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Éloi Beauchamp: propulser les artistes québécois à l’étranger

En 2014, le fondateur de L’Éloi a fait le pari fou de doubler son chiffre d’affaires en trois ans. Un agrandissement des espaces du studio de 250 000$ et un développement d’affaires résolument tourné vers l’étranger lui ont permis de relever le défi et de faire rayonner le talent d’ici à l’international.

Si Éloi Beauchamp a d’abord mis sur pied son entreprise au début des années 2000 en représentant exclusivement les photographes Leda & St.Jacques sur le marché québécois, son modèle d’affaires a peu à peu évolué pour s’ouvrir sur d’autres artistes et sur le reste du monde.

«Il est venu un moment où les affaires stagnaient et je voyais un potentiel pour percer dans d’autres marchés qu’au Québec, souligne-t-il. Parallèlement, j’entrevoyais déjà que l’image fixe allait évoluer et je trouvais important de commencer à faire de la vidéo.» Il s’est donc entouré d’artistes qui partageaient sa vision, comme Anouk Lessard, Martin Laporte et Christophe Colette, puis a dû laisser aller le duo de photographes initial.

Trouver son créneau

Des quatre employés que comptait le studio en 2016, l’équipe est maintenant rendue à 10. En trois ans, le studio a presque doublé son chiffre d’affaires (+1,5 million$). Son portfolio d’artistes s’est enrichi d’autres collaborations: Camille Boyer, Caravane, LM Chabot, Jean-Sébastien Baillat, Kristof Brandl, Mathieu Fortin, Oliver Stenberg, Nik Mirus, Hervé Demers et Greg Barth.

Cette croissance s’explique principalement par son travail de développement à l’étranger, si bien que 25% des revenus proviennent maintenant d’ailleurs, contre 75% au Québec. Une proportion qu’il compte bien inverser dans les deux prochaines années.

Le marché montréalais est petit pour le studio, puisqu’il cible des artistes moins commerciaux et plus de créneau. «Si tu es un studio de production généraliste au Québec, le marché est bon, car tu peux survivre en faisant de la publicité, explique Éloi Beauchamp. Mon offre m’adresse seulement à une petite portion de la tarte de production québécoise et je veux donc réussir à demeurer niché, mais partout dans le monde.»

Éloi Beauchamp a réussi cette percée à l’international à force de mettre de l’avant le travail de ses artistes tout en explorant les occasions d’affaires dans différents marchés, principalement ceux de l’Asie et de Toronto, parce que les États-Unis et l’Europe sont saturés, selon lui. «Depuis 2017, je me rends une semaine par mois à Toronto et deux semaines par deux mois en Asie.» Une autre personne l’aide dans ce développement, qui nécessite des rencontres sur place pour solidifier les relations. Séoul, Tokyo, Pékin et Shanghai sont parmi les endroits qu’il a ciblés.

«Ça fait trois fois que je rencontre des gens à Shanghai, et chaque visite m’a permis d'atteindre un nouveau palier hiérarchique qui a ouvert la porte à sept mandats potentiels, souligne-t-il. C’est donc primordial d’entretenir ces relations.»

De son avis, Séoul et Shanghai sont les deux marchés où il y a le plus d’occasions d’affaires et de budgets, et qui n’ont pas encore été trop explorés.

Développement organique

Éloi Beauchamp compte aussi sur le développement organique pour croître à l’international. Une stratégie qui consiste à investir dans la production de contenu original avec les artistes qui collaborent avec lui dans ce qu’il appelle désormais le Lab, puis à propulser leur travail dans un réseau de plateformes web et de collaborateurs au-delà des frontières du Québec.

Présentée sur la plateforme Nowness, Club Palace, une collaboration entre Caravane, Camille Boyer et Nik Mirus, illustre bien le type de projet qui voit le jour dans ce Lab et qui permet de faire connaître les artistes partout dans le monde, afin qu’ils soient ensuite approchés pour des projets payants.

Certaines entreprises qui jouissent de budgets moindres approchent également le studio pour des projets stimulants, qui peuvent aussi entrer dans le «Lab». Le projet Ssense et Pornhub en est un bon exemple.

Même s’il se fixe des objectifs financiers depuis ses 18 ans d’activités, la motivation d’Éloi Beauchamp ne réside pas dans l’atteinte d’un chiffre d’affaires. «Je veux que les artistes avec qui je travaille puissent vivre bien de leur art et qu’ils n’aient plus de soucis financiers, précise-t-il. C’est vraiment de les côtoyer chaque jour et de voir leurs idées prendre forme qui représente mon réel moteur pour continuer à faire ce que je fais.»

 

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