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«L’illustration n’est pas morte» selon l'artiste Ana Roy

L’illustratrice Ana Roy a «toujours dessiné», dit-elle. D’un agenda rempli de gribouillis au secondaire à un portfolio professionnel aujourd’hui bien étoffé, elle enchaîne les projets et collaborations avec les marques grâce à une présence accrue sur les réseaux sociaux, entre autres.

«L’illustration n’est pas morte», scande Anabel Jolin-Roy, la véritable identité de celle derrière l’alias Ana Roy. Même si le milieu a beaucoup changé, elle croit que c’est en partie l’avènement d’Instagram qui a aidé les artistes visuels à vivre pleinement de leur création.

Malgré quelques réalisations commerciales avec Desjardins et ses petits moments #tellementadulte, la mise en marché de tapis de yoga pour la boutique Bref sur Bernard, à Montréal, l'ornementation d'un bixi l'an dernier, ou son récent travail sur la devanture du Cafellini sur Beaubien dans le cadre du festival Soir, l’artiste soutient qu'un récent mandat avec Crown Royal demeure «le contrat le plus significatif au chapitre de la publicité».

Le printemps dernier, la marque de whisky canadien a demandé à une poignée d’artistes locaux, dont Ana Roy, d’égayer son emblématique pochette mauve. Distillée et embouteillée à Valleyfield, «Crown Royal voulait rappeler au Québec qu’elle était toujours bien présente ici, la boisson étant davantage reconnue dans le reste du Canada», explique l’illustratrice, qui avoue faire partie d’une génération moins portée à consommer du whisky.

Crown Royal voulait initier la jeune clientèle du Québec à cette boisson. Dans le processus de création, l’artiste a accumulé les recherches sur le produit. Le principe d’assemblage de la boisson alliant 50 différents whiskies, a inspiré son illustration, dans un hommage au multiculturalisme québécois. «L’entreprise m’a embarquée dans sa tradition.»

Trois modèles en édition limitée ont été commercialisés dans quelques succursales de la Société des alcools du Québec.

Ana Roy estime qu’il est important pour les marques d’encourager les artistes d’ici. En plus de donner de la profondeur au produit, l'illustration agit également comme un «support pour présenter leur travail».

«Sécuriser» son art

Si Anabel Jolin-Roy a choisi de poursuivre des études supérieures en design graphique à l’Uqam, «une solution pour être artiste tout en assurant une certaine sécurité financière», la discipline n’a jamais été sa force. «Je me mentais à moi-même.»

Le professeur Sylvain Allard lui a «clairement conseillé» d'intégrer davantage l’illustration à ses projets scolaires. «Je me suis permis de m’amuser et de dessiner dans mon style propre.» Son livre Les petites choses, sous la supervision de Pol Turgeon, a été édité par Mécanique générale, et ses chandails et sacs ont garni son compte Instagram. «C'est à ce moment que les consommateurs et entreprises ont embarqué» dans l’univers d'Ana Roy et de ses personnages multicololores. 

L'illustratrice signe d’ailleurs la deuxième mouture de son calendrier Plaisirs alimentaires en collaboration avec Bernard Lavallée, mieux connu du public par le pseudonyme «Nutritionniste urbain». «En raison de la durée de vie limitée du calendrier, l'on a aussi conçu des cartes que les gens pourront continuer d'accrocher toute l'année», précise Anabel Jolin-Roy.

Elle entend trouver un juste milieu entre la création personnelle et les projets plus corporatifs. «Ce qui est bien avec l’illustration, c’est qu’on peut explorer plusieurs univers et différents enjeux.» Si la création publicitaire lui permet de prendre une pause de sa démarche et de se détacher de la marque Ana Roy, elle lui accorde également de luxe de plancher sur des propositions «plus artistiques».

Photo: Gaëlle leroyer

photo: sarah babineau

photo: sarah babineau

photo: sarah babineau