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Élections: quel parti présente les meilleures publicités?

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, décortiquent les stratégies, les slogans et le contenu des messages des quatre partis déployés depuis le début de la campagne électorale. 

Arnaud Granata et Stéphane Mailhiot sont d'avis que les partis ont mis moins de moyen sur la facture des messages afin de demeurer plus flexibles. 

arnaud granata

infopresse

Mais l'efficacité de la publicité électorale a-t-elle déjà été mesurée? «Malgré que les mesures soient quelque peu déréglées avec l'omniprésence de la publicité en ligne, on observe une certaine corrélation», explique Stéphane Mailhiot. Dans les bonnes années de la publicité radio et télévisée, l'on aperçevait que les candidats achetant le plus de publicité avaient tendance à gagner les élections. 

Un vox pop flexible pour la Caq

Sous forme de vox pop, le parti utilise «une approche simple, voire simpliste», selon Arnaud Granata, qui évoque «un mode de communication très peu moderne malgré le slogan Maintenant, le plus fort de la campagne.»

Le seul avantage de la méthode est d'offrir énormément de flexibilité, en raison de la généreuse banque d'interventions citoyennes qui se disséminent aisément en ligne devant les yeux des gens sensibles aux différents enjeux. 

Populaire, Québec solidaire 

Stéphane Mailhiot

havas montréal

La campagne du parti met en scène un Gabriel Nadeau-Dubois, «très hagiographique», entre la crise étudiante de 2012 et du plus récent matériel vidéo.

«Le parti n'a pas les mêmes enjeux que les autres, soutient Stéphane Mailhiot. Il ne doit pas se vendre comme le changement, car il incarne une façon différente de faire de la politique. Il doit prouver qu'il serait une alternative crédible auprès des électeurs.» 

«La ligne est claire», ajoute-t-il. Québec solidaire a choisi le camp des Québécois désireux de changement.» Très en lien avec sa stratégie de campagne et le slogan Populaire, il tente de démontrer qu'un vote pour lui est loin d'être perdu. 

«L'humour de brasserie» du Parti québécois

L'entière campagne du PQ mise sur l'humour, même sur les blagues dont on ne rit pas. «Il s'agit de la campagne où l'on sent le plus le concept publicitaire», précise Arnaud Granata. 

Typographie imposante, message sans image à écouter même sans le son: même si l'offensive se décline très bien sur les réseaux, Arnaud Granata ne croit pas que le propos serve les intérêts de la formation. Et l'humour de brasserie est dépassé, selon Stéphane Mailhiot. «La campagne sonne un peu désespérée dans un amalgame de grands paris.»

Un Parti libéral sur le terrain

Pour être économe sur le plan de la production, le parti avait choisi d'utiliser des photos de banque d'images dans plusieurs petits messages, plutôt que de mener une seule grande campagne avec un budget plus important. 

Dans cette nouvelle exécution, les libéraux tentent toutefois de démontrer leur soutien aux agriculteurs québécois, dans la foulée des négociations de l'Alena entourant la gestion de l'offre.

Rappelons que le Québec et l'Ontario englobent près de 80% de la production laitière nationale, et que près des trois quarts des quotas imposés dans ces deux provinces le sont à des fermes laitières. Les libéraux doivent ainsi convaincre qu'ils incarnent la solution au problème. 

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.