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Peu de Canadiens sont disposés à financer l’information

Peu de Canadiens sont disposés à financer l’information en ligne indiquent les données du plus récent rapport Digital News Report de Reuters, mais les plus jeunes sont davantage enclins à le faire que leurs aînés. 

Piloté par le Centre d’études sur les médias de l'Université Laval, le pendant canadien de l’enquête révèle que le pays continue de tenir en estime ses médias, sans toutefois s'inquiéter de leur situation financière. Un maigre 9% des Canadiens ont payé pour de l’information en ligne ou ont accédé à des sites d’informations payants. 

Considérant la conjoncture médiatique, les moins de 35 ans seraient plus favorables à faire un don à une entreprise de presse «appréciée» si elle ne pouvait faire ses frais autrement (28% chez les moins de 35 ans, 16% chez les 35 ans et plus). Alors que près d'un Canadien sur cinq serait disposé à financer personnellement l'information – 18% contre 22% pour les pays sondés –, le taux s'élève à 28% chez les moins de 35 ans et diminue à 16% chez les 35 ans et plus.

Ce pourcentage monte toutefois à 21% pour les lecteurs courants de La Presse+, dont les dirigeants ont annoncé le 8 mai dernier leur projet d’en faire un organisme sans but lucratif. Les anglophones sont aussi plus nombreux à envisager un don que les consommateurs d’informations francophones (19% contre 14%). 

Seulement 9% des Canadiens ont payé pour de l’information en ligne ou ont accédé à des sites d’informations payants.

Cela dit, les Canadiens demeurent mitigés quant à l'idée qu'un média puisse solliciter des dons. Alors que le quart des participants sont d’avis que ces médias devraient faire appel aux dons du public, 41% sont en désaccord avec ce modèle de financement. Il faut dire que moins de 8% des Canadiens sondés estiment que les journaux perdent de l’argent en ligne. 

La confiance remonte, mais Facebook régresse

En plus des nouveaux modèles commerciaux, l'édition 2018 du rapport Digital News a soulevé les questions de confiance et de désinformation, de l'impact de l'évolution des algorithmes de Facebook et de la montée en puissance des nouvelles plateformes et applications de messagerie. 

La confiance envers l’information est toujours à la hausse au Canada comparativement aux données de 2017. Si la moyenne pour les pays sondés se situe autour de 44%, 58% des participants canadiens affirment pouvoir se fier à l'information la plupart du temps (64% des francophones, 57% des anglophones). Ils ne sont cependant que 36% à faire confiance aux nouvelles retrouvées à partir des moteurs recherche en général, et 21% à celles repérées dans les réseaux sociaux.

Alors que Facebook perd des plumes comme source d'information, YouTube semble en gagner.

Même si le Canada se maintient parmi les pays où la confiance envers l'information est la plus élevée, les fausses nouvelles continuent d'en inquiéter certains. Quelque 60% des participants sont préoccupés de la véracité d'une nouvelle retrouvée en ligne. Et la responsabilité de distinguer le vrai du faux incombe à plusieurs intervenants: 80% croient que les médias et journalistes devraient en faire davantage, 75% disent que les grandes entreprises numériques telles que Google et Facebook devraient en faire plus, et 64% suggèrent un rôle plus accru des gouvernements (41% d'Américains sont de cet avis).  

La proportion de francophones à s’informer par Facebook se situe à 48% cette année, comparativement à 55% en 2016 et en 2017. La baisse observée partout pourrait être partiellement attribuable aux changements d’algorithme mis en place par le réseau. Seuls les 65 ans et plus continuent d'utiliser massivement la plateforme comme source d'information. Si Facebook perd des plumes, YouTube semble en gagner: 22% des participants l'utilisent comme plateforme de nouvelles, contre 18% en 2017. La hausse est plus marquée chez les anglophones (de 17% à 23%) que chez les francophones (de 20% à 22%).  

Le rapport Digital News Report résulte d'une enquête internationale annuelle menée en ligne dans 37 pays, par le groupe Reuters Institute for the Study of Journalism de l'Université d’Oxford, en Angleterre, s’intéressant aux habitudes des consommateurs d’information. La collecte des données a été supervisée par la firme d'étude de marché YouGov.