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CloudRaker: «Les gens ne veulent pas plus de marketing dans leur vie»

CloudRaker a amorcé il y a deux ans un virage pour se positionner dans ce qu'elle appelle le «commerce significatif», une expression d'ailleurs enregistrée par l'agence comme marque de commerce.

thane calder

cloudraker

«Les gens ne veulent pas plus de marketing dans leur vie». Ce constat auquel est arrivé CloudRaker semble a priori contre l'industrie dans laquelle évolue l'agence depuis sa fondation en 2000. Thane Calder, fondateur et chef de la direction de CloudRaker, précise qu'il s'agit plutôt d'un déclencheur et d'un rappel de ce qui devrait toujours guider les marketeurs: créer ce que les gens désirent, plutôt que de les convaincre de vouloir quelque chose. 

«Il faut vraiment qu'on se mette dans la tête des consommateurs et qu'on s'assure que le marketing est réellement centré sur eux en plus de leur apporter de la valeur sans les déranger avec du spam publicitaire», explique-t-il. Il donne en exemple les bannières parfois utilisées au mauvais moment sans réfléchir à ce que les consommateurs ont envie de voir comme message au-delà de l'objectif de conversion.  

Cette réflexion autour de la valeur ajoutée provient de l'ADN même de CloudRaker qui offrait jusqu'en 2015-2016 une expertise d'abord numérique, puis stratégique et créative, à laquelle elle a ajouté au fil du temps le commerce électronique, les expériences web et les contenus sociaux. «Dans le développement d'un site web ou d'une application, si l'on ne crée pas de valeur dans la vie des gens, ceux-ci n'y reviennent pas», souligne-t-il en traçant le parallèle avec le marketing.

Du marketing au commerce significatif MC

C'est donc autour de 2016 que l'agence a décidé de mettre l'accent sur le commerce de détail. «On constatait que les consommateurs avaient changé et que tous les domaines du marketing, que ce soit le numérique, la publicité et le design étaient tous liés avec cette nouvelle façon de voir les choses.»

Dans ce virage, CloudRaker a notamment conclu un partenariat avec Altavia International, plus important réseau mondial d’agences de communication consacrées au commerce de détail, de même qu'avec Goods and Commerce, une plateforme qui rassemble plus de 400 spécialistes et consultants dans une vingtaine de champs d’expertise liés au commerce de détail, en plus d'avoir lancé les services Shopper et Media. Sans compter l'ouverture d'un bureau à Toronto et les nombreuses embauches stratégiques. Toutes des actions prises pour témoigner concrètement de cette nouvelle mission et «d'aller au-delà des mots».

«Ce n'est pas du tout de dire que la publicité est morte, ajoute Dave Roberts,

dave roberts

cloudraker

directeur de création exécutif. Le commerce est plutôt le territoire sur lequel les autres expertises s'ajoutent au bon moment durant tout le parcours consommateur, que ce soit par des campagnes, des produits, des événements ou des publications.»

Kijiji, client de l'agence, illustre bien selon lui le commerce dans sa forme la plus pure, soit une plateforme en ligne où vendeurs et acheteurs peuvent échanger ensemble. «Des entreprises comme Sears et autres magasins de ce type ont fait preuve de paresse et ont oublié de changer tandis que des exemples comme eBay représentent à la fois le bon et le mauvais côté du commerce, explique le chef de la direction de CloudRaker. Nous souhaitons bâtir seulement ce côté positif du commerce.»

Frank & Oak et DavidsTea sont, de son avis, deux exemples d'entreprises d'ici qui ont su allier les données, la créativité et la technologie, les trois piliers sur lesquels devrait se fonder le commerce. «Le commerce correspond donc au "Quoi" dans la méthode des 5W, c'est-à-dire à ce que nous faisons, mais c'est le "comment" qui est le plus intéressant: comment on réussit à offrir aux gens ce qu'ils veulent.»

Une identité cohérente

Dans la foulée de ces changements, l'agence s'est dotée d'une nouvelle identité après huit ans, une image qui se veut plus forte, inclusive et toujours authentique. «C'était vraiment important que cette dernière reflète ce qu'on considère bien plus qu'une évolution, mais bien une révolution pour CloudRaker», souligne Dave Roberts. 

l'avant et après de l'image de marque de cloudraker

La typographie Serif a ainsi cédé le pas à des majuscules en gras et à un univers plus coloré, pour traduire cette nouvelle réalité à l'interne, toujours toutefois tournée vers l'humain. 

«Humain dans le sens où l'on est toujours à l'affût des manières dont les technologies auront une influence dans la vie quotidienne des gens, des tendances qui modifieront le commerce et autres considérations qui ont des conséquences directes ou indirectes sur les gens.»