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Tops et flops médiatiques – première moitié d’année 2019

Toute l'année, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité. Caroline Roy, vice-présidente et associée de l'entreprise, s'attarde à ce qui a marqué la première moitié de 2019.

Tops

1– Céline quitte Las Vegas

Céline change de style de vêtements. Céline mange en tête-à-tête avec un jeune danseur. Céline vend des vêtements pour bébés. Céline fait un tas de choses à part chanter et… elle déménage!

DU 01 AU 15 JUIN 2019, LES MÉDIAS TRADITIONNELS ONT PARLÉ DE CÉLINE À 2 091 OCCASIONS, DONT 1 274 FOIS DURANT LE WEEK-END (SOURCE: CISION)

 

Sans surprise, le départ de la superstar de Las Vegas, comme bien d’autres choses qu’elle a fait au cours des dernières décennies, a généré une couverture médiatique mondiale.

Ce qui est énormément payant pour la réputation de Céline, c’est que les médias boivent ses paroles, ses faits et gestes, sans véritablement la critiquer.

Par ailleurs, la marque Céline, avec une typographie unique qui est protégée légalement, est souvent reprise, comme c’est le cas du CH du Canadien et autres logos de marques. Cela a un impact favorable dans le calcul du gain de sa réputation.

2– Passe-Partout de retour!

Plus de 1 000 mentions de Passe-Partout en une semaine dans les médias traditionnels

À la fin février, l’équipe de Télé-Québec avait raison de célébrer en grand: le retour en ondes de son émission culte dans une nouvelle mouture a battu des records d’auditoire avec plus de 700 000 parents et «poussinots» à l’écoute du premier épisode!

L’intérêt des médias a grandement contribué à l'engouement qu’a vécu Télé-Québec, diffuseur de Passe-Partout.

Sans surprise, les trois comédiens qui incarnent Passe-Partout, Passe-Carreau et Passe-Montagne ont fait la promotion de l’émission sur plusieurs tribunes, dont Format familial, Deux hommes en or, CKOI le matin et au 98,5fm. À cela, se sont ajoutés des milliers de commentaires sur les médias sociaux.

3– Les Expos de retour… ou presque

Alors que Joey Saputo se plaint des faibles assistances aux matchs de l’Impact, et que le sort des Alouettes reste incertain, c’est le retour hypothétique des Expos qui continue d’entretenir un buzz.

Les fans de baseball célèbrent le passé et un avenir hypothétique

En mars, les Blue Jays ont joué deux matchs préparatoires au Stade Olympique, ce qui a donné lieu à différentes commémorations de la belle époque des Expos. Depuis, la fièvre du baseball a gagné Montréal et ne l’a pas quitté…

Ces temps-ci, c’est la construction d’un nouveau stade de baseball qui fait la manchette.

Nous avons analysé la retombée intitulée With Stephen Bronfman in charge, Expos’return is closer than ever, publiée sur le site web du quotidien The Gazette. Plusieurs variables sont positives, dont celles-ci : le titre, l’amorce, la vidéo et la crédibilité du chroniqueur.

Résultat: un écart positif de 204 % au bénéfice de la marque Expos. Un véritable coup de circuit!

4 – Louis Robert: quand l’agronomie fait la une

C’est un euphémisme que d’affirmer que les médias grand public ne s’intéressent jamais à l’agronomie – soit l’étude scientifique des problèmes que pose la pratique de l’agriculture.

Et pourtant, cet hiver, l’agronome et fonctionnaire Louis Robert a choisi de sonner l’alerte auprès de Radio-Canada en dévoilant l’ingérence du privé dans la recherche publique sur l’utilisation des pesticides.

S’en est suivie une véritable saga: il fut congédié par le gouvernement du Québec, engendrant plus de 3 500 mentions de «l’affaire Louis Robert» dans les médias entre le 30 janvier et le 3 avril 2019, soit les semaines les plus fortes de la tempête.

L'affaire Louis Robert fait et fera encore la manchette

Cette histoire, qui a aussi rebondi à l’antenne de Paul Arcand le 15 février dernier, a valu un gain de réputation de 43 025 $ à Louis Robert pour cette seule mention de quelques minutes au 98,5fm. 

La saga continue avec les excuses du Premier ministre François Legault à Louis Robert et la «démission» du sous-ministre. Il est évident que «l’affaire Louis Robert» n’a pas fini d’engendrer des gains et des déficits de réputation au bénéfice de plusieurs marques et personnalités.

5– Bonhomme en vedette sur Google

 Signe des temps, Bonhomme est actif sur LinkedIn! Et, évidemment, le Carnaval utilise énormément Facebook.

sur instagram, le taux d'engagement envers bonhomme est de 6,87% (source: plik.co)

 

La réputation de Bonhomme est telle que le vendredi 8 février, jour d’inauguration de la 65e édition du Carnaval de Québec, c’est Google Canada qui a pris l’initiative de lui consacrer la page d’accueil de son moteur de recherche partout au Canada!

La consultante en stratégie numérique Karine Miron  a publié dans TourismExpress.com, l’impact de ce rayonnement qu’elle a mesuré avec les outils SimilarWeb et Quantcast.

+ 437% de visites sur le site web du Carnaval

Elle affirme: «Avec zéro dollar d’investissement, le Carnaval a obtenu une portée estimée à 11,89 millions au Canada, que ce soit sur la page d’accueil de Google.ca ou sur les pages de résultats de recherche où l’on voit un Doodle simplifié avec la tuque du célèbre Bonhomme.»

Flops

1— Royalmount et acceptabilité sociale

Il suffit d’entendre ou de lire le nom Royalmount et, instantanément, ce sont les deux mêmes images qui nous viennent en tête: une maquette scintillante et une immense congestion automobile à l’intersection des autoroutes 15 et 40.

 En janvier dernier, la Ville de Montréal a suspendu ce projet de méga-centre d’affaires, de commerces et de loisirs afin qu’il soit modifié et devienne… socialement acceptable.

Une collision frontale sur une surface très glissante: l'acceptabilité sociale

Que s’est-il donc passé durant trois ans et demi pour en arriver là? Une collision frontale entre, d’une part, les promoteurs de Royalmount et les élus de Ville Mont-Royal et, d’autre part, des groupes de citoyens et d’élus qui se sont mobilisés pour s’opposer.

une collision frontale qui a causé un tort considérable à royalmount (source: cision)

 

2—SNC-Lavalin et Justin Trudeau: des avenirs liés

Se pourrait-il que la gestion d’un dossier en particulier, par le gouvernement Trudeau, puisse déterminer son sort lors des prochaines élections fédérales? Réponse dans les boîtes de scrutin le 21 octobre prochain.

À la suite d’une série de changements majeurs apportés à la gouvernance de SNC-Lavalin, ce fleuron de l’économie québécoise et canadienne, le président de l’époque, Neil Bruce, est sorti de sa tanière pour accorder quelques entrevues ciblées. Le hic? Le moment choisi, soit entre la présentation des budgets des gouvernements du Canada et du Québec !

Le président de SNC-Lavalin a été clair et convaincant, au point de générer d'importants gains de réputation

Le bon coup médiatique de SNC-Lavalin aura été de générer des scores de 116% à l’émission RDI, de 200% dans The Globe and Mail et d’autres très positifs, là où Neil Bruce a été présent. Son mauvais coup médiatique? Avoir volontairement noyé ces entrevues dans une mer d’informations de nature économique…

Justin Trudeau et les membres de son équipe réalisent sans doute que le nom SNC-Lavalin a été accolé aux leurs à plusieurs centaines de milliers d’occasions au cours des derniers mois. Cela a probablement créé une immense tache dans l’esprit des électeurs…

3— Les bijoux de Caroline Néron brillent moins…

Caroline Néron, qui a placé son entreprise sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, à la fin janvier, a généré, en quelques jours seulement, 593 mentions dans les médias traditionnels au Québec. De nombreuses retombées étaient sévères et, d’autres, plutôt complaisantes.

Dans différentes tribunes, Caroline Néron s'en est pris aux uns et aux autres, dont les journalistes, sans avouer ses erreurs de gestion ni s'excuser

Dans la foulée de ses déboires, Caroline Néron a choisi de se confier à TVA, au Journal de Montréal et à Tout le monde en parle. Mais, elle a refusé les demandes d’entrevues de La Presse+, qui a publié le dossier d’enquête à son sujet, et de plusieurs autres médias.

Mesure Média a analysé deux des retombées qui ont le plus nui à la réputation de Caroline Néron:

  • Caroline Néron: histoire d’une débâcle financière, La Presse+, 11 janvier 2019. Toutes les variables sont négatives, dont celles-ci: le titre, l’amorce et le traitement journalistique. Déficit de – 62 582 $ pour la femme d’affaires.
  • Tout le monde en parle, 20 janvier 2019. Entrevue de 17 minutes. Toutes les variables sont négatives, dont la présentation du sujet. Déficit de – 367 743 $.

Caroline Néron tente aujourd’hui de rétablir sa réputation alors qu’elle a annoncé son retour au grand écran et qu’elle a offert quelques entrevues, notamment à Isabelle Maréchal.

4— Le Docteur Julien sous observation

Avant de devenir chroniqueuse, la journaliste Isabelle Hachey, de La Presse+, en avait fait une spécialité: faire tomber des «monuments» de leur piédestal.

 Après François Bugingo (2015), Giovanni Apollo (2017), Martin-Luc Archambault (2018) et quelques autres, voilà que c’est la réputation du «bon Docteur Julien» qui, en mars dernier, a été sa cible.

Le Dr Julien et sa Fondation sont tombés du piédestal que leur ont construit les médias

Piédestal puisqu’avec son charme indéniable, le Docteur Julien est parvenu, au fil des ans, à créer et maintenir la seule guignolée fortement médiatisée en marge de la Grande guignolée des médias – ce n’est pas rien comme privilège.

Faisant fi d’une gouvernance discutable, sa conjointe et lui ont prétendu être tous les deux les cofondateurs de la Fondation du Dr Julien – ce qui n’est pas exact – et ont d’abord réfuté les accusations de mauvaise gestion de ressources humaines venant de plusieurs ex-employés avant de recourir tardivement à une stratégie de réparation de leur réputation: s’excuser publiquement.

généralement peu présent dans les médias, le dr julien a été très médiatisé lors de cette crise (source: CIsion)

 

Pourquoi s’excuser après trois jours de déficit de réputation grandissant? Parce que toute cette mauvaise presse devait déjà nuire aux dons du public et aux relations avec les partenaires du secteur public…

 Mesure Média a analysé l’une des 195 retombées générées en quelques jours :

  • Mea culpa, connais pas, chronique de Patrick Lagacé, La Presse+, 12 mars 2019. Toutes les variables sont négatives, dont celles-ci: le titre, l’amorce, le ton et le traitement journalistique. Déficit de réputation de -30 448 $ pour le Dr Gilles Julien.

5— La Fugueuse et son rappeur : une crise mal gérée

Alors que la série Fugueuse s’était glissée dans nos meilleurs coups médiatiques en 2018, voilà que sa comédienne principale, Ludivine Reding, s’est retrouvée plongée dans une controverse après avoir été prise en photo avec Enima, un rappeur au passé douteux…

Même si elle s’est confondue en excuses dans les heures suivant la publication de la photo sur Instagram, la comédienne a vu son association avec le Réseau Enfants-Retour prendre fin abruptement. À la suite de l’annonce de la fin de leur collaboration, Enfants-Retour a été inondé de messages haineux pour avoir ainsi renvoyé Ludivine Reding.

La comédienne et l’organisme ont raté une occasion en or de rappeler que personne n’est à l’abri d’une erreur… et celle-ci aurait pu permettre de parler des pièges qui guettent les jeunes. 

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CAROLINE ROY

MESURE MÉDIA

Caroline Roy gère les projets d’analyse de presse chez Mesure Média. Elle voit aussi au développement de l’entreprise, tant du point de vue de l’expérience client que de la recherche et de l’optimisation des méthodes d’évaluation. Elle œuvre dans les communications depuis plus de 10 ans. D’abord journaliste, notamment au Journal de Montréal, elle a agi comme analyste principale chez un courtier en information médias, avant de se joindre à Mesure Média en 2013. Elle détient un baccalauréat en sciences politiques de l’Université McGill et un certificat en journalisme de l’Université de Montréal.​