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Réseaux sociaux: le Vatican publie un code de conduite ecclésiastique

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, se penchent sur un code de conduite ecclésiastique publié par le Vatican à l’intention de ses communautés religieuses, pour leurs activités sur les réseaux sociaux.

Le Vatican vient de publier un code de conduite sur la façon dont les membres de ses communautés religieuses devraient communiquer dans les réseaux sociaux. Parmi les 289 éléments qui composent le document, l’Église enjoint ses membres à employer les réseaux sociaux avec «sobriété et discrétion», sur le plan des contenus, mais aussi en matière de quantité de renseignements et de type de communication. Selon Jasmin Lemieux-Lefebvre, directeur des communications de l'Église catholique de Québec, «ces normes s'appliquent uniquement aux communautés contemplatives, donc appelées à vivre en monastère dans une certaine clôture, et non à toutes les communautés religieuses».

arnaud granata

infopresse

Le 26 avril dernier, dans une petite ville d’Espagne, un regroupement de religieuses a dénoncé sur Facebook l’acquittement de jeunes accusés de viol pendant les Fêtes de Pampelune en 2016. Arnaud Granata s'interroge sur l'application du code de conduite du Vatican lors de «telles prises de position».  

Considérant ce qui est transposable, le code de conduite de l’Église se rapproche étrangement de celui dicté par Radio-Canada, selon Catherine Perrin, quant à ce que les employés devraient dire ou ne pas dire dans les réseaux sociaux, comme dans bien d’autres entreprises, d’ailleurs.

Stéphane Mailhiot

havas montréal

«Le Vatican se retrouve désormais avec un enjeu de marque employeur», souligne Stéphane Mailhiot. En 2018, tous les communicateurs conseillent aux grandes entreprises de travailler en amont, plutôt que d’imposer des quantités de règles afin d’éviter que les parties prenantes prennent ensuite position dans les médias sociaux.

Selon Arnaud Granata, cette initiative est en décalage avec les démarches récentes du Vatican pour se rapprocher du public. «On veut que le pape soit sur Twitter, tout en restreignant les communications des religieux sur les réseaux sociaux.» Mais Jasmin Lemieux-Lefebvre assure que l'Église «encourage la prise de parole de ses communautés sur les différentes plateformes». 

Pour une Église plus moderne

La «tentative de contrôle» des voix des membres des communautés religieuses est ce qui est «réellement dérangeant» dans cette initiative, soutient Stéphane Mailhiot. «On vit dans une communication davantage axée sur les personnes que les institutions», ajoute Arnaud Granata, citant au passage les réseaux des journalistes «parfois bien plus importants que ceux de leurs employeurs».

La modernisation du Vatican par les réseaux sociaux pourrait cependant être bénéfique pour l’institution. D’ailleurs, la communauté religieuse The Daughters of St. Paul, aussi connue sous le pseudonyme #MediaNuns, n’a pas hésité à intégrer les différentes plateformes sociales pour partager la «Bonne Nouvelle». Les «sœurs des réseaux sociaux» sont présentes partout: Instagram, Twitter, Facebook et, particulièrement, Snapchat. Pour elles, la technologie n’est qu’un moyen plus rapide et efficace d’atteindre les gens.

Aussi au programme cette semaine: une entente entre les Obama et Netflix, les bons coups de publicité du magazine GQ et de la chaîne Ikea, et le désir de Play-Doh de faire breveter une odeur.

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.