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L'état du commerce électronique au Québec

Grâce à sa force de frappe, la multinationale Amazon s’est imposée comme première destination des consommateurs d’ici pour les achats en ligne. Considérant l’importance stratégique du commerce électronique et ses possibilités pour percer de nouveaux marchés, le Cefrio dresse le constat de la logistique de celui du Québec.
 

Au Québec, les ventes en ligne représentent en moyenne 20% des ventes totales annuelles des entreprises sondées par le Cefrio. Ce pourcentage pourrait cependant grimper à 26% au cours des 12 prochains mois, alors que les fabricants, grossistes et détaillants prévoient tous une croissance du commerce électronique pour leur entreprise. 

Sur les 6,6 milliards$ d’achats annuels réalisés en ligne par les Québécois, seulement 1,7 milliard$ de produits et de services étaient vendus par des détaillants d'ici, soit 2,4 % des ventes totales du secteur du commerce de détail, rapportaient les estimations de 2015 de l’Institut du Québec à partir des données du Cefrio.

Force est d'admettre que la situation a peu évolué au Québec, plusieurs entreprises demeurant frileuses à utiliser le numérique pour écouler leur marchandise. Seulement 14% des entreprises affirment vendre en ligne des produits physiques nécessitant une livraison ou un ramassage en magasin. 

«L’effet Amazon» 

Bien que 91% des entreprises interrogées emploient exclusivement leurs propres sites web ou applications mobiles pour vendre leurs produits en ligne, les commerçants d'ici sont d'avis qu'Amazon est devenue leur principale concurrente. Près de 40% des adultes québécois réalisent mensuellement au moins un achat sur Amazon. 

Les ventes en ligne représentent en moyenne 20% des ventes totales annuelles des entreprises sondées.

Amazon peut ainsi se présenter comme un partenaire d’affaires potentiel, qui engendre toutefois des coûts importants pour y assurer une présence. Services de distribution facturés à la carte, conditions de livraison strictes, disponibilité rapide des produits: «l’effet Amazon» suscite des attentes considérables chez les consommateurs et pèse lourd sur les commerçants québécois. 

Comptant quelque 180 entrepôts, 28 centres de tri, 59 stations de livraison de colis locales et 65 concentrateurs pour les livraisons Prime Now de deux heures: maintenant près de la moitié de la population américaine vit à moins de 32 kilomètres d’un entrepôt ou d’une station de livraison Amazon Prime.

Pour s’imposer, les commerçants d'ici doivent donc satisfaire des normes logistiques élevées établies par la multinationale. Qu’elles soient des détaillants, des grossistes ou des fabricants, l'enjeu principal pour 88% des entreprises interrogées par le Cefrio demeure le temps de livraison des expéditions. 

Logistique sous-estimée

«Pour rendre disponibles les marchandises en temps réel, réduire le temps de service pour diminuer le taux d’abandon des commandes, comprendre les contraintes des transporteurs et les options de livraisons, il est essentiel d’ajouter les logisticiens autour de la table décisionnelle», note Albert Goodhue, associé de Groupe GCL, une firme de consultation spécialisée en logistique. 

Les entreprises dont le volume annuel de ventes en ligne dépasse 120 000$ seraient relativement plus nombreuses à recourir à des sites tiers en plus de leurs propres sites ou applications mobiles, dans une proportion de 27%. Amazon est sans contredit la tierce plateforme privilégiée par elles, alors que la moitié (49%) utilisent le nom de la mutinationale pour vendre leurs produits. Quelque 22% le font sur eBay et un maigre 10% sur Etsy. 

Pour s’imposer, les commerçants d'ici doivent satisfaire des normes logistiques élevées établies par Amazon. 

Sans grande surprise, les commerces constitués de 20 employés et plus faisant autant dans le segment marchand-consommateur que celui interentreprise vendent davantage en ligne. Naturellement, la présence de grossistes y est plus marquée. 

Une vaste majorité (92%) des entreprises répondantes expédient sur le territoire québécois les produits vendus en ligne, et une sur trois uniquement au Québec. Ces entreprises s’adressent surtout, par la vente en ligne, à une clientèle de type «particuliers et ménages».