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L'actualité économique en rattrapage: Sony s'offre Emi Music Publishing

Sony s'offre Emi Music Publishing, la numérisation de l'économie heurte les revenus des villes québécoises, et une vitalité économique moindre, mais une bonne qualité de vie pour Montréal: voici les principales nouvelles économiques de la dernière semaine.

Sony s'offre EMI Music Publishing

Queen, Beyoncé, Pharrell Williams, Kanye West: Sony s'apprête à débourser 1,9 milliard$ pour mettre la main sur la société spécialisée dans l'édition musicale, EMI Music Publishing, qui dispose d'un catalogue de plus de deux millions de titres. Le groupe japonais, qui détenait déjà une part minoritaire de 40% dans DH Publishing, opérateur d’EMI Music, a signé un accord avec le fonds d'investissement Mubadala, situé à Abou Dhabi, pour lui racheter sa part de 60%. L'entreprise précise dans un communiqué qu'à l'issue «de la transaction, le groupe possédera indirectement environ 90%» d'EMI Music Publishing. 

Il s'agit d'une étape importante pour la croissance à long terme de l'entreprise, selon son président-directeur général, Kenichiro Yoshida, qui souhaite renforcer les «contenus multimédias» de Sony. Selon Le Monde, EMI Music Publishing, deuxième société d'édition musicale au monde, aurait affiché des ventes de plus de 850 millions$ et des profits opérationnels de près de 165 millions$ lors de l’exercice 2017. La transaction devra être approuvée par les autorités de la concurrence.

La numérisation de l'économie heurte les revenus des villes québécoises

La numérisation de l'économie place les villes d'ici dans une impasse fiscale «très claire», rapporte une étude de l’Union des municipalités du Québec réalisée par la firme Aviseo Conseil. Les municipalités du Québec, de plus en plus dépendantes de l’impôt foncier, y tirent près de 70% de leurs revenus, soit 13,4 millions$, ce qui place le Québec au sommet de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour l’importance des taxes foncières sur le produit intérieur brut (PIB). L'impôt foncier «accapare 3,8 % du PIB au Québec et au Canada, soit plus du double de la moyenne de l’OCDE».

L'expansion rapide du commerce électronique et des ventes en ligne a causé la perte de 2000 commerces québécois en 2016, abrogeant dans la foulée trois milliards$ en valeur foncière en plus de priver les villes de quelque 65 millions$ de revenus en impôt foncier, «un peu comme si 350 magasins de grande surface Walmart» avaient subitement disparu. Entre les fermetures complètes de magasins et la réduction des superficies de vente avec le développement du magasinage en ligne, les plus grandes pertes ont été essuyées par Montréal (639 millions$), Québec (195 millions$), Laval (155 millions$) et Gatineau (102 millions$). Au rythme où vont les choses, la perte de revenus fonciers pour les villes du Québec pourrait atteindre 150 millions$ en 2022, pour des pertes cumulées en cinq ans d’un demi-milliard$. 

Une vitalité économique moindre, mais une bonne qualité de vie pour Montréal 

Malgré sa vitalité économique qui demeure toujours à la traîne par rapport à d'autres grandes villes nord-américaines, Montréal se démarque par sa qualité de vie, selon une étude réalisée par l'Institut du Québec. Depuis trois ans, l'institut de recherche compare la métropole à d'autres villes d'Amérique du Nord, en examinant cinq catégories: vitalité économique, capital humain, innovation, qualité de vie et attractivité. Montréal rivalise notamment avec Toronto, Vancouver, Boston, Philadelphie, Denver et San Francisco. 

Bien que 2016 et 2017 aient été «très positives économiquement pour Montréal», la métropole québécoise s'est retrouvée au 14e rang sur 15 pour l'activité économique et au 13e pour sa croissance économique, en 2017. Elle se classe cependant seconde quant à sa qualité de vie. Selon les conclusions du rapport Comparer Montréal, les faiblesses en matière d'économie peuvent être essuyées par la qualité de vie offerte à Montréal grâce aux logements abordables, une criminalité faible et une offre de transport diversifiée. 

Les femmes et le bien-être économique

En dépit de l'accroissement de la place des femmes sur le marché du travail au fil des décennies, «la longue marche» vers l'équité est loin d'être terminée, rappelle une étude de Statistique Canada. Dans son examen sur l’évolution du bien-être économique des femmes au Canada, l'organisme statistique national démontre à quel point l’amélioration du sort des travailleuses a notamment profité à leur famille et à leur conjoint. 

L’explosion de la proportion des femmes de 24-54 ans sur le marché du travail, passant de 22% en 1950 à 82% en 2015, l’augmentation de la moyenne de leur nombre d’heures travaillées quotidiennement et l’amélioration des programmes sociaux destinés aux enfants ont fait bondir le revenu annuel moyen des femmes de plus de 80%, de 1976 à 2015. Durant la même période, le revenu des hommes a plutôt reculé de 5%, en tenant compte de l’inflation.

La disparité du revenu personnel moyen entre les sexes a également diminué de moitié (en dollars constants de 2015), pour passer de 32 300$ (16 100$ par rapport à 48 400$) à 16 100$ (35 300$ par rapport à 51 400$). Cette disparité entre les sexes a surtout été constatée de 1976 à 1995, principalement en raison de l'augmentation du revenu personnel moyen des femmes. Depuis, la disparité du revenu personnel moyen entre les sexes est demeurée relativement stable.

Une première femme à la tête du marché New York Stock Exchange

Pour la première fois depuis sa création il y a 226 ans, une femme prend la tête du myhtique marché boursier new-yorkais New York Stock Exchange (NYSE). Stacey Cunningham, actuellement directrice des opérations de NYSE Group, regroupant les plateformes électroniques NYSE American et NYSE Arca, entrera en poste le 25 mai prochain, rapportait l'Agence France-Presse. 

Adobe met la main sur Magento

Adobe a annoncé l'achat de la plateforme de commerce électronique Magento Commerce au fonds d'investissement Permira, pour 1,68 milliard$. Le système de gestion de contenu commerce électronique est utilisé par de nombreuses entreprises pour gérer leurs sites de vente en ligne, mais aussi promouvoir des produits et des retours. 

L'entreprise, qui domine le secteur des logiciels graphiques avec Photoshop et Illustrator, espère ainsi gagner des parts de marché dans ce secteur à fort potentiel. Cette diversification met Adobe en concurrence avec de gros joueurs tels qu’Oracle ou Salesforce. 

Rappelons que Magento avait été rachetée par Permira à eBay, en 2015. L'opération devrait se conclure au cours du troisième trimestre de l'exercice fiscal 2018 d'Adobe.