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Olymel: revoir sa marque-employeur par étape

L’entreprise agroalimentaire québécoise Olymel a revu ces dernières années son image de marque-employeur. Résumé des principales étapes de ce vaste programme et de ses résultats.
 

Olymel a mené de 2013 à 2018 une importante opération de refonte de son image de marque-employeur rendue nécessaire pour diverses raisons, dont la cohérence avec son discours relatif aux ressources humaines.

Denis Renaud

olymel

«Nous disons toujours que l’ADN de notre organisation, ce sont les gens qui la composent, indique Denis Renaud, directeur corporatif, développement organisationnel et ressources humaines. Or, l’image qu’on véhiculait en matière de recrutement montrait… un porcelet et de la volaille. Il fallait donc changer notre approche.»

Confirmer les prétentions

Le site d’entreprise a d’abord été revu dans l’optique de mieux faire connaître les sept valeurs d’Olymel, dont ses trois principales: respect, intégrité et confiance. «Nous avions constaté que bien peu de nos gens pouvaient en mentionner plus que deux ou trois», avoue Denis Renaud.

En parallèle, et pour chaque étape de son initiative de refonte, Olymel a fait appel à l’éthicien René Villemure, afin de s’assurer que les affirmations de l’entreprise quant à ses valeurs et ses relations avec les employés se traduisaient dans la réalité. Par exemple quand ses publicités de recrutement affirment que le personnel y est heureux, l’on n’y montre pas des comédiens, mais bien d’authentiques travailleurs souriants. Et ils s’expriment dans leurs propres mots, pas dans des termes écrits par la direction.

Longévité des carrières

Au chapitre de l’image, les stratèges ont aussi dû changer quelques perceptions. «Pour certaines personnes, Olymel se résumait à des abattoirs, du sang et du gras, donc un milieu de travail peu attirant, explique Denis Renaud. Nous avons donc mis l’accent sur les possibilités de carrière propres à l’organisation. De fait, ce ne sont pas des emplois que nous offrons, mais des parcours professionnels, car il y a chez nous moult possibilités d’évoluer et de grimper les échelons.»

Pour chaque étape de la refonte de marque-employeur, Olymel a fait appel à un éthicien.

Pour le confirmer, Olymel a mis de l’avant son faible taux de roulement et la longévité des carrières parmi son personnel. «Une demi-douzaine d’employés y travaillent depuis 50 ans et plus de 2000 sont avec nous depuis 25 ans. De tels chiffres valident ce qu’on affirme.»

Des initiatives locales ont aussi été déployées à l’échelle panquébécoise. Par exemple, le programme de référencement Profil, qui récompense les travailleurs qui suggèrent l’embauche de gens de leur entourage.

Travailleurs immigrants

Le volet philanthropique a également été revu, toujours dans un souci de cohérence. «Nous distribuons chaque année 500 000$ à diverses œuvres, mais nous étions discrets à ce sujet. De plus, au fil des ans, nous en étions venus à nous éparpiller. Alors, nous avons concentré 75% de nos dons à la Tablée des Chefs et à diverses moissons dans les régions où nous sommes présents. Nous profitons d’ailleurs de cette collaboration pour y afficher nos postes à pourvoir.»

Enfin, toujours dans une volonté de rassembler philanthropie et RH, un partenariat a été établi avec six organismes afin d’intéresser immigrants, réfugiés et demandeurs d’asile à un emploi chez Olymel. Environ 600 d’entre eux ont ainsi été embauchés, et 60% sont toujours en poste. Dans la foulée, on trouve désormais dans chaque usine un conseiller à l’accueil et à l’intégration. Son rôle est de faciliter la tâche des nouveaux arrivants sur divers plans, dont l’hébergement, l’inscription des enfants à l’école, etc.

Résultat de cette refonte, alors qu’Olymel engageait en moyenne 2000 personnes, plus de 3000 nouveaux travailleurs y ont trouvé un poste en 2018.

 

 

Photo tirée du site web d'Olymel.