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Au secours des océans, au détriment des océans

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, se penchent sur Ocean52, une eau qui puise ses minéraux à plus de 600 mètres de profondeur dans le Pacifique. 

stéphane mailhiot

havas montréal

Se caractérisant par sa pureté et la présence de plus de 70 minéraux et oligoéléments dans ses gouttelettes, la «richesse» de cette eau serait la conséquence d’une combinaison de courants thermo halins qui, au fil de leur long voyage de près de 1000 ans, s’enrichissent de multiples nutriments. 

La société remet 52% de ses recettes à des organismes de protection des océans, s'évitant du même coup le blâme des environnementalistes. 

La défense d'Ocean52 table sur le faible volume d'eau pompé des profondeurs du Pacifique. L'entreprise nie pourtant avoir un impact négatif sur l'océan, alors qu'elle y puise des minéraux jusqu'à ce jour préservés et inaltérés. Peut-on réellement intégrer l'écoblanchiment à une stratégie de marketing en posant le geste justement décrié?

arnaud granata

infopresse

Santiago Mier, tête pensante du projet, mais surtout ancien vice-président, marketing, de Danone, comprend très bien la mécanique de distribution, de valeur et de rareté créée afin de soutenir une marge et un prix intéressants, même en donnant 52% de ses recettes», indique Stéphane Mailhiot. 

Pour la modique somme de 15 euros pour six bouteilles en verre recyclé et réutilisable de 330 ml, cette eau est principalement distribuée dans les magasins de surf et de plein air. 

Plusieurs ambassadeurs ont également conçu des cartes postales à saveur environnementale, quant à l'état pitoyable de la planète et des océans. Pour Stéphane Mailhiot, il s'avère contracdictoire pour l'entreprise de faire à la fois partie du problème et de la solution. 

Il est aussi question de la pub La Maladie d’amour des enfants, nouvelle campagne de la Fondation CHU Sainte-Justine, du filon de la vulnérabilité dans les publicités destinées aux hommes, de la suspension de comptes Facebook qui propageaient de fausses nouvelles sur les Rohingyas et d'une liste musicale pour réaliser des massages cardiaques.  

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.