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    Quelles seront les grandes orientations pour les réseaux sociaux?

    Pour Jean-Philippe Shoiry, chef de la stratégie et des opérations, et associé de Republik, les annonceurs devront briser le lien de dépendance avec les banques de données des réseaux sociaux. Maude Bourcier-Bouchard, conceptrice de Lg2, croit pour sa part que ces médias demeurent l’outil le plus pertinent pour raconter des histoires, dont celles de marques.  

    À chacun sa banque de données

    Les controverses entourant la gestion des banques de données de Facebook et autres géants se sont accélérées cette année. Les changements majeurs dans l’algorithme du réseau social, entre autres, liés à la forte croissance du nombre d’annonceurs, tendent à faire disparaître le contenu organique, selon Jean-Philippe Shoiry.

    jean-philippe shoiry

    republik

    Bien que les marques connaissent bien le profil de leur cible, elles semblent tributaires de Facebook pour l'atteindre. «C'est une dangereuse dépendance, rappelle Jean-Philippe Shoiry. On bâtit des publics dans les plateformes sociales, on se fie aux intérêts proposés par Facebook, mais aussitôt que les réseaux sociaux modifient leurs politiques, on est foutu.»  

    En demandant aux marques de fournir du contenu de qualité pour engager activement son auditoire et de payer pour le lui montrer, le nouvel algorithme de Facebook a d’abord atteint le volet «production de contenu». C’est maintenant au tour de la distribution de contenu de revoir son approche. Afin de briser ce cycle de dépendance, donc, les annonceurs devront établir leur propre écosystème et leurs propres banques de données.

    La collaboration

    Pour Maude Bourcier-Bouchard, il est clair que les réseaux sociaux ne cesseront de prendre davantage de place dans les stratégies de marketing des entreprises, au risque d'en absorber l'entièreté. Imbriquées dans presque toutes les actions de marketing d'une marque, ces deux sphères, désormais indissociables, doivent étroitement coopérer. 

    Afin de toucher plus aisément leur public, la conceptrice de Lg2 propose la collaboration entre plusieurs marques par le regroupement des pages d’intérêts d’une même cible. «En concentrant leurs forces, les marques qui collaborent ensemble peuvent toucher une cible commune plus facilement, en plus de reposer sur la crédibilité de l’une ou de l’autre.»

    Le grand débranchement

    maude bourcier-bouchard

    lg2

    Au début d'août, Facebook annonçait l’arrivée de nouveaux outils sur Instagram et son réseau social phare pour aider les utilisateurs à contrôler le temps passé sur ces plateformes. «Cette fonctionnalité démontre bien ce besoin de débranchement», explique Maude Bourcier-Bouchard.

    Ces 10 dernières années, le temps passé devant les écrans a triplé, explique Amnon Jacob Suissa, sociologue, spécialiste en dépendance et professeur à l’École de travail social de l’Uqam. Tiraillé entre une multitude d’appareils mobiles, connecté plusieurs heures par jour, le citoyen numérique évolue dans les conditions propices au développement d’un trouble de cyberdépendance.

    L’organisme Capsana et l’agence Lg2 ont récemment lancé Pause, première initiative sociétale du genre au pays, invitant les jeunes adultes à évaluer leurs habitudes numériques. Elle propose des conseils et des outils pour profiter des avantages d’internet sans en subir les désavantages.

    Quand les réseaux rencontrent les espaces physiques

    Maude Bourcier-Bouchard croit également que les barrières entre les réseaux sociaux et les espaces physiques se briseront de plus en plus. Elle cite Color Factory, «un musée conçu pour être instagrammé», ainsi que le menu du restaurant montréalais La Habanera, qui identifie les plats les plus «instagrammables» sur son menu.

     

    * Photo tirée de la campagne Pause ton écran par Lg2.