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    Enfants et parents: qui influence qui dans sa consommation médiatique

    Les parents canadiens d'enfants de moins de 12 ans consomment plus de vidéos long format sur les appareils mobiles que ceux qui n'en ont pas, observe le Fonds des médias du Canada (FMC) dans son rapport sur les tendances de 2019.

    Catherine mathys

    FMC

    Le rapport fait notamment état d'une étude de Solutions Research Group (SRG) qui sonde plus de 1000 Canadiens chaque trimestre sur leurs habitudes de consommation. On y apprend que 50% des participants provenant de ménages avec enfants ont regardé sur un appareil mobile une vidéo de plus de 10 minutes au cours du dernier mois. Ce pourcentage diminue presque de moitié pour les ménages sans jeunes enfants (29%).

    YouTube arrive en tête des médias de divertissement pour ces familles avec enfants (sur appareil mobile ou ordinateur) en ce qui concerne la semaine mesurée (août 2018) avec 80%, contre 63% pour celles sans enfants. Cette disparité s'observe aussi pour Netflix (59% contre 38%). On note toutefois une plus grande croissance chez les familles sans enfants. En effet, si celles avec enfants ont vu leurs habitudes de consommation croître pour ces deux médias de 27%, cette croissance atteint 31,3% pour les personnes sans enfants. Même chose pour l'utilisation de Netflix, qui a connu respectivement une croissance d'environ 436% contre 660%.

    Mais est-ce la première fois dans le paysage médiatique que les comportements des enfants envers les technologies influencent ceux de leurs parents? Selon Catherine Mathys, directrice, veille stratégique, du FMC, ce n'est pas nouveau. «Cela s'explique par le fait que les foyers avec enfants sont souvent plus munis de divers appareils et consomment donc plus de contenus par cette simple réalité.»

    Avoir le «câble» pour ses enfants, est-ce encore vrai?

    Toujours selon l'étude de SRG, la télévision dite traditionnelle (câble, IPTV, satellite) n'est plus l'apanage des familles avec enfants. Les foyers avec enfants se définissent aujourd'hui comme des utilisateurs de télé par internet seulement (21%), comparativement à 15% des familles sans enfants. 

    «Les études montrent que les services de télévision par contournement ont de plus en plus la cote auprès des Canadiens, une tendance qui se poursuit, souligne Catherine Mathys. Ça ne veut pas dire qu'on regarde moins de télé, mais plutôt que l'écoute est divisée sur divers écrans.»

    Elle signale qu'un autre phénomène s'ajoute à cette tendance de «cord cutting», soit le «cord jumping», qui consiste à s'abonner à un service par contournement pour accéder à une série ou à un film exclusif à une plateforme, puis à se désabonner par la suite, pour enfin y revenir. «Les différents services offrent maintenant la possibilité de s'abonner à la pièce ou encore gratuitement pour un certain temps, ce qui a amené une plus grande flexibilité que celle à laquelle on aurait pu penser autrefois, souligne-t-elle. Les gens passent ainsi de la télé traditionnelle à un service de contournement selon leurs besoins.»

    Le fossé générationnel s'amenuise à un point tel qu'il devient de plus en plus inutile de faire des distinctions entre les générations des millanériaux, les X et les Z.

    Dans cette perspective, l'exclusivité du contenu devient le principal moyen d'attirer les consommateurs.

    Les générations un concept de plus en plus abstrait

    Le rapport du FMC rend aussi compte d'une étude de Deloitte sur l'utilisation des médias, mais aux États-Unis. Cette dernière montre par ailleurs que le fossé générationnel s'amenuise à un point tel qu'il devient de plus en plus inutile de faire des distinctions entre les générations des millanériaux, les X et les Z. «Peut-être que le comportement face aux nouvelles technologies a commencé chez les générations plus jeunes. Toutefois, leurs habitudes de consommation médiatique ont maintenant trop de similitudes avec celles des autres générations, explique Catherine Mathys. Tous recherchent maintenant du contenu original: c'est sur cet aspect qu'ils se rejoignent.»

    De son avis, ces chiffres sont encourageants notamment pour les diffuseurs. «Ils n'ont plus à s'adresser uniquement à une cible restreinte pour certains contenus maintenant que le comportement est généralisé et que les 35-51 ans ont acquis un confort d'utilisation.»