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    Pouvoir d'attraction et de rétention de la main-d’œuvre: le Canada au 6e rang mondial

    Le Canada se classe pour la première fois parmi les 10 économies mondiales du classement World Talent Ranking 2018 d'International Institute for Management Development (IMD), un regroupement suisse qui analyse la façon dont 63 économies de partout développent, attirent et retiennent leur main-d'oeuvre hautement qualifiée. 

    L'étude dresse un portrait des efforts des pays à développer leur main-d’œuvre locale tout en attirant les travailleurs étrangers.

    Le Canada arrive sixième, avec 84,50%, une hausse de cinq positions par rapport à l’an dernier. C'est le seul pays non européen parmi les 10 meilleures économies dans ce domaine, le classement étant largement dominé par ceux d'Europe de l'Ouest: la Suisse (au premier rang), le Danemark (2e), la Norvège (3e), l'Autriche (4e), les Pays-Bas (5e), la Finlande (7e), la Suède (8e), le Luxembourg (9e) et l'Allemagne (10e).

    Le Canada est le seul pays non européen parmi les 10 meilleures économies dans ce domaine, le classement étant dominé par les ceux d'Europe de l'Ouest.

    Pour analyser les efforts des pays, l'IMD proposait trois facteurs d'évaluation, soit les investissements dans la main-d’œuvre locale et dans son développement, sa capacité d'attraction à l'international et la disponibilité des compétences et des qualifications nécessaires parmi son bassin de travailleurs.

    Les résultats proviennent des statistiques des gouvernements, des entreprises et des organismes, croisées avec les résultats du sondage, mené auprès de 6000 hauts dirigeants, dont une centaine au Canada.

    Les investissements et le développement: le point faible du Canada

    Les pays qui réussissent le mieux leurs efforts d'attraction et de rétention de la main-d’œuvre hautement qualifiée font partie des économies mondiales moyennes et investissent grandement en éducation et dans la qualité de vie. 

    José Caballero

    économiste principal d'IMD

    Or, si le Canada se positionne généralement bien en ce qui a trait au facteur de la disponibilité des compétences et de l'attraction, il tombe cependant au 19e rang quant aux investissements dans le développement de sa main-d’œuvre. José Caballero, économiste principal d'IMD, souligne toutefois que le développement des compétences dépasse la seule notion de dollars investis. 

    «Si l'on regarde les chiffres pour le Canada, oui il arrive 17e pour les investissements publics totaux en éducation et 40e pour les investissements gouvernementaux en éducation par étudiant, mais ces chiffres sont équilibrés par la priorité accordée en entreprise à attirer et à retenir la main-d’œuvre (troisième rang), la bonne intégration des connaissances clés (11er place) et la motivation des travailleurs (neuvième éehclon).»

    Il ajoute que le Canada réussit bien également à équilibrer le tout en attirant du personnel hautement qualifié de l'étranger (quatrième rang). «Ce qui décrit le mieux la situation du Canada, c'est donc l'équilibre entre tous ces facteurs.»

    Et le Québec?

    Bien que l’étude ne montre pas les résultats par province, Dominic Lévesque, président de Randstad Professionnel et du Laboratoire d’innovation, croit que le Québec fait bonne figure dans sa façon d’attirer et de garder les talents par rapport au reste du Canada.

    Dominic Lévesque

    président de Randstad Professionnel et du Laboratoire d’innovation

    Il concède qu’au chapitre des investissements et du développement, certains programmes sociaux sont tombés dans la dernière année et ont donc nui au classement du Canada dans ce domaine, mais que la situation tend à s’améliorer. «Le secteur des technologies de l'information (TI) a bénéficié de bon nombre de programmes, notamment de crédits d’impôt et de l’aide à l’emploi, ce qui a contribué au développement d’un hub technologique à Montréal. On n'a qu'à penser aux investissements dans le quartier Mile Ex.»

    L’un des principaux avantages du Québec pour attirer le talent étranger repose selon lui sur son bilinguisme. «Les postes spécialisés requis en TI et la pénurie de main-d’œuvre dans ce domaine attirent beaucoup plus de gens d’Europe que l’Ontario, par exemple, en raison du fait français.» Il ajoute que c’est particulièrement le cas de Montréal, qui comprend une belle cohorte européenne et qui retient sa main-d’œuvre. Montréal est d’ailleurs la ville avec la plus forte croissance économique au pays, avec 2,9% de croissance du PIB.

    Deux secteurs réussissent particulièrement bien à attirer et à retenir les ressources: les TI et les finances. – dominic lévesque

    Il soutient que deux secteurs réussissent particulièrement bien à attirer et à retenir les ressources: les TI et les finances. Ce dernier secteur s’explique par la demande accrue pour ce type de compétence en TI. «Le taux de chômage dans le domaine financier est autour de 1% seulement. Ces postes sont maintenant convoités pour tous les projets en TI, de l'optimisation des processus à l'analyse des données.»

    Le domaine des communications-marketing fait d'ailleurs partie du secteur des TI, comme il s'est aussi transformé ces dernières années en raison de tous les changements technologiques. Il requiert également de nouvelles compétences et comporte de nouvelles réalités. «Ce domaine se rapproche beaucoup plus des TI, avec de nombreux postes demandés en référencement, en veille stratégique, en analyse de données et autres compétences connexes.»

    Enfin, la culture créative québécoise, qui foisonne de son avis, contribue aussi à ce que les travailleurs qualifiés demeurent au pays.