa décision de retirer des guichets automatiques dans certaines petites villes du Québec, l’entreprise a hérité d’une crise à la suite d’une lettre d’opinion de l’auteur Samuel Archibald publiée dans La Presse+. Ce dernier s’est plaint d’avoir perdu ses prestations d’invalidité de Desjardins Assurances alors qu’il souffrait de dépression.

Le journaliste Patrick Lagacé a sauté sur l’histoire pour écrire une chronique dévastatrice, qui a généré un déficit de réputation de -32 455$ à Desjardins.

Et maintenant… qui peut identifier avec exactitude ceux qui feront partie de notre prochain palmarès, en décembre 2018?

Bon été!

Chaque semaine, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

 

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.