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La réplique du Canada aux tarifs douaniers: l'actualité économique en rattrapage

Le Canada renvoie la balle aux Américains, un dernier volet pour la stratégie économique de Montréal, et plusieurs acquisitions pour des entreprises d'ici: voici les principales nouvelles économiques de la dernière semaine.

La riposte canadienne

Le Canada a confirmé l’imposition de sanctions commerciales à hauteur de 16,6 milliards$ contre les États-Unis, en représailles à la levée par le gouvernement Trump, le 1er juin dernier, de l’exemption douanière de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium, dont bénéficiaient jusque-là le Canada, le Mexique et l’Union européenne. Depuis mars, Washington impose ces tarifs au reste du monde «au nom de la défense de la sécurité nationale». 

Une liste définitive de plus de 200 produits importés des États-Unis a été établie après consultation auprès des sociétés canadiennes concernées, afin que ces dernières puissent se tourner vers des solutions de remplacement. Les autres importations américaines qui se verront imposer des tarifs de 10%, outre des produits d’acier et d’aluminium qui subissent le même traitement tarifaire que ceux des États-Unis, ont été sélectionnées «en raison de leur importance économique dans des régions où le Parti républicain du président Trump compte de nombreux électeurs», selon le quotidien montréalais Le Devoir: le bourbon et les cartes à jouer du Kentucky, les machines à laver, le papier de toilette et les chandelles de l’Ohio, les oranges et les bateaux de plaisance de la Floride ou le café de l’État de Washington. La Chine, l’Union européenne et le Mexique exerceront aussi des représailles commerciales contre les États-Unis.

Bien que ces contre-mesures soient adoptées «à regret» par Ottawa, le gouvernement a rappelé son désir d’arriver à une entente avec Washington. La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a toutefois averti que le gouvernement «sera prêt à répondre à une extension du conflit, notamment à l’industrie de l’automobile». Dans la foulée, Ottawa a annoncé un soutien financier totalisant deux milliards$ aux secteurs de l’acier et de l’aluminium, pour que les entreprises et les travailleurs «puissent survivre à la tempête».

La renégociation de l'Alena

L'avenir de L'Accord de libre-échange nord-américain (Alena) se complique à la suite de l'élection du nouveau président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, qui souhaite «négocier un nouvel accord avec les États-Unis et le Canada». 

Andres Manuel Lopez Obrador, qui s'est déjà montré critique de l'Alena sous sa forme actuelle, compte apporter sa propre équipe d'experts à la table des négociations. 

Le politicien de gauche, qui a promis aux Mexicains «de profonds changements dans le pays», s'est néanmoins engagé à laisser l'équipe actuelle de négociateurs mexicains poursuivre son travail jusqu'à son entrée en poste, le 1er décembre. Mais la rhétorique «incendiaire» de Donald Trump, les mesures d'imposition du Canada contre les États-Unis et l'arrivée de ce nouveau gouvernement au Mexique pourraient faire stagner les discussions sur l'Alena encore longtemps. 

Un dernier volet pour la stratégie économique de Montréal

La Ville de Montréal a dévoilé le huitième et dernier volet de sa Stratégie de développement économique de Montréal 2018-2022, un investissement de 106,4 millions$ sur quatre ans pour le développement économique du territoire. Les huit plans d'action lancés en avril dernier s'inscrivent dans une stratégie globale «pour poursuivre l'élan économique» de la métropole, totalisant près de 360 millions$ sur quatre ans.

Puisque «ce plan d'action vise à avoir un positionnement clair de chaque secteur géographique clé à travers la métropole», selon Robert Beaudry, responsable du développement économique et commercial au sein du comité exécutif, l'administration municipale a découpé l'agglomération en trois pôles économiques distincts: ouest, centre et est. Montréal regroupe 24% de la population et 35% de l'activité économique du Québec, avec un PIB de 131 milliards$. 

Montréal souhaite ainsi positionner ces pôles et leurs secteurs, selon les éléments d'actif stratégiques et l'activité déjà présents. D'abord en misant sur les secteurs à haut potentiel: immobilier durable, projets structurants, initiatives favorisant la responsabilité sociale des entreprises et adoption de meilleures pratiques en développement durable. Puis, en améliorant l'accessibilité des pôles d'emplois ainsi que la fluidité des transports de personnes et de marchandises: mobilité durable des travailleurs, adoption de nouvelles technologies et meilleures pratiques pour améliorer le transport des marchandises et la logistique urbaine.

En plus du plan d'action, l'administration de Valérie Plante a annoncé la création d'un comité consultatif dirigé par le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, afin de l’aider à déterminer des projets stratégiques pour améliorer le développement économique sur le territoire montréalais. 

Plusieurs acquisitions pour des entreprises d'ici

Trois entreprises québécoises ont annoncé d'importantes acquisitions dans leur secteur.

Louis Garneau Sports

Louis Garneau Sports acquiert la gamme de vêtements cyclistes Sugoi, une entreprise de Vancouver spécialisée dans la confection de tenues de vélo, de triathlon et de course à pied. Elle possède également la marque de vêtements de vélo de montagne Sombrio. Il s'agit d'«une acquisition d’envergure, selon le président et fondateur de LGS, Louis Garneau, qui pourrait augmenter les ventes de 30 à 40%». Cette transaction devrait permettre à la société de Saint-Augustin-de-Desmaures d'accroître sa présence à l'international, en perçant d'abord les marchés de l'Ouest canadien et des États-Unis, puis de l'Europe et de l'Asie. 

Maple Leaf

Aliments Maple Leaf a signé une entente pour acquérir deux usines de transformation de volaille et d'approvisionnement de Cericola Farms, une société à capital fermé. Les installations sont situées à Drummondville, au Québec, et à Bradford, en Ontario. Ensemble, elles traitent un total d'environ 32 millions de kilos de poulet par année. 

Olymel

Afin de poursuivre son expansion au pays, Olymel a acheté Aliments Triomphe, qui emploie 250 personnes et possède trois usines au Québec. Triomphe est notamment propriétaire des marques Tour Eiffel, Chef Georges et La Mère Poule. Olymel, dont la plus vaste usine est située à Vallée-Jonction avec 800 employés, produit, transforme et distribue des viandes de porc, de bœuf et de la volaille. 

Le cannabis en ligne et en bouteille

La future Société québécoise du cannabis (SQDC) a opté pour la technologie d'une entreprise québécoise afin de vendre du cannabis en ligne, en se dotant d'une plateforme conçue par Orckestra, filiale de Technologies Interactives Médiagrif, établie à Longueuil.

La valeur du contrat n'a pas été dévoilée, mais il s'agit d'un «mandat important» pour Orckestra, selon son président, Louis Fournier. L'organisation compte des détaillants comme Sobeys, Sports Experts et Mondou parmi ses clients.

Du cannabis à boire

Molson étudiera sérieusement la possibilité d’entrer dans le secteur du cannabis. La brasserie pourrait notamment créer des infusions de la plante, selon une note aux actionnaires du président et chef de la direction de MolsonCoors, Mark Hunter, selon le journal Financial Post