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Un développeur immobilier s'inspire de l'art pour promouvoir son projet

Massivart, qui a récemment ouvert un nouveau bureau à Toronto, a collaboré avec Sid Lee Toronto afin de créer une installation artistique interactive pour le développeur immobilier Hullmark.

Hullmark, une société d’investissement et de développement immobilier, souhaitait trouver un moyen original de mettre en valeur le «Mile End» de Toronto, soit le secteur d'Ossington, puis d'attirer l'attention vers celui-ci. 

Massivart a donc collaboré avec Sid Lee pour proposer une installation artistique interactive qui allait inspirer la connexion humaine dans ces lieux. 

«L'émotophone» évoque un jeu de téléphone fait de boîtes de conserve et de ficelle, mais modernisé afin de faire connaissance avec des inconnus. L'installation permet de parler à travers de longs tuyaux tordus tout en répondant aux questions tirées des questionnaires du psychologue Arthur Aron pour favoriser un lien rapide entre inconnus.

Les réponses étaient également publiées sur un fil Twitter. Le bureau torontois de Sid Lee a assuré la direction de création de l'initiative. Massivart agissait comme partenaire de production pour tout ce qui a trait à la construction de l'installation et l'intégration à l'espace. «On a approché les artisans qui ont créé l'installation et nous suggérions aussi les matériaux», souligne Philippe Demers, président-directeur général et directeur de création de Massivart. 

De plus, l'installation a été pensée pour être durable. Déployée depuis le 27 août jusqu'au début de novembre, elle pourra ensuite investir d'autres lieux convoités par le développeur immobilier.

Massivart s'exporte à Toronto

Le projet est un de ceux qui pourront voir le jour dans la Ville Reine, qui a un appétit grandissant pour l'art et la culture. L'entreprise y a en effet récemment ouvert un nouveau bureau. Dinah Deif, une ancienne cliente de l'entreprise, et Coralie Olson dirigeront la division ontarienne en plus de devenir associées. Elles combinent plus de 20 d'expérience dans les domaines du marketing, du branding, du développement stratégique et des arts.

Même avant cette ouverture, Massivart comptait 30% de son chiffre d'affaires à Toronto en 2017. 

Même avant cette ouverture, Massivart comptait 30% de son chiffre d'affaires à Toronto en 2017. «Les trois premiers trimestres de 2018 et l'ajout de ce bureau nous laissent croire que ce chiffre dépassera 50% en 2019.»

Une présence physique était nécessaire pour percer davantage ce marché. Les ventes, le développement des affaires et le marketing se feront donc de Toronto tandis que la production et la direction de création se dérouleront en grande partie de Montréal pour le moment. «Cela donne encore plus d'occasions d'affaires aux artistes de Montréal, tout de même un marché étroit.»

Si l'art est moins présent qu'à Montréal dans les espaces publics et la vie quotidienne, la culture de philanthropie torontoise est beaucoup plus développée selon Philippe Demers. «Cette culture fait en sorte que les entreprises privées comme les banques soutiennent davantage l'art et les artistes qu'ici, soutient-il. Au Québec, on est plus habitué que le financement de l'art passe par le gouvernement, et les entreprises sont moins sensibilisées à financer de l'art.» 

Il ajoute que si elles le font, elles ont davantage une mentalité de le faire en échange, c'est-à-dire de ne pas payer pour leurs oeuvres en échange de visibilité. De plus, avec les nombreux sièges sociaux qui s'y trouvent, Toronto a les «moyens de ses ambitions» pour investir dans l'art.

Une nouvelle porte s'ouvre également pour Massivart afin de revoir les stratégies de marketing des centres commerciaux. «Ils doivent maintenant se réinventer pour devenir une destination sociale et culturelle dans le but d'attirer les consommateurs qui ont maintenant le loisir d'acheter tout sur internet.»

Pour lui, il s'agit d'une belle façon pour les marques de jumeler leurs objectifs de marketing à des causes pour y donner un sens. «Au lieu de remettres de l'argent à Facebook Ads, tu le verses à des artistes, un geste plus susceptible d'engager les nouvelles générations.»