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Le FTA: le marketing pour démocratiser les spectacles

Le Festival TransAmériques (FTA) tire à sa fin et Martin Faucher, son codirecteur général et directeur artistique, explique la stratégie de marketing derrière cet événement qui assume plus que jamais le «Trans» de son nom.

Nommé le Festival de théâtre des Amériques (FTA) depuis ses débuts en 1985 jusqu'en 2016, l'événement, qui se tenait alors tous les deux ans, a muté en 2007 pour devenir le Festival TransAmériques.

Avec ce changement, sa fondatrice Marie-Hélène Falcon avait pour objectif d'offrir «la diversité des genres et des expériences scéniques, transgressant les frontières». «Le mot "Trans" comporte bien d'autres choses moins présentes en 2007, soutient Martin Faucher, codirecteur général et directeur artistique du FTA. Ce n'est pas un festival queer, mais le genre queer est une nouvelle façon de voir et de faire les choses.»

martin faucher

Photo: maude chauvin

C'est d'ailleurs ce qui l'a guidé dans l'angle de la programmation cette année. Partant de ce qu'il avait réalisé en 2017 dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, où il explorait les racines de la ville, son influence française, anglaise et «l'angle mort des premières nations», il a voulu, par cette 12e édition, aborder l'avenir, le vivre ensemble et les «nouvelles façons de nommer les gens et les choses».

Démocratiser les spectacles

Outre la campagne de publicité, signée Compagnie & Cie, présentée en avril dernier pour promouvoir la programmation, la stratégie de marketing derrière tout l'événement a un objectif bien précis: démocratiser les spectacles. «Si on peut accoler une image de créneau au festival en raison de certains spectacles qui demandent plus d'engagements, par exemple en matière de durée, il demeure qu'ils sont en minorité.» 

Cette démocratisation s'exprime sur plusieurs plans. D'abord, dans les lieux de diffusion, 17 cette année, qui permettent d'explorer différents coins de la ville, mais aussi dans la diversité des spectacles, soit un total de 25, de tous les genres et de durées variables. 

Les prix des billets s'inscrivent également dans cette volonté de rendre l'événement accessible à tous. Le spectacle le plus coûteux était Kings of War, au coût de 85$, mais divers forfaits sont proposés, entre autres pour les groupes scolaires et les 70 ans et plus. «Et d'avoir ces deux groupes qui se côtoient dans la même salle, c'est très intéressant.»

Une stratégie de contenu authentique

Chaque spectacle est présenté sur le site par un clip vidéo qui permet d'en comprendre l'essence. «Le danger avec les extraits est de rendre la vidéo séduisante et que cela ne corresponde pas à ce que le public voit par la suite», soutient Martin Faucher. L'équipe s'assure ainsi que le tout soit le plus fidèle possible à la réalité, sans trop en dévoiler non plus.

«Montréal jouit d'un public très curieux avec un appétit pour la découverte», ajoute-t-il. Des efforts sont mis pour l'atteindre, peu importe sur quelle plateforme il se trouve: imprimé, web, médias sociaux. Tout est décliné, mais de façon cohérente entre chaque canal.

«Sur Instagram, par exemple, on présente davantage l'histoire derrière les spectacles, comme les coulisses, les points de vue inusités des artistes qui les créent. Du côté de Facebook, on met davantage de l'avant les histoires des prochains spectacles.»

Un premier livre sur le FTA

Le festival a aussi profité de la mouture de cette année pour lancer Nos jours de fête, premier livre sur le projet artistique du FTA. Essais sur l’art, textes de création, témoignages et archives sont ponctués par des photographies de toutes les époques. On y retrouve, entre autres, des textes de Romeo Castellucci, Evelyne de la Chenelière, Olivier Choinière, Marie Chouinard, Benoît Lachambre, Catherine Lalonde, Christian Lapointe, Louise Lecavalier, Robert Lepage, Alain Platel et Yves Sioui Durand. 

Le FTA se termine le 7 juin prochain.

 

Photo: Martin Argyroglo. Spectacle La parade des taupes, présenté le 2 juin.