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Sophie Banford: l’audace du papier

Trois nouveaux magazines, des milliers d’exemplaires vendus et des projets plein la tête: l’année 2018 a été particulièrement faste pour Sophie Banford. Et l’associée, directrice générale et éditrice des publications de KO Média souhaite maintenant prouver que le papier n’est pas mort... avec des livres.

Débarquée il y a trois ans chez KO Média, après avoir été éditrice des publications Châtelaine et Loulou de Rogers, Sophie Banford n’a eu besoin que d’une année pour convaincre Louis Morissette d’en faire son associée. «En 2015, KO Média publiait uniquement le magazine Véro, à une fréquence de cinq fois par année, relate Sophie Banford. À mon arrivée, j’ai dit à Louis que j’allais faire une différence, qu’on allait prendre la marque Véro et la déployer autrement.»

Quelques mois plus tard, le site web de Véro hébergeait du nouveau contenu, le magazine se dotait de réseaux sociaux, les thématiques se peaufinaient et Sophie Banford gagnait son pari: faire grandir une marque dans un secteur difficile, celui de l’édition imprimée. «À partir de ce moment, ma mission en tant qu’associée a été de faire croître l’entreprise, puis de m’assurer qu’elle ne soit plus dépendante d’une seule personne. Parce qu’on aurait été mal pris si Véronique [Cloutier] avait décidé soudainement qu’elle ne voulait plus produire son mag...»

Aujourd’hui, KO Média publie sept magazines, dont trois nouveaux pour la seule année 2018: Mère ordinaire, di Stasio et Édition Papier, qui s’adresse aux milléniaux. Audacieux, choisir le papier dans un monde numérique? Pas pour Sophie Banford. «Les gens ont encore envie de lire des magazines, c’est juste que ce n’est plus la même façon de faire qu’autrefois.» Exit, donc les publications mensuelles et les structures d’envergure: publier un magazine en 2018 rime avec agilité.

«Quand on lance un produit, l'on se demande quel est le besoin, indique Sophie Banford. Parce qu’un magazine doit remplir un segment, plutôt que de simplement servir à pousser du contenu. Il faut aussi trouver les bons moments. Par exemple, l’automne arrive, c’est le temps des récoltes... et un bon moment pour les recettes!»

Outre la temporalité, un contenu incarné par une personnalité, comme Josée di Stasio, Bianca Longpré ou Marina Bastarache, est aussi une clé du succès des magazines d’aujourd’hui. Parce qu'ils peuvent encore être des succès, comme en témoignent les ventes en hausse constante depuis trois ans chez KO Média. Même que les magazines en soi deviennent des objets prisés: les exemplaires d’Édition Papier, par exemple, sont tous numérotés pour favoriser l’envie de collectionner. «Quand le contenu est de qualité, le lectorat est au rendez-vous, assure Sophie Banford. Le magazine, ça représente un temps d’arrêt, ça nous sort des écrans qu’on consulte au quotidien. C’est une récréation qu’on offre aux gens. L’attention qu’on y consacre est aussi plus élevée. Et c’est un format flexible, qui permet d’être créatif, autant au chapitre du contenu que des possibilités avec les annonceurs.»

Sophie Banford a maintenant envie de développer d’autres axes de croissance. Elle s’apprête d’ailleurs à devenir éditrice de livres. Quatre bouquins – trois adaptions québécoises de livres de recettes et une biographie originale – sont en production. «Je pense aussi à l’édition sur mesure. On a une expertise en contenu, en prises de photos, en mise en marché... J’aime ce que fait Goop, l’entreprise de Gwyneth Paltrow. Ça a commencé avec une infolettre, mais aujourd’hui, ce sont des conférences, un magazine, une gamme de produits, du commerce électroniques... Ils exploitent leur marque à fond.» Tout est dans l’exécution selon elle. «Tout le monde a des bonnes idées, mais ceux qui réussissent ont un don pour bien les mettre en œuvre.»

 

 

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