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Alain Desormiers: «L'important, c'est la jalousie»

Alain Desormiers, chef de la direction de Touché! Canada et de PHD Canada, a participé à la sélection des pièces en nomination dans la catégorie Média du Festival international de la créativité de Cannes. Entrevue sur son expérience au sein de ce jury et ses observations sur les pièces présentées.

Il le souligne d'emblée, le cas de la catégorie Média est particulier en raison du nombre élevé de soumissions reçues. Cette année, 2594 pièces ont été enregistrées, une baisse tout de même notable par rapport à l'an dernier (2949 dans l'absolu, 2607 selon le chiffre révisé). 40 jurés des quatre coins de la planète ont participé au tri des soumissions, un processus long, mais efficace selon Alain Desormiers en comparaison à celui en place il y a une dizaine d'années, alors qu'il devait agir à titre de juré à la fois pour les nominations et les pièces gagnantes.

Des 320 soumissions qu'il a personnellement analysées, il constate la présence d'un grand nombre de campagnes de créativité média qui misent sur la conception de contenu et d’expérience. Ce n'est pas, selon lui, un phénomène nouveau, mais l'idée de créer des contenus originaux pour ensuite en faire de l'amplification sociale gagne du terrain.

Le fait de nous ressourcer et de toucher à la créativité mondiale nous insuffle l’envie d’en faire plus.

D'un point de vue plus subjectif, il a été interpelé par plusieurs pièces de la catégorie Responsabilité sociale d'entreprise. «Plusieurs pièces qui m’ont touché et fasciné traitent de sujets comme la violence conjugale, l’intimidation, l’environnement. Ce sont des bijoux de créativité média. Cette partie est intéressante pour les jurés parce que ce sont des mouvements sociaux plutôt que des sujets commerciaux. Avec l’amplification sociale, ces campagnes ont encore plus le vent dans les voiles quand ça décolle.»

Cela dit, au-delà des sujets, il constate comment les agences se démarquent parfois par leur capacité à bien raconter et d'utiliser le pouvoir du storytelling. «Le plus important, je crois, c’est la jalousie. Le fait de dire: Pourquoi personne chez Touché!, PHD ou OMD n’a pensé à cette idée toute simple? De me rendre compte que je devais arrêter pour me dire Wow! si, émotivement, ça vient te chercher.»

C'est pour cela, selon lui, que des concours comme celui de Cannes ont encore leur pertinence aujourd'hui, même si la participation à de telles compétitions représente un investissement d'envergure. «Touché! est fortement adepte des concours nationaux et mondiaux, car cela nous permet de nous comparer à ce qui se fait de mieux dans le monde. Le fait de nous ressourcer et de toucher à la créativité mondiale nous insuffle l’envie d’en faire plus. Et c'est inspirant, réellement. Nous avons deux Lions à notre actif et je peux vous assurer que c'est tout un feeling.»

Infopresse couvrira les finalistes et gagnants du concours, en plus de rapporter les faits saillants de l’événement. Suivez le dossier Lions de Cannes 2018 sur notre site web. Abonnez-vous à l'infolettre en suivant ce lien.