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L'illustration, un pont entre le produit et le consommateur

Si Thaïla Khampo gagne sa vie avec le dessin depuis seulement deux ans, il possède déjà une vision claire de l’influence de sa discipline sur la création d'une identité visuelle. Portrait de cet illustrateur montréalais qui aime «les motifs, le mystère et les détails compliqués».

thaila khampo

photo Richmond Lam

Thaïla Khampo a fait ses classes à l’Uqam: d'abord avec un baccalauréat en arts visuels puis avec une deuxième formation en design graphique. Malgré la similitude des deux disciplines, il a poursuivi sa trajectoire en design avec un léger syndrome de l’imposteur. «Je me suis tout de même lancé à la pige pendant cinq ou six ans, pendant lesquels j’ai notamment travaillé avec Moment Factory et l’agence publicitaire Carte Blanche».

Ce passage aura non seulement permis à l’illustrateur de se faire un vaste réseau de contacts, mais également de mieux comprendre la relation entre un produit et son consommateur, pour ainsi la bonifier dans un univers visuel moins statique. «Il y a un certain retour de l’illustration dans l’imagerie des produits, note-t-il. Le consommateur veut maintenant plus qu’un bien ou un service. Le dessin donne de la profondeur au produit et tend à le rendre plus sympathique et moins mercantile.»

Sa carrière d'illustrateur a réellement commencé à prendre de l'expansion alors qu’il réalise un premier mandat d’envergure, en collaboration avec l’agence Caserne, pour le vingtième anniversaire des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), au printemps 2017. Il y imagine un univers de personnages bigarrés qui dépeignent bien les rencontres engendrées par les RIDM.

À peine quelques mois après la parution du projet, l’équipe de In good company communique avec lui pour la refonte du positionnement et de l’identité de Cacao 70. À la manière d’un conte, il imprègne les emballages des différentes saveurs de barres chocolatées de personnalités distinctes, incarnées par des personnages caractéristiques de son style. «Ces projets m’ont permis de me créer un vocabulaire», précise l’illustrateur.

Si le portfolio de Thaïla Khampo est désormais composé à près de 80% de mandats d’identité de marque et à 20% de projets personnels, il possède toutefois une grande liberté dans ses propositions commerciales. «Malgré les paramètres à respecter, les entreprises m’approchent pour mon univers, qui est maintenant bien articulé. Ma marge de manœuvre se situe autour de 80%.»

Entre le surréalisme du peintre belge René Magritte, les personnages de l’illustrateur canadien Geoff Mcfetridge et l’univers des cinéastes Wong Kar-Wai, Éric Rohmer et des Frères Dardenne, Thaïla Khampo définit son genre, ou ses genres plutôt, comme «une juxtaposition de formes et de personnages flirtant avec l’abstrait».

Malgré une esthétique distinctive, il avoue jouer avec trois ou quatre styles différents, citant en exemple sa contribution au magazine Beside dans lequel il s’est amusé avec de l’encre. Approché par Baillat, il a récemment signé les illustrations de l’identité et de la campagne du festival de bouffe de rue japonaise Yatai MTL, en plus de collaborations avec Ricardo, Harrisson Fun, Nouvelle Administration, le Théâtre d’aujourd’hui et le tout dernier numéro du magazine Nouveau Projet.

 «J’ai un abécédaire de visuels qui me permet de travailler plus rapidement, en respectant les demandes du client, mais en amenant le produit plus loin», indique Thaïla Khampo. Plusieurs de ses projets seront dévoilés cet automne, dont une collaboration avec la Fondation des Canadiens pour l’enfance. Il développe également un livre avec le restaurant Manitoba. 

HARRISSON FUN

HARRISSON FUN

Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

ricardo magazine

nouveau projet

NOUVEAU PROJET

NOUVEAU PROJET

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