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    Ambiance de pige en entreprise: est-ce possible?

    En quête d’une plus grande autonomie en milieu de travail, la génération Y refuse d’être enchainée à son bureau et plaide pour la mobilité. Dans un contexte de pénurie de main d’œuvre, les entreprises n'auront d'autre choix que d'adapter leur structure organisationnelle pour attirer les jeunes travailleurs, mais surtout, pour les convaincre de rester au sein de leur organisation.

    Quelque 47% des millénariaux préféreraient travailler à temps partiel afin de se consacrer à leurs projets personnels, rapportait en 2017, une étude de la firme Stylus. Et selon le président-directeur général de Sid Lee, Bertrand Cesvet, la main-d'oeuvre mobile représentera 42,5% du milieu professionnel en 2022, dont 39% souhaiteront être pigistes ou entrepreneurs.

    Pour un modèle renouvelé

    Marianne Lemay

    cangaroo

    Le marché du travail est essentiellement binaire: d’une part les salariés et de l’autre, les pigistes. Une nouvelle forme d’organisation devra se définir, donc. Pour Marianne Lemay, directrice culture et marque de Cangaroo, l’environnement de travail flexible et mobile est aujourd’hui un précieux avantage pour les employeurs. «C’est une réalité tellement grandissante que des sites de recherche d’emploi comme myflow.ca ne répertorient que des entreprises offrant des conditions de travail flexibles», illustre-t-elle.

    Parmi ces employeurs: Nubik. La firme d’optimisation d’efficacité et de croissance compte quelque 110 employés permanents, qui travaillent tous de la maison. 81 demeurent au Québec, et les autres sont dispersés au Canada et aux États-Unis. «Il y a des ressources partout, indique Katie Bussières, présidente de Nubik. Nous ne sommes pas géographiquement limités, ce qui nous permet de trouver de la main d’oeuvre plus spécialisée dans un vaste rayon.»

    Les gens ont la liberté de travailler davantage dans les moments où ils se sentent le plus performants, mais ils doivent fournir des résultats.

    Alexandre Boyer, vice-président de Nubik, s’est joint à l’entreprise il y a cinq ans, précisément pour ce modèle d’affaires. Le télétravail lui permet une meilleure conciliation avec sa vie personnelle. Le sentiment d’autonomie est décuplé et les employés bénéficient d’une certaine latitude, selon lui. «Ils sont maitres de leur horaire, mais doivent tout de même être disponibles pendant les heures régulières de travail», ne serait-ce que pour communiquer avec leurs collègues.

    Mais au même titre qu’un pigiste, rappelle Katie Bussières, ils ont des comptes à rendre. «Les gens ont la liberté de travailler davantage dans les moments où ils se sentent le plus performants, mais ils doivent fournir des résultats.» Entre les rencontres avec les gestionnaires, les sessions de partage de connaissances, les réunions corporatives et les journées d’activités, Nubik bénéficie aussi d’une culture d’entreprise, selon Alexandre Boyer.

    Pas pour tous, le télétravail

    Alexandre Boyer et Katie Bussières 

    nubik

    Katie Bussières ne constate pas d’enjeux majeurs à cette structure. Elle reconnaît toutefois que le télétravail n’est pas fait pour tous. «Ça peut être un élément qui fait peur et ça prend une certaine discipline. Mais, nous avons eu un seul cas pour qui ça n’a pas fonctionné dans les trois dernières années.» Le modèle adopté par Nubik génère plutôt un faible taux de roulement, malgré la pénurie de main d’oeuvre.


    Le télétravail demande un bon encadrement de l’employeur, d’une part, et des employés autonomes et organisés, d’autre part. «Le travail mobile augmente généralement la productivité et la concentration, mais certaines personnes ont besoin de plus de soutien pour y arriver», ajoute Marianne Lemay. Parce que l’humain n’a pas été habitué à développer son autonomie, selon elle. «On est constamment pris par la main, et on est mis dans ce carcan dès le début de l’éducation.»

     

    Photo par Wenni Zhou sur Unsplash