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    Affiches vandalisées à l'Uqam: l'usurpation d'identité en affichage, est-ce possible?

    «Les violences sexuelles font des dégâts. Le bureau de prévention du harcèlement aussi.» Des affiches aux slogans accusateurs envers la gestion des plaintes de harcèlement sexuel et psychologique de l’Université du Québec à Montréal (Uqam) ont ainsi remplacé celles de l'institution lundi, annonçait le Devoir ce matin. Une initiative qui n'est pas sans rappeler le film américain oscarisé Three Billboards. Quel processus de vérification existe chez les entreprises d'affichage pour éviter une mauvaise utilisation des supports publicitaires?

    Des dizaines d’affiches «faussement publicitaires» ont donc repris lundi un peu partout à Montréal le logo de l’université, le slogan et le visuel de sa campagne de financement 100 millions d’idées, réalisée par l'agence Cartier.

    extrait du film américain THREE BILLBOARDS 

    Cette initiative a des ressemblances avec la trame du film américain oscarisé Three Billboards, racontant l'histoire d'une mère ayant acheté de l'affichage publicitaire extérieur pour interpeler directement le service de police de sa petite ville sur le viol et la mort non résolus de sa fille.

    Toutefois, contrairement au film, le groupe anonyme n'a pas acheté de la publicité auprès d'Astral, mais a plutôt vandalisé les affiches de la campagne de l'Uqam durant la nuit. Un porte-parole d'Astral a mentionné que l'entreprise prenait le «vandalisme de ses propriétés et du mobilier urbain très au sérieux» et qu'elle enquêtait à ce sujet. 

    Dans le cas réel dont il est question ici, l’Uqam a vite réagi lundi en demandant au propriétaire des supports publicitaires, Astral, de retirer les publicités qui usurpent l’identité de l’établissement, selon ce qu'a mentionné un porte-parole de l'institution au quotidien montréalais Le Devoir

    marie-claude bourdeau

    newad

    Usurper une identité d'entreprise, est-ce possible en affichage publicitaire?

    Même s'il s'agissait de vandalisme, la situation de l'Uqam soulève une question d'intérêt: si un groupe désirait usurper l'identité d'une entreprise pour acheter de l'affichage en son nom afin de diffuser son message dans les lieux publics, est-ce qu'il pourrait réussir?

    Selon Marie-Claude Bourdeau, directrice, marketing, communications et contenu, de Newad, une telle situation a peu de chances de survenir en raison du processus de vérification normalement mis en place par les propriétaires de supports publicitaires.

    Kevin Adhami, conseiller juridique de Newad, précise que diverses mesures sont prises pour éviter qu'une personne utilise une marque de commerce de manière frauduleuse. «L'achat d'un espace publicitaire statique passe par la signature d'un contrat, mentionne-t-il. Cet achat est généralement réalisé par l'agence qui traite avec la marque.» Ainsi, du moment où ce ne serait pas fait par une agence, des vérifications supplémentaires sont effectuées en ce sens par des humains. 

    Même en affichage programmatique, où la sécurité de marque représente plus que jamais un enjeu important aux yeux des annonceurs, Newad, par la plateforme Campsite, impose des systèmes de sécurité pour éviter le piratage du réseau.

    «De plus, que ce soit en affichage statique ou numérique, il y a toujours une intervention humaine dans l'analyse des pièces créatives soumises», soutient-il. Le même processus est alors applicable: l'équipe de l'inventaire valide le contrat, puis, en cas de problème quant à la nature des pièces créatives, il est soulevé aux supérieurs et au service juridique s'il y a lieu.  

    kevin adhami

    newad

    Même si quelqu'un réussissait à se créer un compte sur une telle plateforme en payant par carte de crédit, les affiches ne passeraient probablement «le test» par la suite sur le plan créatif. 

    Parmi ces règles publicitaires qui peuvent entraîner un refus, notons les messages à caractère haineux, qui incitent à la violence ou à connotation sexuelle. Sans compter les règles publicitaires propres à certains domaines, comme les jeux, l'alcool, le tabac ou le cannabis, soumises à des contrôles spécifiques.

    «Chaque université possède également des règles internes qui interdisent certains types de publicité, comme la malbouffe sur leur campus, souligne-t-il. Quand on reçoit des campagnes, les équipes redoublent aussi d'attention à la vérification dans certaines des catégories de produits.»

    Il mentionne également que certaines personnes sont attitrées de manière générale aux publicités sur les produits réglementés.

    Consultez l'article du Devoir pour en savoir plus sur la campagne de revendications du groupe anonyme.

     

    Photo: Facebook