La référence en communication,
marketing, numérique et leadership

Préparation mentale: Quand le monde du sport inspire celui des affaires

Gérer la pression, garder le focus, performer au moment où ça compte le plus, voilà des concepts souvent associés à l’univers du sport. Pourtant, ils n’y sont pas exclusifs et ils représentent des enjeux bien présents au travail et dans le milieu des affaires.

Imaginons ce scénario: vous devez livrer demain une présentation destinée à un nouveau client potentiel. Déjà, vous vous voyez en train d’offrir une prestation impeccable et convaincante. En plus, vous avez fait vos devoirs en relevant quelques éléments importants: nécessité de vite faire une bonne impression, conscience du temps limité qui vous est accordé, maîtrise des volets clés de ladite présentation.

jean-françois ménard

kambio performance

Toutefois, le jour prévu, au milieu de votre allocution, un épisode inattendu surviendra (bris de micro, pépin informatique, question déstabilisante) et vous enlèvera en quelques secondes votre assurance, en plus de vous faire bafouiller et perdre le fil de vos idées, causant ainsi un malaise évident.

«Cette suite de conséquences ne se serait pas produite si vous aviez pris le temps de vous imaginer dans une telle situation», estime Jean-François Ménard, président de la firme montréalaise Kambio Performance, consultant, conférencier et formateur. Cette sommité en psychologie de la performance a œuvré cinq ans à ce titre au Cirque du Soleil. Il a fondé Kambio en 2013. Depuis, il accompagne des olympiens (Scott Moir, Tessa Virtue, Derek Drouin), des joueurs de la Ligue nationale de hockey et autres sportifs d’élite, en plus de compter parmi sa clientèle le FBI, Via Rail, les Blue Jays de Toronto, Desjardins et Western Union.

Se préparer à tout

Pour illustrer l’apport de la préparation mentale, le spécialiste évoque le rituel bien connu des exercices d’incendie vécus à la petite école. « Parce qu’on prépare les jeunes à l’éventualité d’un feu, puis qu’on les plonge périodiquement dans des simulations, ils resteront calmes si, un jour, un tel événement se produit. À l’opposé, s’ils ne savent pas comment y réagir, ils vont paniquer dès qu’ils entendront la cloche d’alarme. Le même phénomène se produit en affaires si l’on ne se donne pas la peine de prévoir les possibles anicroches.»

«LA PRÉVISUALISATION
AIDE À RÉAGIR DE MANIÈRE POSITIVE À QUELQUE CHOSE DE NON PRÉVU.»

Dans un autre registre, Jean-François Ménard relativise la valeur accordée à l’expérience au travail. «À mes yeux, 25 ans d’expérience ne valent rien si la personne a constamment répété les mêmes choses pendant tout ce temps. À l’opposé, quelqu’un qui ne compte que quelques années de métier, mais qui suit des formations continues, touche à plusieurs facettes de sa profession et évolue toujours sera mieux outillé et davantage prêt à affronter avec succès des situations qui causeraient l’échec chez d’autres individus.»

Contrôler le physique, puis l’esprit

Pour Jean-François Ménard, la préparation mentale joue le même rôle qu’un GPS de voiture. «Si une route est bloquée ou que des travaux entravent la circulation, le GPS s’ajuste immédiatement, puis propose une alternative. De la même manière, la préparation mentale et la prévisualisation aident à réagir de manière positive à quelque chose de non prévu. Cette approche permet de connecter des neurones et de recourir d’abord à la partie du cerveau qui raisonne.»

Le spécialiste évoque aussi l’importance de contrôler des aspects physiques, entre autres la respiration. «Une respiration mal contrôlée fait battre le cœur plus vite, ce qui cause des irritants, comme les mains moites. En revanche, quelqu’un qui respire de manière consciente favorise son cortex frontal au détriment de son système nerveux.»

À ce chapitre, Jean-François Ménard évoque des activités comme le yoga, le tai-chi et la méditation pleine conscience, qui ont en commun de porter l’attention sur la respiration. «Le système nerveux parasympathique se met alors en action, ce qui génère un apport d’oxygène supplémentaire au cerveau et diminue les tensions physiques.»

Libérer son potentiel

«Plusieurs personnes croient à tort que performer signifie être le meilleur au monde dans sa catégorie.»

La notion de performance, omniprésente dans le milieu des affaires, devient souvent un éteignoir pour certains, déplore par ailleurs Jean-François Ménard. «Plusieurs personnes croient à tort que performer signifie être le meilleur au monde dans sa catégorie, car c’est un terme souvent associé aux sports ou aux arts. La performance, c’est plutôt une occasion où chacun peut laisser son potentiel rayonner.»

À ce chapitre, l’expert signale que si les athlètes suivent une certaine routine de type «entraînement + performance + récupération», les travailleurs, de leur côté, performent constamment sans même le savoir. «On leur demande de faire plus avec moins; comme ils possèdent un cellulaire, on s’attend à ce qu’ils soient joignables jour et nuit, et on leur confie souvent des mandats sans leur accorder un temps de préparation adéquat. En plus, ils doivent gérer en parallèle la carrière et la famille. Bref, ce sont des gens très fort mentalement, mais ils l’ignorent.»