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Experts IA recherchés: comment les trouver?

Les robots conversationnels constituent la première matérialisation de la stratégie d’intelligence artificielle (IA) de la Banque Nationale. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, comment l’institution financière parvient-elle à retenir son effectif spécialisé?

michel descoteaux

bnc

La Banque Nationale lançait, début 2017, un premier robot conversationnel via Facebook Messenger. L’objectif? Aider la clientèle à prendre un rendez-vous avec un conseiller en succursale. Elle tire aujourd’hui profit du marketing conversationnel, bien au-delà de ce premier cas d’utilisation. «On compte ajouter des compétences à notre agent de conversation. Il pourra répondre à des questions d’ordre générale, activer une contribution à un REER ou changer l’adresse au dossier», illustre Michel Descoteaux, directeur principal, intelligence artificielle à la Banque Nationale.

Les gros joueurs étrangers viennent recruter ici, explique-t-il. On doit donc accroitre notre offre à l’étranger, ailleurs au Canada et aux États-Unis, notamment. - Michel Descoteaux

Les systèmes de dialogue sont traités comme un nouveau canal, alors qu’une portion des interactions avec le client peut facilement être exécutée par l’intelligence artificielle. Entre le robot conversationnel et l’agent, la transmission assistée reste fluide. «Tout est bâti dans une stratégie omnicanale», précise Michel Descoteaux.

Il y a deux ans était ainsi mise sur pied une équipe pour faciliter l’implantation de l’intelligence artificielle à la banque. «Nous étions très proche de la communauté IA à Montréal, notamment par l’Institut de validation des données (IVADO) de Campus Montréal. Ça nous a aidés à démarrer notre recrutement et à amasser un bassin de candidatures pour la première itération», indique le directeur. Près d’un an et demi plus tard, une trentaine d’experts en intelligence artificielle sont affiliés aux huit secteurs d’affaires de la banque.

Retenir la main-d’oeuvre

Manuel Morales est le scientifique en chef de la Banque Nationale. L’expert en intelligence artificielle partage cette tâche à celle de professeur à l’Université de Montréal. Très engagé dans la communauté IA, donc, ce double statut permet à tous les scientifiques d’avoir accès à de la formation continue d’une part, et à la Banque Nationale de puiser de la main-d’oeuvre à même le bassin universitaire, d’autre part.

manuel morales

bnc

«Le développement des compétences facilite grandement la rétention des employés, fait valoir Michel Descoteaux. Manuel Morales présente également notre offre aux étudiants, qui intègrent des programmes de stage dans nos équipes. Certains y reviennent même deux ou trois fois.»

Une fois embauchés, les nouveaux experts seront rapidement mis à contribution et assignés à des initiatives concrètes. «Ce n’est pas très valorisant de travailler sur des projets qui ne seront jamais mis en production», ajoute Michel Descoteaux.

Bien que la banque privilégie le bassin montréalais, elle étend la portée de son recrutement en dehors de la métropole. S’il y a beaucoup de ressources à Montréal, il y a aussi beaucoup de compétition. «Les gros joueurs étrangers viennent recruter ici, explique-t-il. On doit donc accroitre notre offre à l’étranger, ailleurs au Canada et aux États-Unis, notamment.»

Une bonne portion des besoins de la Banque Nationale est désormais comblée en matière d’intelligence artificielle. Elle est toutefois encore à la recherche de ressources supplémentaires. Entre la détection des fraudes, les modèles de risque et de marketing, la cybersécurité et l’analyse de la voix et du texte, l’institution financière souhaite définitivement allonger ses capacités et son offre en IA.