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Acquisition de V par Bell: «Nous allons assurément privilégier la production locale»

Avec l’achat de V, annoncé en juillet dernier, Bell Media ajoute une chaîne de télé généraliste à son arsenal de véhicules publicitaires. Karine Moses, présidente de Bell Media pour le Québec, explique les raisons de cette acquisition.

karine moses

bell media

Comment l’achat de V s’inscrit-il dans la stratégie de Bell Media?

Dans notre portefeuille de propriétés, il nous manquait une télé généraliste pour nous faire évoluer davantage dans le marché québécois. L’acquisition de V nous permet de bâtir sur ce que nous avons commencé à ériger depuis l’acquisition d’Astral et de ses chaînes spécialisées au début de 2012. Nous y avons investi pour environ 3500 heures de télédiffusion réparties entre 655 productions.

Pourquoi n’avez-vous pas tenté d’acheter les chaînes spécialisées Max et Elles Fictions, aussi propriétés de Remstar?

Bell Média est déjà bien servie en matières de chaînes spécialisées (NDLR : l’entreprise possède notamment Canal D, Canal Vie ainsi que RDS et ses dérivées). Notre intérêt était vraiment centré sur V.

La transaction devra être approuvée par le Bureau de la concurrence et le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Advenant leur feu vert, quand pensez-vous pouvoir prendre possession de votre nouvelle propriété?

Nous estimons qu’en fonction des délais administratifs et légaux, Bell deviendrait officiellement propriétaire au début de 2020.

À ce moment, la programmation hivernale sera déjà déployée. Cela vous pose-t-il problème?

Non, car nous avons des gens en place et nos équipes respectives travaillent déjà en partenariat sur ce plan.

Parlant de vos équipes, qu’en sera-t-il de la direction future de V? Et qui assumera la représentation publicitaire de cette propriété?

Il est trop tôt pour donner des réponses définitives à ce sujet, mais les scénarios d’intégration font partie de nos prochains devoirs.

«Si l’on ajoute l’auditoire de V à celui de nos autres chaînes, cela fait grimper notre part de 16 % à 22 %.»

V a encaissé des pertes en 2017 et 2018. Cela ne vous effraie pas?

V demeure une propriété intéressante pour Bell, car elle enrichit notre écosystème médiatique. Si l’on ajoute son auditoire à celui de nos autres chaînes, cela fait grimper notre part de 16% à 22%.

Il a été question d’un retour de l’information à l’écran de V. Cela fait-il partie de vos projets?

Nous allons nous conformer aux règles du CRTC à cet égard, mais il est clair que nos décisions seront dictées par une volonté de diversité et de qualité.

En matière de production, entendez-vous miser sur des partenariats avec des producteurs privés ou plutôt tabler sur des productions internes?

Là aussi, l’approche reste à définir, mais nous allons assurément privilégier la production locale de qualité.