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Retour sur l'expérience sensorielle de Bleublancrouge au FIJM

En avril dernier, Bleublancrouge dévoilait l'image de marque de la 39e édition du Festival international de jazz de Montréal (FIJM), dont le travail de design était signé par Baillat. Voilà que l'agence présente le microsite né de la captation des données sensorielles lors du spectacle de Busty and the Bass en 2017.

Le 8 juillet 2017, Bleublancrouge a collaboré avec le FIJM afin de réaliser un spectacle avec Busty and the Bass dans lequel cinq capteurs sensoriels étaient installés à divers endroits de la salle pour recueillir des données liées aux cinq sens. L'objectif? Capter l'énergie qui alimente le populaire festival de musique, puis le traduire dans la nouvelle identité. 

Ainsi, en temps réel, un langage de programmation libre interprétait les données sensorielles de la foule pour générer les visuels de l’identité.

Si l'on peut s'imaginer plus facilement comment le son et la vue étaient captés, il est intéressant de voir comment d'autres sens, comme l'odorat et le goût et le toucher, ont réussi à être recueillis. 

Pour l'odorat, des caméras thermiques laissaient voir la chaleur se dégager des spectateurs, un indice qui permettait à l'équipe d'assumer que les gens étaient en sueur, donc dégageaient des odeurs. Pour le toucher, des piézocapteurs installés au plancher étaient actionnés lorsque les gens tapaient du pied ou dansaient. Chaque ouverture du frigo ou action de la pompe à bière générait des visuels liés au «goût».

Enfin, la vue était assurée par des capteurs de mouvements tandis que l'ouïe était prise à l'aide de micros qui captaient cris et applaudissements.

«Une banque de données de formes, de couleurs et d'animations à projeter était prédéfinie, explique Jonathan Rouxel, associé, vice-président et directeur de création de Bleublancrouge. Une fois entrées dans le système, les données influençaient les diverses combinaisons visuelles.»

Les visuels étaient projetés à l'arrière-scène, aux colonnes et à divers endroits dans la salle. 

Le résultat de cette collecte a généré un microsite, où l'on peut voir les variations sensorielles durant différentes étapes du spectacle. Pour y arriver, les données ont été réinterprétées par la firme de design Baillat. 

«Les différentes données recueillies ne livraient pas une identité qui se tenait, c'est la raison pour laquelle Baillat les a réinterprétées de façon créative, en s'inspirant d'elles.»

 

Une expérience inspirante

Même si les technologies ne sont pas encore au point pour capter avec précision tous les sens, l'expérience peut servir de prototype pour de futures synergies entre l'univers du design et des données, selon Jonathan Rouxel. «L'avenir du design sera plus connecté aux données, et la réciprocité entre les deux s'accélérera avec le temps.»