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    Ce qu'il faut savoir avant de lancer son opération de marketing d'influence

    Au Québec, de plus en plus d'entreprises font appel à des influenceurs pour promouvoir leurs marques. Jean-Sébastien Giroux, vice-président en stratégie numérique de Substance, livre ses conseils pour mettre en place une bonne campagne de marketing d'influence. 

    Comment bien choisir un influenceur?

    jean-sébastien giroux

    substance

    La première règle pour une marque est de bien définir ce qu’elle désire accomplir avec un programme de marketing d’influence. On ne réalise pas cette opération pour le fun ou parce que c’est un buzzword, mais bien parce que cela aide des objectifs de communication précis. À ce sujet, le marketing d’influence ne devrait jamais être une technique isolée, mais être intégré à une stratégie de marketing globale. Est-ce qu’il s’agit de faire connaître un produit ou de le faire vivre, d’utiliser l’influenceur pour mettre la marque en valeur ou pour la faire connaître à une nouvelle cible 

    Ensuite, le choix de la plateforme est tactique et va plus loin qu’une réflexion stratégique. Chaque plateforme a ses différences, ses avantages et ses inconvénients, et peut toucher différentes cibles. De manière générale, YouTube et Instagram sont celles qui procurent les leviers les plus précieux.

    Enfin, concernant le choix de l’influenceur, beaucoup d’organisations basent leur choix uniquement en fonction de la portée de ce dernier. Je conseille d’être attentif à beaucoup plus de facteurs, comme la communauté qu’il fédère, ses centres d’intérêt, l’image qu’il renvoie… La question à se poser est de savoir à quel point tel ou tel influenceur sert les objectifs de la marque. 

    Comment se décide une rémunération?

    «le choix de la plateforme est tactique et va plus loin qu’une réflexion stratégique.»

    Le marché du marketing d’influence est dans une phase adolescente au Québec, mais il grandit très vite. De plus en plus d’influenceurs qui travaillent  avec les marques ont des grilles tarifaires relativement bien définies. Ce marché est en train de s’assoir, de se cadrer. Concernant les prix, cela dépend de la campagne: sont-ils ambassadeurs de la marque pendant plusieurs mois, ont-ils un contrat d’exclusivité, combien de contenus sont programmés… Le cachet est influencé par beaucoup de facteurs.

    Quelles bonnes pratiques les marques devraient-elles adopter lorsqu’elles font appel à un influenceur?

    «une relation interpersonnelle et non une relation transactionnelle.»

    Aujourd’hui, les marques souffrent souvent d’un manque d’expertise dans la gestion de la collaboration avec un influenceur. Pour que cette dernière soit un succès, il faut du temps. C’est une relation qui se développe. Il faut apprendre à se connaître, à travailler efficacement ensemble. C’est une relation interpersonnelle et non une relation transactionnelle. Les marques ne doivent pas oublier qu’elles travaillent avec des humains créateurs de contenus et que ce domaine est hautement chronophage. Il faut rencontrer les influenceurs, faire des réunions. Les relations doivent devenir pérennes pour que le créateur de contenu comprenne le sens de la marque.

    Ensuite, il faut respecter l’influenceur, respecter son travail de storytelling. Il faut lui laisser un espace créatif suffisant pour qu’il puisse s’exprimer. Si on veut contrôler le contenu, autant acheter de la publicité.

    Aujourd’hui, plusieurs affaires ont mis en lumière des lacunes liées aux influenceurs, comme la création de faux comptes, les publications sponsorisées dissimulées etc. Quelles solutions existent pour travailler avec des influenceurs sans nuire à l’image d’une marque?

    Cette discipline est encore en phase de développement. En effet, nous observons plusieurs mauvaises pratiques qui mettent en lumière les risques du marketing d’influence. Il est impératif que les marques redoublent de prudence, d’expertise dans leurs initiatives afin de réduire les risques. Une campagne de marketing d’influence, ce n’est pas juste choisir deux ou trois influenceurs. Les annonceurs doivent se former, connaître les normes, les options stratégiques qui s’offrent à eux.

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    Jean-Sébastien Giroux est formateur Infopresse. Pour retrouver ses prochaines formations, cliquez ici