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Comment évoluer au rythme des talents qui se transforment

Aujourd’hui, les profils atypiques et le cumul d’expériences sont des qualités de plus en plus recherchées. Le candidat idéal change, ses besoins aussi. Les dirigeants doivent se métamorphoser au même rythme que les talents pour les retenir dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Entrevue avec Macha Pohu, vice-présidente talent et culture de Raymond Chabot Grant Thornton.

«Quand nos enfants arriveront sur le marché du travail, 60% des emplois actuels n’existeront plus, et les autres se redéfiniront», analyse Macha Pohu, vice-présidente  talent et culture chez Raymond Chabot Grant Thornton. Cette dernière propose plusieurs stratégies à destination des dirigeants pour conserver leurs talents.

macha pohu

raymond chabot

Favoriser le mouvement

La vice-présidente confie: «Il y a quelques années, on écartait d’emblée les candidats qui avaient bougé plus d’une fois en deux ans. Aujourd’hui, au contraire, si quelqu’un est resté trop longtemps au même endroit, on craint qu’il ne survive pas au changement.»

Tout mute aussi vite que l’arrivée des nouvelles technologies selon Macha Pohu. Les recruteurs doivent miser sur la polyvalence. «Il n’est plus rare que l’on convoque quelqu’un au CV étonnant pour qu’il nous raconte son histoire, explique-t-elle, ou de voir un employé en marketing qui possède un diplôme en arts, et se tourne finalement vers les TI.»

En outre, on attend du candidat moderne qu’il se positionne au centre de son évolution dans l’entreprise qui le supporte et agisse en «intrapreneur». Toutefois, cela implique que le gestionnaire le situe dans son plan d’affaires dès l’embauche et qu’il lui permette de gravir les échelons ou de tester plus tard ses connaissances dans d’autres sphères en interne.

Mentorer et non dicter

«Chacun veut relever des défis avec la confiance de ses supérieurs»

Pour retenir les talents, les dirigeants doivent également modifier leur approche. «Longtemps, les patrons ont donné des mandats au compte-goutte, contrôlant tout, sans permettre aux employés d’avoir une vision claire du but à atteindre, et ceux-ci se contentaient d’exécuter, économisant ainsi des efforts», souligne la vice-présidente. Aujourd’hui, Macha Pohu soutient que c’est la dernière chose que les travailleurs souhaitent: «Maintenant, chacun veut s’impliquer, obtenir une liberté d’action, relever des défis avec la confiance de ses supérieurs.»

Néanmoins, il arrive que les gestionnaires confondent autonomie et solitude. «Oui, le travailleur va montrer qu’il est capable seul, lance-t-elle, mais cela ne veut pas dire qu’il désire être abandonné.» En somme, le patron doit déléguer, mais guider.

Axer sur la mobilité temporelle

La spécialiste RH amène un fait intéressant: «Les employés modernes s’impliquent davantage, mais ils souhaitent paradoxalement, selon les derniers sondages de Raymond Chabot Grant Thornton, travailler moins longtemps. La jeune génération favorise les plages horaires libres pour les projets personnels. Les femmes (64,5 % du cabinet), elles, veulent passer plus de temps en famille.»

Les compagnies devront, d’après elle, se montrer flexibles: maximiser les heures en communiquant mieux, permettre de se brancher de la maison avant et après les rencontres et offrir des vacances de plus en échange d’heures supplémentaires.

Macha Pohu soutient qu’on gagne à repousser les limites de l’imagination pour attirer les talents et suivre leur évolution. Mettre en place ces évolutions internes demeure par contre un défi important.

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Pour poursuivre la discussion avec elle, joignez-vous au RDV Culture d’entreprise et formation professionnelle d’Infopresse le 11 septembre prochain.

En couverture: les bénévoles de Raymond Chabot Grant Thornton au camp YMCA de Kanawana.