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Musée Romeo's: une gorgée pour l'art urbain

24 murales, 24 artistes: c’est l’idée derrière le musée Romeo's, un établissement d'art urbain ayant pris racine dans le quartier montréalais Mile End. Par ce projet, l’entrepreneur Nicolas Duvernois réitère sa volonté de démocratiser l'art urbain, en plus de «vendre du gin pour changer le monde».

Après Barcelone, Amsterdam, Berlin et St-Pétersbourg, les œuvres de 24 artistes montréalais ornent désormais les cages des escaliers du 5445 et du 5455 de Gaspé. Pony, Cyndie Belhumeur et Boris Pintado ont notamment intégré leur création à cet espace de transition, les deux immeubles étant «de bons témoins de l’effervescence de la vie urbaine et de l'esprit créatif» de la métropole. 

Stikki Peaches

Il faut dire que l’art a toujours fait partie intégrante de l’ADN de Romeo’s. «Dès le départ, je n’ai pas choisi une image de marque traditionnelle, explique Nicolas Duvernois, président et fondateur de Pur vodka et Romeo’s gin. Notre identité est plus évolutive, chaque édition étant l’œuvre d’un artiste différent.»

«Combien de fois des œuvres ont-elles été malmenées par certaines marques qui ont voulu se les approprier?»

La cinquième mouture du gi sera d’ailleurs l’œuvre de la peintre montréalaise Sandra Chevrier, actuellement exposée à Berlin, pour l’inauguration du musée d’art urbain, Urban Nation. Les artistes Stikki Peaches, Marc Gosselin, Éric Santerre, Tava ainsi que Julie Couture et Ryan Smeeton signent l’identité des précédentes éditions.

Rappelons que dans le foulée du lancement de la boisson en mai 2016, l’entreprise présentait le fonds Romeo, visant à promouvoir, démocratiser et soutenir les arts d’ici et d’ailleurs. Pour chaque bouteille vendue, 5% des profits sont versés à la fondation.

«Totale liberté»

En plus de ce financement, le musée «gratuit, ouvert à tous à l’année, 24 heures par jour» compte sur des partenaires majeurs comme, la Financière Sun Life, Ubisoft et Allied. Ils «ont décidé de joindre leurs forces pour créer un nouveau modèle d'implication culturelle». Lowe’s s'est aussi greffée au projet en offrant le matériel de chaque artiste.

Nicolas Duvernois souligne que les 24 artistes ont joui d’une totale liberté de création et que leur travail n’a pas été dénaturé malgré l’engagement de plusieurs entités dans le projet. «Combien de fois des œuvres ont-elles été malmenées par certaines marques qui ont voulu se les approprier?»

Nicolas Duvernois réitère sa volonté de démocratiser l'art urbain, en plus de «vendre du gin pour changer le monde».

Même son de cloche pour l’illustration des emballages où il s’agit davantage d’une cocréation que d’une commande. «On achète des œuvres originales qu’on présente par un bien de consommation, précise Nicolas Duvernois. Pour une entreprise créative comme la nôtre, l’art offre de multiples visages à nos produits.»

L'entreprise a d'ailleurs légué à l’Assemblée nationale les créations de trois artistes du collectif Canadian Bacon, de Québec, les premières œuvres d'art de rue à pénétrer l'enceinte de l'institution.

Cyndie Belhumeur

Pat Cantin

* En couverture: Boris Pintado