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Affichage: «Les données ne seront plus un différenciateur»

Bell Média a récemment renforcé sa flotte de 22 000 espaces supplémentaires à la suite de son achat de Newad, portant le total de faces publicitaires à plus de 50 000. Karine Moses, présidente de Bell Média, revient sur cette transaction et sur l'avenir de l’affichage numérique et ses occasions pour les annonceurs.

Quelles étaient vos ambitions derrière l’achat de Newad?

karine moses

bell média

La transaction s’inscrit dans notre plan de croissance en numérique et nous permet d’augmenter l’offre à nos annonceurs en leur proposant maintenant une nouvelle ligne de produits. Astral est une entreprise qui est très présente dans les grands centres, mais l’acquisition nous donnait une porte d’entrée dans de plus petites villes et dans l’Ouest où étaient déployées les surfaces publicitaires de Newad, des lieux très importants pour nos annonceurs. Cela nous donnait aussi accès à une cible composée de jeunes adultes comme leurs panneaux se trouvent dans les restos-bars et les établissements scolaires, pour ne nommer que ces endroits.

Quelle est votre vision de l’innovation technologique?

Pour garder notre position de leader en innovation, on doit toujours essayer de trouver l’idée que personne d’autre n’a pensé et demeurer ouvert. Ça fait une trentaine d’années qu’Astral existe et depuis qu’elle fait partie de la grande famille de Bell Média et de Bell, on peut utiliser tout ce savoir-faire pour pousser encore plus loin l’innovation. Les annonceurs nous appellent souvent en premier parce qu’ils savent que nous trouverons un moyen de réaliser l’idée de grandeur qu’ils ont eue.

Au-delà de la création, il faut être capable d’évaluer l’impact des campagnes et les données permettent justement de les raffiner. Celles-ci, de même que la recherche de résultats, font autant partie de l’innovation. Toutes les innovations développées chez Astral dans les dernières années seront offertes dans les produits de Newad. On est au tout début de l’intégration, mais j’y vois un fort potentiel, surtout sur le plan des données.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’innovations chez Astral qui ont poussé plus loin la créativité? 

On a notamment signé des ententes programmatiques avec Hivestack et Campsite en plus d’utiliser les données de Bell Mobilité. On met de plus en plus de l’avant la géolocalisation dans nos campagnes pour qu’elles soient plus ciblées et s’adaptent en temps réel. Selon l’objectif de l’annonceur, on peut maintenant leur offrir un produit et des renseignements qui vont l’aider à optimiser leurs campagnes, de sorte que leur rendement s’améliore grandement.

«La force de l’affichage numérique réside dans sa flexibilité et sa réactivité, des ingrédients qui se marient bien avec la mobilité, les médias sociaux et le web.» 

Notre concours Carte Blanche aux créatifs élève également d’un cran la créativité. Les concepts deviennent publics et ça crée un effet de levier dans l’industrie, année après année. La technologie permet en quelque sorte de repousser les limites de l’imagination.  

En créativité média, quelle est la clé du succès?

Elle repose sur les objectifs de l’annonceur. Une pièce qui veut stimuler le trafic en magasin ne ressemblera pas à celle qui vise à accroître la notoriété d’une marque. Il faut donc que les pièces créées s’harmonisent avec ce qu’il souhaite obtenir comme impact. Sauf des règles de base, il n’existe pas de recette magique.

La force de l’affichage numérique réside dans sa flexibilité et sa réactivité, des ingrédients qui se marient bien avec la mobilité, les médias sociaux et le web. Il permet d’interagir avec le consommateur.

Vers quoi voyez-vous l’affichage numérique évoluer?

Les formats se transformeront certainement. Par exemple, en affichage extérieur, on voit souvent des formats très carrés. L’interaction avec les consommateurs, particulièrement dans des environnements intérieurs, sera aussi amenée plus loin. On est seulement au début de toutes les possibilités que nous apportera l’utilisation des données. L’information devient plus accessible et plus précise. Je ne sais toutefois pas si les données se révèleront un élément de différenciation d’ici trois ou cinq ans: je pense que ça fera partie de ce que les annonceurs s’attendront de tout le monde, un peu comme actuellement, où on s’attend que les gens utilisent tous les médias sociaux.

L’affichage numérique suivra l’évolution de l’industrie du média en général. Le défi demeure toujours celui de la mode: les gens veulent davantage investir dans ce qui a la cote, comme Google ou Facebook, mais je crois que chaque média a sa raison d’être. Les meilleures campagnes demeurent celles qui ont réussi à mieux tirer profit des différentes plateformes.