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Le Camp Ville-Marie de Sid Lee: rendre un déménagement temporaire «durable»

Déménager à une nouvelle adresse nécessite une fine organisation pour une entreprise. Le défi est double lorsqu’il faut investir un nouvel espace où l’aménagement est temporaire, comme ont dû le faire Sid Lee et ses 500 employés.

Sid Lee a annoncé en novembre 2017 son déménagement du 75, rue Queen au rez-de-chaussée de la Place Ville-Marie. Mais comme dans bien des déménagements, tout ne se déroule pas toujours comme prévu.

jean-françois lefebvre

sid lee

«À l’automne 2018, on a vu qu'on ne pouvait pas déménager en 2019 comme prévu initialement. Nous devions donc occuper des espaces temporaires au 15e, au 20e et au 21e étage de la Place Ville-Marie», raconte Jean-François Lefebvre, directeur des opérations et de la responsabilité sociale de Sid Lee.

Une vingtaine de personnes se sont alors attelées à la tâche pour transformer cette «mauvaise» nouvelle en une expérience positive. Avec leurs efforts et la collaboration du nouveau propriétaire, Ivanhoé Cambridge, cela aura pris une semaine pour élaborer le concept de «Camp Ville-Marie» et de quatre à six semaines pour établir un plan d’action et d’architecture.

«En quatre mois, on a fait les plans, le design, la construction de ces lieux temporaires d’environ 72 000 pieds carrés, et le déménagement, soutient-il. Et tout ça en parallèle des autres rencontres pour le chantier des futurs espaces permanents.»

Donner une âme «non temporaire» aux lieux

Le côté temporaire des lieux a été embrassé par le concept proposé du «Camp Ville-Marie». Ainsi, quatre ailes ont été conçues selon un plan cruciforme: la Rivière qui est face au fleuve, la Montagne qui donne sur le Mont-Royal, le Village où l’on retrouve notamment l’accueil et la Forêt qui abrite des arbres.

«Donner une âme aux divers emplacements et faire en sorte que les gens se les approprient»

Le mobilier et la décoration suivent ainsi chacun de ces thèmes. Un quai s’intègre à la zone Rivière et des maisonnettes peuplent l’espace Village, tandis que certaines salles de réunion portent le nom de montagnes connues comme l’Himalaya dans la zone Montagne. «Ces détails ont contribué à donner une âme aux divers emplacements et à faire en sorte que les gens se les approprient», précise Jean-François Lefebvre.

Ses expériences de déménagement passées lui ont montré l’importance de réfléchir à la décoration avant le déménagement plutôt qu’après. «Plusieurs font cette erreur et cela décourage les gens lorsqu’ils arrivent dans un lieu en chantier où il n’y a ni ambiance ni personnalité.»

D’ailleurs, la décoration représentait un défi en soi: comme les lieux étaient temporaires, les décisions devaient être prises dans cet esprit. Par exemple, dans les lobbys, il fallait penser à d’autres solutions de décoration pour ne pas percer les murs en pierre. Des vinyles y ont ainsi été apposés.

Un prétexte pour raconter une histoire

Cette réussite, il l’attribue en grande partie à la collaboration mise en place entre les diverses équipes, notamment en design, TI, communications et architecture.Cinq mois plus tard, Jean-François Lefebvre estime que l’aventure a été un réel succès, tant d’un point de vue d’ambiance de travail que de budget, lequel s’est révélé en deçà des prévisions.  

« Dès le brainstorm, les architectes et les designers de Sid Lee ont travaillé ensemble pour que tous les éléments soient bien intégrés et pensés, souligne-t-il. Si nous avions collaboré avec des professionnels à l’externe, peut-être que les discussions se seraient échelonnées sur plus d’un mois et nous n'y serions pas arrivés.»

«Nous avons fait participer les employés à l’évolution de l’espace.»

La direction a aussi fait preuve d’une réelle transparence tout au long du processus avec ses employés, lui divulguant le budget, les plans et les progrès réalisés. «Nous avons multiplié les visites sur le chantier, posé des questions en amont du projet pour connaître les besoins des employés et les faire participer à l’évolution de l’espace et organiser des lunchs sur place pour qu’ils se familiarisent avec les lieux», mentionne le directeur des opérations.

Pour Sid Lee, il s’agit également d’une belle vitrine auprès de sa clientèle, montrant concrètement ce qu’il est possible d’accomplir avec ses différentes équipes. «Certains clients qui passent aussi par là nous ont demandé conseil pour les aider dans leur processus de déménagement», soutient-il.

L’espace continuera d’évoluer en cours de route au fil de l’utilisation, comme c’était le cas dans les anciens bureaux. 

Certains éléments du mobilier, comme les arbres dans la zone Forêt et les tables à pique-nique, auront une deuxième vie dans l’espace permanent. «Ces vestiges du Camp Ville-Marie nous permettront de nous rappeler encore longtemps de ce passage chez Sid Lee et un très bon prétexte pour raconter son histoire», affirme-t-il.