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Les réactions rapides aux controverses, une obligation plus qu'un choix

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, se penchent sur deux cas de réactions extrêmement rapides face à des controverses.

Cette semaine, les comédiens Morgan Freeman et Roseanne Barr ont tous deux perdu d'importants contrats à la suite de controverses publiques.

D'abord, Morgan Freeman s'est fait congédier comme narrateur du transport en commun de Vancouver à la suite d'un reportage de CNN dans lequel il est accusé par huit femmes de harcèlement sexuel.

Quelques jours plus tard, la série télévisée Roseanne, mettant en vedette Roseanne Barr, a été annulée presque instantanément quand la comédienne a tweeté des propos jugés racistes à propos de Valerie Jarrett, ex-conseillère de l'ancien président américain Barack Obama.

Si les raisons diffèrent, un élément rassemble ces deux controverses: la vitesse avec laquelle les entreprises réagissent dans les cas de scandales.

arnaud granata

infopresse

Pour Arnaud Granata, il y a lieu de se demander s'il aurait été préférable pour elles d'attendre avant d'agir... tout en admettant que la conjoncture de 2018 ne laisse plus beaucoup de place à l'attente. «Depuis le mouvement #MeToo, les entreprises n'ont plus vraiment le choix de réagir vite, même quand nous n'en sommes qu'au stade des allégations, pas des accusations», comme c'est le cas pour Morgan Freeman.

Stéphane Mailhiot, lui, rappelle combien la vitesse avec laquelle les entreprises réagissent aux controverses a évolué ces 10 dernières années.

stéphane mailhiot

havas montréal

En offrant un parallèle avec Tiger Woods, pris dans un scandale sexuel, il souligne que «les commanditaires liés à la performance sportive avaient conservé leur endossement de Tiger Woods. Les commanditaires plus style de vie, ceux davantage liés au personnage gentilhomme de Tiger Woods, s'étaient dissociés. Aujourd'hui, ce serait difficile d'envisager que ce scandale ne lui aurait pas fait perdre tous ses commanditaires.»

Arnaud Granata continue sa réflexion autour du tweet de Roseanne Barr, rappelant que ce n'est pas le premier tweet qui place une vedette dans l'embarras. «La sanction peut paraître assez grande concernant cet épisode, soit un simple tweet. Je crois toutefois qu'en regardant l'historique controversé de Roseanne Barr, ça devient la goutte de trop.»

Aussi au programme cette semaine: l'entrée en scène du nouveau règlement sur la protection des données, des émojis africains qui veulent favoriser la diversité, et regard sur l'«indoor generation», ces jeunes qui préfèrent rester chez eux plutôt que de sortir.

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.

En couverture: Roseanne Barr. Photo: Wikicommons