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Fausses nouvelles au Théâtre La Licorne?

Pour lancer sa saison 2018-2019, le Théâtre La Licorne propose Rien de fake, une nouvelle signature de marque conçue par Sid Lee. Dans une brochure de saison empruntant les codes du tabloïd, L’Écho laisse croire à la création d’un nouveau journal, entre grands titres scandaleux et faux horoscopes.

denis bernard

la licorne

«Une réunion familiale tourne au drame», scande le grand titre de L’Écho, une vraie publication qui crée de faux reportages à partir des œuvres proposées à La Licorne. La pièce Bonne retraite Jocelyne, par exemple, est décortiquée et analysée selon les témoignages de voisins curieux, «comme un fait divers raconté par un journaliste», note le directeur artistique et général du théâtre, Denis Bernard, qui vient par ailleurs d'annoncer qu'il quittera ses fonctions le printemps prochain.

L’article, tourné comme un regard posé sur l’œuvre, devient un véhicule pour informer les spectateurs. «La brochure fait appel à la faculté du spectateur de jouer avec nous. Elle reflète l’esprit de La Licorne», explique celui qui a dirigé l’institution théâtrale pendant neuf ans.

Jouer sur un paradoxe

Pour Yann Mooney, directeur de création de Sid Lee, l’insight créatif est ancré dans l’essence même du théâtre, entre ce qu’il diffuse et comment il le diffuse. C’est donc par le phénomène des fausses nouvelles que le concept a pris forme. «Nous voulions rompre avec les conventions de l’industrie en ne mettant pas l’accent sur les noms des pièces ou sur les visages des acteurs.»

yann mooney

sid lee

Entre le désir «en amont» de brasser une formule déjà utilisée – la brochure – et celui de s’«éloigner des photos d’acteur travaillées sur Photoshop», Rien de fake va au-delà de la nouvelle programmation en abordant le théâtre au sens large. «Chaque pièce raconte une histoire, chaque histoire raconte une pièce», ajoute Yann Mooney.

La Licorne tend à explorer une dramaturgie qui met de l’avant les problèmes sociétaux contemporains, «dans un espace citoyen où le public vient à la rencontre d’idées et d’artistes». Même si le théâtre demeure un jeu qui n’est pas la réalité, le rapport entre le public et la scène, lui, est bien tangible, avec cette préoccupation constante d’y établir un rapport franc et honnête, selon Denis Bernard.

S’amuser avec le public

Denis Bernard est d’avis que L’Écho incarne «un objet extrêmement ludique» et Rien de fake, «un geste sans concession», réalisé avec peu de moyens. «Il se peut que le journal soit mis à la poubelle, délaissé ou oublié, mais c’est un risque avec lequel nous sommes prêts à vivre.» Bien que la campagne repousse certaines limites, «le risque demeure calculé», précise Yann Mooney.

En plus de la publication, l’offensive se décline en affichage et à la télévision, «en conservant toujours cette idée de fausses nouvelles».

Entre Cr#%# d’oiseau cave, une adaptation libre de La Mouette de Tchekhov, Bonne retraite Jocelyne, un «charmant» souper de départ à la retraite laissant une légère amertume, et La Queens de Jean Marc Dalpé, un récit aux échos identitaires abordant les questions de la transmission, de la famille et de ses origines, la saison 2018-2019 de La Licorne «est une fois de plus le reflet des enjeux de notre société».

Annonceur: Théâtre La Licorne – Claudie Barnes, Denis Bernard, Danièle Drolet, Marie-Love Petit, Daphné Angiolini
Agence: Sid Lee
Direction de création: Yann Mooney
Conception-rédaction: Mélodie Karama, Mathieu Bouillon, Alain Forget
Direction artistique: Alice Ware, Annik Bouchard
Service-conseil: Joëlle Laferrière, Roxanne Kakon, Antoine Levasseur
Stratégie: Caroline Desmartin