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Les 18 meilleurs et pires logos de 2018

Collaboration spéciale – Quel est l'élément commun entre la Fondation Sainte-Justine, Dunkin' Donuts, The Guardian, Best Buy, Aldo, Century 21 et Desjardins? Ils ont changé leur image en 2018… mais aucun n’est dans cette liste des meilleurs et des pires logos. Jetons un coup d’œil rétrospectif à cette année bien remplie.

LES MEILLEURS


Mines de rien
En janvier, la ville de Thetford Mines dévoilait une nouvelle image qui abandonnait le «Mines», mais reprenait la symbolique du pic de mineur dans un grand élan «stimulant», coloré et confiant envers l’avenir. Un coup de jeune salutaire, signé par l’agence Parallèle.

 


Icône trois-en-un
Ce projet tout simple vient de Suède et ressemble à un cas d’école. Conçu par le studio Lundgren+Lindqvist pour le cabinet d’architectes Enter Arkitektur, il compose d’une typographie plutôt aride et d’une icône astucieuse: un E (pour Enter) et un chevron (pour l’action d’entrer) dont la contre-forme dessine une maison. Le tout est exécuté sans fantaisie, mais avec beaucoup de créativité dans les déclinaisons.

 


Bloc de lettres
Parce que les mains, c’est important, surtout pour faire de l’escalade, Publicis a concocté pour le centre Bloc Shop des affiches qui redéfinissent la notion de typographie «à la main». Il ne s’agit pas d’un logo en tant que tel, mais d’un clin d’œil visuel dont la force tient à l’impressionnante qualité photographique. Pouce en l’air.

 


Une coupe rétro
Haar & Co. est le salon d’un jeune barbier new-yorkais amoureux du design et de la tradition, qui s’est fait dessiner une image sur mesure par Redscout. Rien d’innovant, puisqu’il s’agit plutôt d’un hommage à l’âge d’or de la ville-qui-ne-dort-jamais, sous la forme d’un délicieux logo et d’une décoration intérieure qui fleurent bon le Brylcreem et le style Art Déco.

 


Importez-moi ça!
Pour toute grande chaîne de supermarchés, l’homogénéisation de l’image des nombreuses succursales représente un casse-tête. En Australie, la marque IGA (oui, IGA existe aussi en Australie!) a confié au géant de l’identité visuelle Interbrand la mission impossible d’harmoniser ses 1400 franchisés tout en leur accordant une identité distincte. Et le miracle fut. Résultat: 1400 logos blancs avec en commun un graphisme sympathique (bien que légèrement hipster) et le petit écusson rouge de la marque. Une idée à importer.

 


Anticipe présent
Les Galeries Lafayette viennent de lancer une fondation nommée Lafayette Anticipations, dont l’image traduit parfaitement la vocation de «catalyseur de créativité». Paradoxalement, c’est à l’agence Wolff Olins, qui n’a pas de bureaux en France, qu’a été confiée cette identité follement parisienne, vaguement élitiste et joyeusement bordélique.

 


Salut, bonhomme!
J’ai déjà dit à quel point les logos-bonshommes m’irritaient (allô, Québec solidaire!), car ce cliché de «l’humain au cœur de nos préoccupations» est tellement éculé qu’il en devient vide de sens. En 2018, l'entrepreneur australien John Holland a pourtant réussi un exploit: s’inscrire dans la tendance minimaliste du flat design tout en intégrant un bonhomme-allumette à son logo, le tout sans avoir l’air d’un centre communautaire sous-subventionné. Une création de Frost*collective

 


Chambres avec vue
Autre identité en mode rétro, celle de l’hôtel Fenway, en Floride, un établissement presque centenaire qui vient de rafraîchir son image. L’agence Spark a conçu un branding simple, ludique et un brin nostalgique autour d’un logo qui évoque une vieille tour radio (première vocation du bâtiment) et qui se décline à l’infini pour enrichir l’atmosphère jazzée de l’établissement.

 

Sourire en coin
L’idée la plus simple n’est pas toujours la plus mauvaise. Prenez l'événement Comedy Feast, nouveau festival d’humour britannique. Son image, créée par le studio Only, est l’évidence même. Un jaune soleil, une bonne grosse typo rassurante et le T qui fait un sourire en coin: l'on comprend immédiatement à quoi l'on a affaire. Un festin pour les zygomatiques!

 

Bonheur d’Ocasio
Les politiciens aussi ont leurs logos, et cette année fut électorale, chez nous comme chez nos voisin du Sud. Parmi les candidatures décrites comme antitrumpiennes, celle d’Alexandria Ocasio-Cortez sort du lot. Cette jeune démocrate d’à peine 30 ans a insufflé une dose de socialisme dans sa campagne, soutenue par une image audacieuse et colorée qui mettait l’accent sur sa détermination et ses origines latino-américaines. Cette identité signée Tandem a-t-elle trouvé son public? Probablement, puisqu'elle est désormais représentante au Congrès!

 

LES PIRES
 


Tout ça pour ça
Avez-vous en mémoire le redesign bancal que nous avait servi Uber en février 2016? Vous savez, celui qui mettait en vedette une icône indéchiffrable? Fidèle à sa tradition de designs décevants, l’entreprise nous est revenue cette année avec le moins créatif des logos, une sorte de consensus typographique fonctionnel, mais fade, issu d’une collaboration entre Uber et Wolff Olins. Ubérisation égale uniformisation?

 


Le sceau de la honte
Vous l’avez peut-être oublié, mais 2018 était une année olympique. Et cette olympiade a été marquée par l’exclusion de la Russie par le Comité international olympique. Les quelques athlètes russes en compétition participaient donc hors délégation et devaient porter des vêtements neutres frappés de l’infamant non-logo Olympic Athlete from Russia. Ce badge peu lisible, où le mot «Russia» se retrouve avec la tête en bas, leur donnait une petite allure de produits sans marque. Le prix à payer, sans doute, pour regagner l’idéal sportif à l’ère du dopage systémique.

 

Le pizzaghetti des logos
Cet automne, Pacini annonçait fièrement sa volonté de s'implanter partout en Amérique du Nord et dévoilait du même coup l’un des pires logos de l’année. Partir à la conquête du monde avec un logo qui ressemble à une blague est certes une idée originale, mais quel message envoie-t-on? Si la bouffe n’est pas meilleure que ce ramassis d’éléments moches et incohérents, je demande à parler au chef!

 


Malaise malaisien
Quand la réputation d’un pays est en jeu, l'on ne fait pas les choses à moitié. C’est du moins ce qu’aurait dû se dire le ministre malaisien du Tourisme et de la Culture avant de présenter ce «logo» au Forum asiatique du tourisme. Il y a trop d’éléments pour tous les décrire ici, je vous laisse jouer au jeu des 20 erreurs...

 


Alerte orange
Québec solidaire a quintuplé le nombre de ses députés au cours de cette année qui avait pourtant commencé... moins glorieusement. Je ne m’acharnerai pas sur ce logo dont j'ai parlé en long et en large dans cette tribune.

 


$ourire forcé
Salary Finance est une institution financière britannique qui essaie très fort d’être sympathique. Au point de faire de son logo une sorte de copie de celui de Comedy Feast (voir plus haut)... l’inspiration en moins. Le résultat, dessiné par le studio londonien Ragged Edge, saute dans le train du design amical avec une palette bleu-et-saumon qui évoque les murs d’un CPE et une typographie qui tente de sourire, mais semble juste tordue et déséquilibrée. Vous confieriez vos finances à un logo croche, vous?

 


Pas laitte?
Le printemps dernier, DeSerres a présenté en grande pompe sa nouvelle plateforme de marque, conçue par Lg2 sur le thème de la liberté de créer. En toute bonne foi, il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce nouveau positionnement, mais il y a aussi un grand oublié: le logo. Une tache qui n’est ni vraiment une trace ni une palette, une typo anticréative posée là-dessus sans égard pour le contraste. Tout cela méritait un peu plus d’amour, non?

 

Sois meilleur
Beaucoup d’affaires troublantes sont sorties de la Maison-Blanche cette année, et ce logo en est une. Be Best est une «plateforme consacrée à la promotion du bien-être, à la positivité dans les médias sociaux et à la lutte contre l'abus d'opioïdes», lancée par Melania Trump, qui a aussi trouvé le nom (douteux), assuré la promotion et dessiné le logo. Comme quoi, dessiner un logo, c’est comme choisir un mari.

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Olivier Bruel est designer graphique agréé. Il exerce son métier de faiseur d'images depuis plus de 20 ans auprès d’une clientèle très diversifiée. Ainsi, il a collaboré à la cellule créative de plusieurs entreprises – Cognicase (CGI), Ixiasoft, NVI (iProspect), Canoë, la Banque Nationale – tout en intervenant comme consultant et designer auprès de ses propres clients. Curieux et avide de transmettre son expertise, il jette un œil critique (mais bienveillant) sur l’actualité d’ici et d’ailleurs en matière de graphisme et d'image de marque, et sur les remous que cela provoque (ou pas). Diplômé en graphisme des arts décos à Paris, il a quitté la Ville lumière pour Montréal à la fin du siècle dernier. 

 

 

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

 

Photo: Bloc Shop, identité visuelle créée par Publicis