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La Piscine ou le plongeon pour accélérer la croissance des sociétés émergentes culturelles

Catalyseur de croissance, La Piscine est le premier écosystème consacré au développement de l’entrepreneuriat culturel et créatif au Québec, entre création artistique et valorisation économique. L’organisme sans but lucratif s’adresse aux entreprises avec un produit fini, mature et déjà en phase de commercialisation, comme Apollo Music Store ou Daily tous les jours.

S’adressant aux entreprises essentiellement numériques, aux créateurs de contenu, d’objets et de services créatifs, l’organisme né en 2015, décelait un certain manque sur le marché quant à l’accompagnement de projets entrepreneuriaux en cours, voire déjà établis. Après l’incubateur, donc, vient La Piscine, davantage un accélérateur de croissance qu’une structure d'accompagnement en création d'entreprise.

«Quand on regarde la réalité du marché, peu de gens ont envie de devenir la prochaine Facebook.»

Apollo Music Store, plateforme en ligne qui octroie des licences d’utilisation de musique lancée en 2013, oeuvre dans une dizaine de pays. Bien que l’entreprise soit active depuis quelques années, elle en est encore à ses débuts, croit Philippe-Aubert Messier, son président-directeur général, cofondateur et partenaire.

Le programme Deep Dive offert par La Piscine a mis à la disposition de la plateforme un réseau d’experts sollicités pour des interventions très précises, voire chirurgicales. «Nous avons resserré nos activités en évitant de perdre du temps à tâtonner, à faire des essais-erreurs, ce qui est essentiel pour aller plus loin, plus vite», explique Philippe-Aubert Messier.

Miser sur le réseau plutôt que le financement 

Les programmes sont courts et l’accompagnement est intense. «C’est un véritable engagement des entrepreneurs qui y participent», indique Christophe Billebaud, codirecteur général, programmes et services, de La Piscine, qui précise la différence entre le mentorat et le coaching offert par l’organisme. «Un coach force un entrepreneur à poser des gestes concrets en vue d’atteindre l’objectif qu’il s’est fixé.»

L’organisme estime que de miser systématiquement sur l’argent et les bourses nuit aux objectifs de croissance et de développement d’une jeune entreprise. «C’est comme regarder constamment son téléphone», illustre Christophe Billebaud.   

«Selon le cycle de vie d’une entreprise, on constate que le soutien est déterminant dans les deux premières années.»

Pour Daily tous les jours, qui possédait déjà un portefeuille de projets, La Piscine a permis de sécuriser le plan d’affaires de la jeune pousse, afin de répéter «ses bons succès», précise Mélissa Mongiat, designer, stratège et cofondatrice du studio de design d’interaction. «On a engagé une personne pour notre développement d’affaires que La Piscine est à entraîner.»  

L’engouement pour les entreprises en démarrage est partout, alors que les agences investissent de plus en plus dans ce modèle. «On surfe sur le délire de la société émergente américaine à San Francisco. Mais quand on regarde la réalité du marché, peu de gens ont envie de devenir la prochaine Facebook», dit Christophe Billebaud. 

«Selon le cycle de vie d’une entreprise, on constate que le soutien est déterminant dans les deux premières années», conclut-il. Statistiquement, huit entreprises sur 10 meurent après deux ans et demi d’existence.