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Transat crée un fonds pour soutenir l'offre d'information internationale du Devoir

Le quotidien montréalais Le Devoir et Transat ont annoncé la création de ce fonds de 500 000$ qui permettra au média d'augmenter sa couverture internationale.

Jean-Marc Eustache, président et chef de la direction de Transat, a approché le média pour lui parler de cette idée philanthropique de soutenir une information internationale «rédigée par des journalistes d'ici, avec une vision toute québécoise des enjeux mondiaux plutôt que de partager une vision française ou américaine». Fidèle lecteur du journal, il souhaitait par ce don redonner au Québec et à la société qui l'a accueilli il y a une trentaine d'années. 

«Sans source crédible d'information, l'on ne va nulle part, affirme-t-il. Le Devoir est un média indépendant qui offre une information originale et fiable, et qui a une grande importance dans le paysage médiatique du Québec. Des articles sur des sujets de fond sont essentiels pour comprendre notre monde, et ce type d'information est difficilement traitable en moins de 300 caractères.»

brian myles, du devoir, et Jean-Marc Eustache, de transat

La couverture internationale du Devoir reposait en grande partie sur les agences de presse comme France-Presse. Même si cette collaboration se poursuivra, le Fonds permettra aux journalistes et aux collaborateurs de réaliser des reportages internationaux, un genre d'information très coûteux pour les médias, qui subissent déjà les contrecoups des pertes publicitaires au profit des géants de l'économie numérique.

Les médias ont été de plus en plus nombreux dernièrement à sensibiliser les annonceurs à l'importance de préserver la santé des médias locaux pour assurer leur pérennité en partageant cette responsabilité.

«J'espère que d'autres entreprises suivront l'engagement de Transat», soutient Brian Myles, directeur du Devoir. Les abonnements et la philanthropie représentent 70% des revenus du média. «Depuis 2015, on a créé une base de 3000 donateurs nous ayant donné 1,5 million$. Aujourd'hui, l'on passe à 3001 donateurs, et nous voilà rendus à deux millions$.» 

«Il ne s'agit pas d'une commandite, d'un investissement publicitaire ou d'une publicité native.» – brian myles

Ainsi, Transat versera 100 000$ par année au Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir. Malgré le nom, qui pourrait laisser suggérer une commandite, Brian Myles et le président de Transat précisent «qu'il n'y aura aucune influence de Transat sur le choix et le traitement des sujets».

«Il ne s'agit pas d'une commandite, d'un investissement publicitaire ou d'une publicité native», rappelle Brian Myles, en réaffirmant que le média jouira d'une liberté éditoriale complète. 

Cette liberté s'étendra jusqu'au transporteur aérien qui va mener les journalistes sur les lieux de leurs futurs reportages. «Les journalistes ne seront pas contraints de choisir Air Transat lors de leurs voyages ni de choisir une destination qu'elle dessert.» 

En tout, le média prévoit réaliser de 70 à 100 reportages exclusifs par année grâce à ce don annuel, tous «traités dans les règles de l'art journalistique». Les frais serviront à payer le transport, l'hébergement et les fixeurs qui permettent aux journalistes d'évoluer dans des zones à risque. Le Devoir continuera de payer les salaires des journalistes. 

Brian Myles profite de l'occasion pour mentionner que le premier reportage qui «pigera dans ce fonds» sera la couverture des élections américaines cet automne. 

Partenariat non exclusif

Ce don n'empêchera pas Le Devoir de recevoir d'autres fonds de la sorte d'autres entreprises qui souhaiteraient emboîter le pas à Transat. «Nous n'avons aucun intérêt commercial dans ce Fonds et nous serions qu'heureux de l'apprendre pour l'avenir du Devoir», répond Jean-Marc Eustache.

Brian Myles soutient que les dons représentent de 4 à 6% du chiffre d'affaires, mais que ce pourcentage pourrait passer à 10% si le gouvernement accorde des crédits d'impôt aux donateurs. 

de 70 à 100 reportages exclusifs par année grâce à ce don annuel.

Si le partenariat se termine à la fin des cinq années, ce dernier croit que le média trouvera d'autres sources de revenus. «Il faut toujours refaire le combat pour demeurer pérenne, on le fait aussi pour garder nos lecteurs malgré la concurrence féroce en information.» 

Pour Transat, il s'agit d'un premier don afin d'épauler les médias. L'entreprise jouit d'un budget philanthropique de 1,2 million$, qu'elle offrait au soutien de différentes causes, notamment pour les enfants et la culture (par exemple pour le théâtre montréalais Espace Go).

Cette annonce s'ajoute à celle de la création du Fonds québécois en journalisme international, qui accordera annuellement plus de 75 000$ de bourses aux reporters québécois pour la réalisation de reportages originaux dans le monde.