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L'actualité économique en rattrapage: Simons reçoit l'aide de Québec et «s'en va-t-en guerre»

Québec tend la main à la Maison Simons, Amazon acquiert des parts de marché, et les tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium entrent en vigueur: voici les principales nouvelles économiques de la dernière semaine.

Simons reçoit l'aide de Québec

La Maison Simons pourra compter sur le gouvernement québécois, la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi qu’Investissement Québec, pour l'accélération de son virage numérique, rapportait La Presse canadienne. Un nouveau centre de distribution, évalué à 215 millions$, devrait ouvrir en 2020 et pourra expédier jusqu’à 40 millions d’articles par année. 

Le gouvernement accorde ainsi au détaillant un prêt à terme de 81 millions$, alors que la Caisse de dépôt y investira 27 millions$ et Investissement Québec, 17 millions, à même ses propres capitaux. Le Fonds Immobilier de solidarité FTQ apporte également une contribution directe d'une vingtaine de millions$ pour l’achat du terrain et la construction du centre. 

Il ne s’agit pas d’une subvention, selon Peter Simons, mais bien d'un «prêt qu'il a entièrement l’intention de rembourser promptement». En acceptant la main tendue, l’entrepreneur considère plutôt avoir «sacrifié quelque chose», ayant désormais «des comptes à rendre à tout le monde». Rappelons qu'Investissement Québec devient actionnaire du détaillant. Avec cet investissement total de 125 millions$, Peter Simons compte bien «partir en guerre» contre les géants du web comme Amazon, entre autres. Il vise l’expansion de ses magasins au Canada, en plus de vouloir s'implanter sur le marché américain avec son offre en ligne. 

Amazon gagne (encore) des parts de marché

Si Peter Simons dit vouloir «se battre contre les géants du web» américains, il tente de pénétrer un marché déjà «assiégé» par un joueur important, alors que la part de marché des achats en ligne d’Amazon se situe actuellement autour de 28% selon Seeking Alpha. Le groupe de Seattle occupe une place grandissante dans le commerce électronique mondial, mais principalement aux États-Unis, où plus d’un achat sur quatre s'est opéré sur son site en 2017. Toujours d'après Seeking Alpha, cette croissance s'accélère, avec une hausse de 16% par rapport à 2017, qui supplante celle de 14% de l'année précédente. 

Les tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium entrent en vigueur

Les tarifs douaniers américains de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium provenant du Canada, du Mexique et des 28 pays membres de l'Union européenne sont entrés en vigueur le 1er juin. Cette décision est loin de faire l'unanimité chez les partenaires commerciaux des États-Unis, alors que certains craignent le déclenchement d'une «guerre commerciale», pouvant entraîner une «dette mondiale colossale, plus lourde que jamais», doublée d'une «grande incertitude et instabilité», selon les propos de la responsable du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, rapportés par Radio-Canada. 

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, présente à la table des négociations de l'Alena, a annoncé que «le Canada entend imposer des surtaxes, ou d'autres mesures similaires visant à restreindre le commerce, sur des importations d'acier, d'aluminium et d'autres produits provenant des États-Unis, à un montant allant jusqu'à 16,6 milliards$». 

Principal acheteur d'aluminium et second acheteur d'acier américain, le Mexique a «rapidement décidé d’imposer des mesures similaires sur divers produits, comme les fruits, les fromages et certains types d’acier», expliquaient Radio-Canada et l'Agence France-Presse.

Même son de cloche pour la Commission européenne, qui a aussi promis d'instaurer des «contre-mesures dès que les Américains mettront leurs menaces à exécution». Rappelons que la Commission avait élaboré en mars dernier «une liste de produits emblématiques» possiblement taxés, dont le tabac, le bourbon, les jeans et les motos.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, croit cependant que la décision américaine ne nuira pas aux discussions du sommet du G7 à La Malbaie, dans la région de Charlevoix, les 8 et 9 juin, même si six des pays membres de l'organisation – Canada, France, Royaume-Uni, Allemagne, Japon et Italie – seront touchés par ces nouveaux tarifs douaniers.

Google renonce à une collaboration avec la Défense américaine

L'entreprise de la Silicon Valley mettra fin à une collaboration en intelligence artificielle avec le ministère de la Défense américain, rapportait l'Agence France-Presse. Un dirigeant du groupe a informé les employés le 1er juin que le contrat avec le Pentagone ne serait pas renouvelé lorsqu'il arrivera à échéance, en 2019, selon le quotidien New York Times et le site spécialisé Gizmodo. 

Bien qu'évalué «à moins de 10 millions$», ce contrat, sur lequel Google demeure discret, avait suscité l'indignation de milliers de salariés ces dernières semaines, estimant que «cette collaboration avec les militaires était contraire aux valeurs de leur entreprise». Une pétition interne lancée en février dernier, qui avait réuni plus de 4000 signatures, soit environ 5% de l'effectif total de la firme, pressait le président-directeur général de Google, Sundar Pichai, de rester en dehors du «commerce de la guerre». 

Microsoft acquiert GitHub

Microsoft a conclu un accord afin d'acheter pour 7,5 milliards$ GitHub, une plateforme consacrée à l'hébergement et au développement de logiciels libres, rapportait l'Agence France-Presse. Lancée en 2008, cette société «permet à des développeurs de gérer des logiciels en coopération et compte plus de 28 millions d'utilisateurs dans le monde». Microsoft explique que cette acquisition permettra aux développeurs des deux entreprises de disposer de nouveaux outils à chaque étape de croissance d'un logiciel, en plus de fournir des services supplémentaires à leurs utilisateurs.

 

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