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5 Oscars, 350 employés: l’effet DNEG n'est pas que visuel

L’entreprise londonienne d’effets visuels et d’animation pour le cinéma DNEG a ouvert son bureau montréalais à la fin de 2017. En un an, elle est passée de 15 à 350 employés et compte déjà à son actif cinq Oscars. Le directeur général et la gestionnaire de la marque employeur de la boîte racontent les jalons de cette ascension rapide.

D’abord un modeste studio de Londres fondé en 1998 par un collectif de spécialistes en effets visuels, DNEG compte maintenant neuf studios dans quatre pays, soit Londres, Vancouver, Mumbai, Los Angeles, Chennai, Chandigarh, Hyderabad, Goa et, tout récemment, Montréal.

gavin graham

dneg

La métropole québécoise s’inscrivait dans la stratégie d’expansion nord-américaine de la marque après Vancouver, qui avait atteint sa pleine capacité. «Plutôt que d’ouvrir un second bureau là-bas, nous avons opté pour Montréal, explique Gavin Graham, directeur général. Sa communauté de plus en plus florissante d’artistes en faisait une localisation attrayante.»

À cet avantage s’ajoutait aussi les mesures d’allégement fiscal du gouvernement québécois qui profitent à leurs clients, de même que le fuseau horaire dans lequel se trouve la ville, entre celui de Londres, Vancouver et Los Angeles, facilitant la collaboration à distance.  

C’est lorsqu’est venu le premier projet dirigé à Montréal, le film The Kid Who Would Be King, qu’un recrutement massif de 150 artistes s’est révélé nécessaire.

scène de The Kid Who would Be King réalisée par le bureau de montréal

Savoir jongler entre le court et le long terme

Même si DNEG venait de s’implanter à Montréal, elle pouvait tout de même compter sur sa notoriété internationale pour attirer des talents. «DNEG est un des gros joueurs de l’industrie, comme Framestore ou Technicolor, souligne Anne-Marie Couturier, qui s’est jointe à l’équipe à la fin 2018 à titre gestionnaire de la marque employeur. Les prix remportés aident aussi à se faire remarquer.»

Le bureau a en effet récemment mis la main sur un Oscar pour le film First Man, en plus de celui de Blade Runner 2049 remporté l’an dernier. «C’était notre cinquième gagné par le studio à travers le monde, dit-elle fièrement. On en est particulièrement fier parce que pour celui-ci, on est les seuls à avoir travaillé sur ce type de scène.»

anne-marie couturier

dneg

Pour arriver à embaucher rapidement, l’équipe de recrutement, composée de quatre personnes à l’interne, a pu aussi compter sur un soutien mondial, notamment sur des recruteurs chevronnés de Vancouver et de Londres qui se sont assurés de bien véhiculer la culture de DNEG aux candidats.

«Parmi les stratégies de recrutement employées, nous avons déployé une tournée médiatique pour informer de notre nouveau studio à Montréal, de même qu’un événement de lancement, explique-t-elle. De plus, comme c’est un milieu très niché, nous avons utilisé des techniques de prospection et de recherche pour trouver les bons candidats.»

saison 1 de Altered Carbon produit par Netflix pour lequel DNEG a reçu un prix VES

En effet, l’industrie des effets spéciaux et de l’animation pour le cinéma et la télévision est assez atypique par rapport à d’autres secteurs, notamment en raison de la complexité des scènes, qui requièrent des expertises parfois pointues. «C’est aussi un monde qui fonctionne par projet, mentionne celle qui s’occupait auparavant de la marque employeur de Desjardins. Même si on essaie de prévoir le nombre d’artistes qui sera nécessaire, tout dépend du nombre de projets que nous obtiendrons.»

À l’ouverture du bureau, il fallait, d’une part, que l'équipe s’assure d’avoir les différents types de compétences et de talents requis pour réaliser les projets et, d’autre part, de pouvoir ajouter des artistes rapidement selon les besoins ponctuels. «Le défi de recrutement réside dans cette façon de jongler entre le court terme, propre à cette industrie, et le long terme, pour stabiliser l’entreprise, soutient-elle. Oui, certains artistes ont des contrats pour trois ou six mois pour un projet particulier, mais avant qu’ils finissent ce dernier, ils peuvent être appelés à poursuivre ensuite sur un autre que nous venons de recevoir.»

La main-d’œuvre à l’ère 4.0

Des 350 employés que compte maintenant DNEG, la majorité d’entre eux sont contractuels, sauf ceux en finance, en marketing ou en ressources humaines. Si plusieurs mentionnent que le futur de la main-d’œuvre repose sur la mobilité de celle-ci, Anne-Marie Couturier souligne que cela a toujours été le cas dans cette industrie, comme elle fonctionne depuis longtemps par projet.

«Pour les gens qui œuvrent dans ce secteur, ce sont particulièrement les projets et les superviseurs qui les attirent, en plus de l’entreprise et des conditions qu’elle offre.» Les mêmes conditions sont d'ailleurs offertes aux personnes contractuelles ou permanentes.

De plus, un peu moins de la moitié des employés de DNEG viennent de l’international, que ce soit des autres bureaux ou d’ailleurs. «Ça offre une grande diversité de talents à l’interne et permet de travailler avec les meilleurs, affirme-t-elle. Les artistes d’ici peuvent également voyager dans plusieurs pays une fois qu’ils ont bâti leur portfolio et gagné en notoriété.»

Elle ajoute que Montréal séduit beaucoup de gens de l’international, notamment par sa qualité de vie et ses espaces, mais aussi par sa notoriété grandissante en DFX (effets spéciaux numériques). «Son bilinguisme et son ouverture à l’immigration en font un endroit de prédilection, soutient Gavin Graham. Nous offrons des cours de français à l’équipe pour ceux qui souhaitent apprendre la langue.»

Le bureau n’est pas aux prises avec un problème de diversité: elle compte 35 nationalités différentes. La parité demeure néanmoins un défi, dans une industrie encore largement composée d’hommes. «Lorsqu’on fait la tournée des écoles, on remarque toutefois que c’est de plus en plus égalitaire, ce qui donne espoir pour la suite», dit Anne-Marie Couturier.

 

Photo: gracieuseté de DNEG © 2019