La référence des professionnels
des communications et du design

Le Québec, pôle mondial du secteur des effets visuels: l'actualité économique en rattrapage

Les géants des effets visuels Scanline VFX et Mill Film investissent à Montréal, Revenu Québec lance un programme de récompense pour les délateurs, et le producteur de cannabis Hydropothicaire devient Hexo Corp: voici les principales nouvelles économiques de la dernière semaine.

Les géants Scanline VFX et Mill Film s'installent au Québec

Les investissements et la création d'emplois dans le secteur des effets visuels à Montréal se multiplient depuis quelques mois. Après Reel FX à la fin d'avril, le studio allemand d'effets visuels Scanline VFX et la société britannique Mill Film, ​division du groupe français Technicolor, ont annoncé l'expansion de leurs activités dans la métropole. 

Scanline ajoutera 300 emplois d'ici trois ans aux 3000 postes déjà en place au Québec, alors que Mill Film, principal employeur de l'industrie à Montréal avec ses quelque 2000 salariés répartis dans les studios MPC Film, Mikros et Mr X, compte «embaucher plusieurs centaines de personnes d'ici la fin de l'année», a confié au quotidien montréalais La Presse la directrice générale de l'entreprise, Lauren McCallum. Mill Film «aura pour objectif de fournir en effets spéciaux les diffuseurs en ligne comme Netflix, Disney et Amazon», notamment. 

Avec un volume de contrats estimé à 262 millions$ distribués sur 166 projets locaux et internationaux en 2017, «le secteur a maintenu une croissance annuelle de 27% de 2009 à 2016», selon Pierre Moreau, président-directeur général du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec. Le groupe prévoit une reprise de la croissance pour 2018, avec l’arrivée de ces nouveaux studios, notamment. 

Un programme de récompense pour les délateurs

Après avoir examiné la mise en place d'un plan d'action pour assurer l’équité fiscale, notamment en matière de paradis fiscaux, en novembre 2017, Revenu Québec vient de mettre sur pied un programme de rémunération aux personnes qui lui fourniront «des informations précises et crédibles» lui permettant de récupérer au moins 100 000$ de droits. La rémunération du «dénonciateur» pourrait atteindre 15% de cette somme.

Le Québec veut ainsi agir de concert avec Revenu Canada, qui offre depuis un certain temps «des récompenses pour ceux qui dénoncent des stratégies d’évitement fiscal à l’étranger», rappelait e quotidien montréalais Le Devoir. «D’autres pays offrent également d’indemniser les lanceurs d’alerte en matière d’impôt, dont les États-Unis, l’Inde et le Royaume-Uni.»

Revenu Québec entend assurer la protection des renseignements confidentiels et, par conséquent, protéger l'identité de l'individu si la poursuite d'un dossier est possible de manière confidentielle. Le «Programme de rémunération des dénonciateurs d’opérations visées par la règle générale anti-évitement ou constituant un trompe-l’œil», vise donc à indemniser les individus pour le coût «personnel, social ou professionnel» que peut entraîner une dénonciation. 

Hydropothicaire devient Hexo Corp.

Hydropothicaire, fournisseur privilégié de la Société québécoise du cannabis, est promu à la principale Bourse de Toronto, après un peu plus de trois mois à la Bourse de croissance TSX, marché de capital de risque public pour les sociétés émergentes. Elle a profité de cette «graduation» pour annoncer qu'elle devenait Hexo Corp., adoptant ainsi la même appellation que sa marque de marijuana destinée à l'utilisation récréative. 

L'identité visuelle de la nouvelle Hexo a été conçue par l'agence Sid Lee. Selon le président-directeur général de la société, Sébastien St-Louis, le nom Hexo sera «plus facile à retenir pour les consommateurs qu'Hydropothicaire». L'entreprise continuera toutefois d'offrir du cannabis médicinal sous sa marque d'origine. 

Hexo estime «pouvoir attirer d'importants investisseurs, ce qui devrait lui permettre d'asseoir sa croissance». La fin de semaine dernière, son action a gagné 6,64% ou 33¢ pour clôturer à 5,30$, établissant la valeur boursière du producteur de cannabis à un peu plus d'un milliard$. «Certains fonds investissent seulement lorsqu'une société est cotée à la Bourse de Toronto», a expliqué Sébastien St-Louis à La Presse canadienne. Hexo prévoit multiplier par 30 sa capacité de production d’ici la fin de l’année. 

Grève en vue à la Saq

Les quelque 5500 membres du Syndicat des employés de la Société des alcools du Québec (Saq) se sont prononcés à 91% en faveur d'un mandat de grève de six jours, déclenché «au moment opportun». Le taux de participation aurait atteint 54,6%, selon le syndicat. 

Après 16 mois de pourparlers, les employés espèrent renouveler leur convention collective, échue depuis le 31 mars 2017. L’amélioration de la conciliation travail-famille, ainsi que de meilleures conditions de travail pour les employés à temps partiel et occasionnel, représentant près de 70% des membres, sont au cœur des discussions. 

Le Fonds FTQ, LSE et Harvard s'unissent pour une «transition énergétique juste»

Le Fonds de solidarité FTQ est la seule institution canadienne à faire partie d’un comité consultatif mondial sur les enjeux liés à une transition énergétique judicieuse. Cette initiative lancée de concert par les établissements London School of Economics (LSE) et Harvard Kennedy School vise à concevoir des outils ou à proposer des stratégies et des idées d’«investissement juste». 

La Conférence de Marrakech sur les changements climatiques des Nations unies, en 2016, révélait «que la communauté et les travailleurs n’étaient tout simplement pas à l’agenda de la transition énergétique des grands décideurs». On vise ainsi l’ébauche d’un «premier document» pour le sommet de septembre sur l’investissement responsable, en prémisse de la Conférence sur les changements climatiques de Katowice, en Pologne, en décembre 2018. 

Dans une entrevue accordée au quotidien montréalais Devoir, Mario Tremblay, vice-président, affaires publiques et corporatives, du Fonds, s'est dit «interpelé» par «l’expérience américaine, avec tous ces laissés pour compte dans le charbon ou encore dans la ceinture de la rouille», surnom donné à la région industrielle du nord-est des États-Unis, ayant déjà connu des années fécondes notamment grâce aux nombreuses usines de l'industrie automobile. 

General Electric exclue du Dow Jones

General Electric vient d'être écartée de l’indice «vedette» de Wall Street, le Dow Jones, un revers illustrant les difficultés vécues par le conglomérat depuis plus de deux ans, rapportait l'Agence France-Presse. Le groupe est remplacé depuis le 26 juin par la chaîne de magasins distribuant médicaments, produits de santé et divers biens de consommation Walgreens Boots Alliance.

Si l'entreprise faisait partie faisait des premiers membres du Dow Jones en 1896, David Blitzer, président du comité décidant de la composition de la société S&P Dow Jones Indices, a indiqué, que «les entreprises des secteurs de la consommation, de la finance, de la santé et de la technologie sont désormais plus en vue, et l’importance de celles du secteur industriel s’est amoindrie». La S&P Dow Jones Indices regroupe 30 entreprises soi-disant «représentatives» de l’économie américaine. En faire partie est la promesse d’une présence accrue sur les marchés.

 

En couverture: MPC Montréal, filiale de Mill Film, a notamment travaillé pour le long-métrage Blade Runner 2049 du réalisateur québécois Denis Villeneuve.