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Spotify se rétracte, et une transaction Corus-Bell Média bloquée: l'actualité médiatique en rattrapage

Spotify fait marche arrière, le Commissaire de la concurrence dit non, des postes abolis chez Bell Média Studios, du sport électronique à ESPN+, de la bagarre pour 21st Century Fox, des poursuites salées pour Google et Facebook et Netflix, le média américain avec la plus forte valorisation: voici l'actualité médiatique.

Spotify se rétracte

Au début de mai, Spotify a annoncé l'adoption d'une charte en vertu de laquelle l'entreprise se réservait désormais la possibilité de réduire l'exposition d'un artiste ou d'une chanson sur sa plateforme en fonction de critères sans rapport avec la musique.

Voilà que trois semaines plus tard, l'entreprise se rétracte, révèle Bloomberg. La raison? Trop d'opposition à cette charte, autant chez les employés de Spotify que chez les artistes et maisons de disques, qui voient tous d'un mauvais œil qu'une entreprise puisse nuire à la carrière artistique d'un musicien pour des prétextes relevant de sa «vie personnelle». 

Compressions chez Bell Média

Au moins 10 postes ont été abolis par Bell Média Studios à Toronto, selon ce que rapporte Media in Canada. Si les postes en question et le nombre total d'emplois perdus n'ont pas été dévoilés – Bell Média citant des raisons «confidentielles» –, Media in Canada indique qu'il s'agit probablement de compressions en lien avec les annulations des séries Daily Planet (Discovery) et Innerspace (Space). Ainsi, des présentateurs et des producteurs exécutifs seraient touchés pas des suppressions.

Pour expliquer cette décision, Scott Henderson, vice-président, communications, de Bell Média, indique que «ces changements sont le résultat de pressions financières importantes auxquelles Bell Média fait face, alors que l'entreprise évolue dans une industrie caractérisée par une concurrence internationale grandissante, des options de visionnement en constante évolution et œuvrant au sein d'un cadre juridique incertain».

Transaction Corus-Bell Média bloquée

Le Commissaire de la concurrence a bloqué la vente des chaînes télévisées spécialisées francophones Historia et Séries+, propriété de Corus Entertainement, à Bell Média. Cette transaction, annoncée en octobre, était évaluée à 200 millions$.

Outre le Commissaire, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) doit donner son aval à la transaction. Le CRTC évalue encore la proposition.

Du sport électronique à ESPN+

ESPN+, service de diffusion en continu du réseau ESPN, ajoute une offre à son catalogue: la diffusion, en direct, de compétitions du jeu vidéo League of Legends.

Trois compétitions sont au menu: 2018 North American League of Legends Championship Series Summer Split, en juin; North American League of Legends Championship Series Summer Finals, en septembre; et League of Legends World Championship, cet automne.

Ces compétitions ou ce jeu ne vous disent rien? Sachez que le championnat mondial de League of Legends a attiré en 2017 plus de 80 millions de téléspectateurs pour la finale, uniquement sur la plateforme Twitch. Au total, 1,2 milliard d'heures de contenu vidéo ont été visionnées lors de cette compétition.

D'ailleurs, l'entente entre ESPN et les trois compétitions n'est pas exclusive, car elles seront encore offertes sur Twitch. 

C'est donc dire que ESPN espère que l'intérêt pour le sport électronique servira de moteur au lancement du service ESPN+, offert à 4,99$US par mois.

De la bagarre pour 21st Century Fox

Comcast, déjà propriétaire des chaînes de télévision NBC, CNBC et MSNBC, avoue être à un «stade avancé» dans la déposition d'une offre d'achat formelle de 21st Century Fox, notamment pour mettre la main sur ses studios de cinéma 20th Century Fox et sur des chaînes de télévision étrangères.

Donc, les enchères pour 21st Century Fox pourraient monter vite, alors que Disney avait déjà proposé 66 milliards$US pour le même actif, en décembre 2017.

Cette bataille s'inscrit dans le bouleversement qui secoue le secteur des médias aux États-Unis, où les grands groupes médiatiques traditionnels cherchent à accumuler les achats pour monter en puissance et ainsi rivaliser avec les catalogues des géants du web, comme Google, Netflix et Amazon.

Des poursuites à hauteur de 8,8 milliards$ contre Google et Facebook

Au premier jour de l'entrée en fonction du Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l'Union européenne (UE), qui oblige les entreprises numériques comme Facebook et Google à procurer plus de contrôle sur leurs données personnelles aux utilisateurs des 28 États membres de l'UE, les deux entreprises font face à des poursuites totalisant plus 8,8 milliards$US.

L'activiste autrichien Max Schrems, critique de longue haleine des pratiques des géants numériques, signe ces poursuites. Il prétend que le RGPD exige un «consentement clair» et une «justification» pour n'importe quelle donnée personnelle récoltée auprès d'un utilisateur, deux exigences auxquelles Google et Facebook ne se plient toujours pas – ou du moins pas assez. Son exemple: les conditions qui demandent aux utilisateurs de cocher une petite case en échange de leur approbation à un ensemble de pratiques nébuleuses. Selon lui, cela force les utilisateurs dans un choix de type «tout ou rien», une violation des règles du RGPD autour de la notion de consentement.

Netflix dépasse Disney

Netflix vient de dépasser Disney à titre d'entreprise médiatique la plus fortement valorisée aux États-Unis, un (autre) signe de la croissance fulgurante du service de visionnement en continu.

La valorisation de Netflix est maintenant évaluée à 162 milliards$US, devant Disney, à 151,6 milliards$US.