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    La gymnastique électorale de Rad

    Pour la première fois dans l’histoire politique, quelque deux millions de milléniaux inscrits représenteront le tiers des électeurs en vue du scrutin québécois du 1er octobre prochain. Rad souhaite offrir à cette cible une expérience électorale renouvelée, qui les mènera «à voter de façon éclairée».

    Reprenant les codes «de l’entraînement sportif», souligne Gigi Huynh, stratège d’engagement et d’impact de Rad, 23 contenus essentiellement en format vidéo seront présentés en 23 jours sur les plateformes numériques du laboratoire de journalisme de Radio-Canada.

    Si courir cinq kilomètres demande une certaine éducation physique, une élection générale requiert d’être suffisamment informé afin de prendre une décision finale lucide. Le «programme Rad» s’apparente davantage à une gymnastique intellectuelle visant à offrir des réponses «autant à un public moins politisé qu'aux mordus de politique», indique Johanne Lapierre, chef éditorial de Rad.

    Du 29 août au 28 septembre, les abonnés recevront par courriel un contenu par jour, du lundi au vendredi. Il est aussi possible de suivre la programmation sur YouTube et Facebook, en plus d’explorer les coulisses de la production sur Instagram, «avant, pendant et après» la campagne électorale. 

    Les cinq prochaines semaines seront donc entièrement consacrées à sa couverture. Puisque jamais du contenu n'a été publié tous les jours, le modèle demeure expérimental. Rad souhaite toutefois atteindre son taux d’engagement caractéristique de 8%.

    Karim Boudiba, Chef de produit numérique, Johanne Lapierre et Gigi Huynh

    rad

    Cuisiner la campagne électorale

    Parmi les contenus proposés par le laboratoire journalistique: des vidéos explicatives sur la politique pour rééquilibrer les connaissances du système électoral québécois, en clarifiant le mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour, par exemple, ou des reportages plus fouillés sur de grands enjeux «moins présents dans le courant dominant, qui tombent dans l’angle mort des médias traditionnels», précise Johanne Lapierre.

    Un bulletin de nouvelles «nouveau genre suivant les codes des vidéos YouTube» sera également présenté deux fois par semaine par Olivier Arbour-Masse. «Les gros enjeux des derniers jours seront décryptés et vulgarisés pour les rendre accessibles au plus grand nombre, explique le journaliste. L’information s’est tellement accélérée que si la nouvelle n’est pas interceptée dès le début, le public peut devenir très vite largué». Le traitement sera «simple, direct et compréhensible, même s’il s’agit d’un dossier complexe, tout en demeurant pertinent pour la personne plongée dans l’actualité».

    L’équipe compte bien profiter de la machine radio-canadienne pour récupérer des images et des extraits, notamment, mais aussi une collaboration avec le journaliste spécialisé Sébastien Bovet, qui expliquera, «en t-shirt», les fondements de la politique québécoise. Entre humour et couverture plus traditionnelle, «toujours avec rigueur et impartialité», le ton signature de Rad sera employé, désormais bien connu de son public.

    «Un peu comme une recette», image Gigi Huynh, l’équipe de Rad souhaite nourrir les citoyens d’une couverture plus digeste. «Il ne manque pas d’information sur la campagne à la société d’État. Nous allons donc produire quelque chose de complémentaire à l’offre existante», ajoute Johanne Lapierre.

    Poids politique avéré

    Les 18-39 ans auront autant de poids politique que les X, les bébés-boomers et leurs parents, lors de cette 42e élection générale québécoise. Alors que la génération avait voté dans un taux de participation de 58% en 2014, Rad désirait produire du contenu répondant aux questions de ceux qui feront certainement une différence à l’issue du scrutin.

    «Les jeunes doivent comprendre tout le poids qu’ils possèdent dans cette campagne», note Johanne Lapierre. Pour conquérir ce public et l’intéresser davantage à la chose politique, Rad a sondé sa communauté quant aux enjeux qui le concernent «réellement». «Le temps d’attente à l’urgence touche moins le quotidien des milléniaux», illustre Gigi Huynh.

    Puisque la politique et l’information «ne sont pas innées», selon elles, pas question de tomber dans la moralisation. «On veut que ça reste plaisant.» Une soirée électorale sera déployée le 1er octobre, «dans une ambiance d’inclusion, peu importe l’allégeance politique». L’objectif est donc «de guider la génération et tous les citoyens numériques, afin qu’ils prennent une décision selon leurs propres convictions», conclut Johanne Lapierre.

    Photos: Sarah Babineau
    Vidéo: Rad, Gimmick Studio