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Vague de mises à pied chez Rogers: l'actualité médiatique en rattrapage

Rogers Communications ampute son équipe de contenu numérique et d'édition de 75 employés, AT&T et Time Warner fusionnent sans condition, et la publicité sur les sites web étrangers coûterait 1,3 milliard$ aux contribuables canadiens: voici l'actualité médiatique de la semaine.

Vague de mises à pied chez Rogers Communications

Rogers Communications ampute son équipe de contenu numérique et d'édition œuvrant pour les publications Maclean’s, Chatelaine, Today’s Parent et Hello! Canada, de 75 employés à temps plein. Une telle décision correspond à la mise à pied de près du tiers de l'effectif. Ces suppressions d'emploi, «nécessaires» selon l'entreprise torontoise, sont justifiées par «les changements des habitudes de lecture des consommateurs», alors que la plupart des médias sont aux prises avec d'importantes pertes de revenus publicitaires. L'équipe compte désormais 150 personnes. 

Déterminée à produire du contenu de «grande qualité», la société soutient que «toutes ses marques poursuivront leurs activités». 

AT&T et Time Warner fusionnent sans condition 

La justice fédérale américaine a autorisé «sans condition» la mégafusion entre le groupe de télécommunications AT&T et le groupe de médias Time Warner (HBO et CNN), ouvrant la voie «à la création d’un mastodonte dans le secteur médias et internet». 

Le ministère américain de la Justice avait décidé de s’opposer à cette opération s'élevant à quelque 85 milliards$, vers la fin de 2017. Les tribunaux avaient jugé la transaction «anticoncurrentielle», bien que les deux entreprises ne soient pas des concurrentes directes.

Pour convaincre la justice, AT&T et Time Warner ont déploré la mainmise «des géants technologiques comme Netflix et Amazon, qui produisent films, séries et documentaires, ou encore Apple, Google et même Facebook, qui misent toujours plus sur la création de contenus». Leur alliance serait donc «indispensable» pour lutter contre l'avantage de ces entreprises «en contact direct avec le public en plus d'en connaître beaucoup sur ses goûts et ses habitudes». 

La publicité sur les sites web étrangers coûterait 1,3 milliard$ aux contribuables

Les achats de publicité sur Google et Facebook représenteraient près de 1,3 milliard$ par année pour les contribuables canadiens, selon Les Amis de la radiodiffusion, organisation consacrée à la défense de médias de qualité au pays.

Selon ses données et celles du groupe Canadian Media Concentration Project de l'Université Carleton, Google, Facebook, Twitter et les autres sites web étrangers engendrent plus de revenus publicitaires en ligne au Canada que les abonnements, la publicité et autres gains financiers des médias au pays: 3,9 milliards$ en 2016, contre 3,1 milliards$ pour les quotidiens et journaux communautaires canadiens. «À eux seuls, Google et Facebook obtiennent 72% des revenus de publicité numérique, contre de 15% à 20% pour les médias canadiens», a indiqué le quotidien montréalais La Presse, d'après le rapport de l'Université de Carleton.

Les investissements de publicité en ligne sur des sites étrangers sont déductibles d'impôt au Canada, au même titre que celles dans des médias canadiens. Les Amis de la radiodiffusion plaident pour que le gouvernement Trudeau cesse de permettre cette déduction, sommant les quatre chefs provinciaux du Québec de faire pression. «Il faut qu'Ottawa arrête de subventionner ce comportement», a écrit l'organisme au premier ministre du Québec Philippe Couillard. 

Instagram serait «la clé» pour Facebook

L'action de Facebook était en hausse de 0,3% en début de la semaine dernière, alors qu'Andy Hargreaves, analyste de KeyBanc Capital Markets, écrivait qu'Instagram pourrait être le «principal moteur de croissance» de l'entreprise en 2020, l'application ayant généré «27% supplémentaires en revenus publicitaires cette année, et 58% d'ici 2020».

Selon les prédictions d'Andy Hargreaves, Instagram comptera plus de 1,4 milliard d'utilisateurs actifs par mois et plus de 22 milliards$ de chiffre d'affaires annuel d'ici 2020. «La charge publicitaire de Facebook a atteint un point de saturation», explique-t-il. Instagram est la clé de la croissance à venir.»  

Le public et les journalistes veulent des reportages contextualisés et analysés

Il y a presque «consensus» entre le public et les journalistes américains, selon une enquête collaborative entre Associated Press, le groupe NORC Center for Public Affairs Research et l’organisation American Press Institut: les deux parties souhaitent des reportages axés sur des faits contextualisés et analysés. C'est ce qu'indiquent les deux sondages récents.

Si ce que le public recherche concorde avec ce que la plupart des journalistes souhaitent offrir comme couverture, 42% des personnes interrogées affirment que les reporters versent trop dans le commentaire. Les deux recherches à ce sujet indiquent toutefois que «le scepticisme du public face au journalisme est stimulé par sa méconnaissance du processus journalistique, particulièrement à une époque où les choses évoluent vite». 

Selon les sondages, les trois quarts des journalistes considèrent que «la confiance du public envers les médias a baissé au cours de la dernière année». Pourtant, seulement 44% des Américains disent leur faire moins confiance.

YouTube Music et YouTube Premium maintenant disponibles au Canada

Le nouveau service de lecture en continu YouTube Music est désormais offert partout au pays. Vidéoclips, albums, listes de lecture, recommandations ou recherches intelligentes: les abonnés pourront accéder à du contenu «personnalisé et organisé au même endroit». 

Dans la foulée, YouTube Premium, anciennement YouTube Red, est également lancé au Canada. Il comprend plusieurs avantages, dont la suppression des publicités, l'écoute en arrière-plan et les téléchargements partout sur YouTube.