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    Pas si utopique la transparence en entreprise

    Pour Martin Thibault, président d'Absolunet, son entreprise pourrait difficilement être plus transparente. Les trois actionnaires de l’agence entretiennent une philosophie de totale limpidité depuis 2010. «On a revu notre stratégie et on a ouvert nos livres, dit-il. On s’est dit que les employés avaient peut-être de meilleures idées, que leur contribution était nécessaire.»

    Martin Thibault

    absolunet

    Absolunet, agence spécialisée en e-commerce, comptait en 2010 quelque 35 employés. Depuis l'adoption de sa philosophie de transparence, elle en dénombre 230. «On souhaite embaucher un peu plus de 200 personnes dans les deux prochaines années», dit Martin Thibault.

    Difficile de nos jours pour les entreprises de lutter contre la transparence. L’idée donc, selon lui, est de rendre l'information accessible à tous, des cadres supérieurs aux employés, sans cacher les problèmes ou renseignements compromettants. Des résultats financiers à la profitabilité, de la valeur des contrats aux véritables raisons du départ d’un employé, du partage des plans stratégiques à l’explication des processus décisionnels. Même une rubrique Saviez-vous communiquée par la direction répond publiquement aux interrogations des employés. «J’embauche des personnes intelligentes et je veux les traiter intelligemment, explique Martin Thibault. Pour prendre des décisions éclairées, il faut détenir toutes les informations.»

    «J’embauche des personnes intelligentes et je veux les traiter intelligemment. Pour prendre des décisions éclairées, il faut détenir toutes les informations.»

    La transparence est l’un des sept principes de la Norme RSE ISO 26000 instaurée en 2010 par l’Organisation internationale de normalisation. Elle établit les principes, thèmes et lignes de force du concept de responsabilité sociale.

    «Aucun inconvénient à la transparence»

    La transparence permet aux salariés de ne plus se considérer comme de simples exécutants. Plus engagés dans la réussite de l’entreprise, ils communiquent leurs idées d’emblée, puisqu’ils se sentent interpellés par les décisions. Une réalité que le président d’Absolunet ne constatait pas avant 2010. «On a vu l’engagement et le degré d’appartenance à l’entreprise augmenter de façon très claire.»

    «À une certaine époque, les entreprises mettaient à la porte des salariés qui ne correspondaient pas à des standards bien précis, mais le marché de l’emploi actuel ne le permet plus. Les gens sont sollicités par plusieurs entreprises et peuvent se trouver un autre emploi rapidement.»

    La richesse, selon Martin Thibault, est le capital humain. Lorsque les employés ressentent un manque de reconnaissance de la part de leurs responsables, leur motivation diminue avec pour conséquence directe des projets bâclés. «La divulgation des problèmes et des risques permet de prendre des décisions en équipe. Et le taux de réussite s’en voit automatiquement augmenté», dit-il.

    La frontière est cependant assez mince entre la transparence et la confidentialité, notamment en matière de salaires individuels. Absolunet a choisit d’opter pour une échelle salariale connue de tous. «On ne peut pas divulguer les salaires individuels. Par contre, on suit collectivement la masse salariale.»

    Si l’ère du «patron qui décide et de l’employé qui exécute» est aujourd’hui révolue, le choix d’une politique de transparence doit toutefois être longuement réfléchi. Tout retour en arrière pourrait être perçu comme un désaveu. Alors jusqu’où la direction doit-elle être honnête? «Toujours, prévient Martin Thibault, bien que ça prenne beaucoup d’humilité en tant qu’entrepreneur. On se met à nu, on explique tout, sans détour.»

     

    Photo de James Haworth par Unsplash