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Influenceur ou influencé?

Vicky Boudreau Directrice générale - Cofondatrice, BICOM Communications

On a annoncé il y a quelques jours la vente de Roots à une firme d’investisseurs privés de Londres. Notre emblématique petit castor canadien passe ainsi aux mains d’intérêts étrangers. 

En apprenant la nouvelle, je me suis remémoré les chandails à gros logos défilant dans les corridors de mon école secondaire vers 1994. Les filles arborant la feuille d’érable et le capuchon brillaient dans le microcosme de ma polyvalente à Sept-Îles. Teint clair, joues roses, cheveux lustrés; elles respiraient la santé entre deux entraînements de basketball, sans négliger leur popularité auprès des garçons. À cette époque, le coton ouaté Roots constituait un prérequis ne serait-ce que pour aspirer à faire partie du groupe.

Après réflexion, n’observe-t-on pas aujourd’hui le même phénomène avec les influenceurs et le style de vie qu’ils projettent? Par les réseaux sociaux, les célébrités, les passionnés inspirants, nos amis et nos proches contribuent à modifier notre perception des marques et notre consommation. Ils sont devenus les filles cools de notre école secondaire.

En réponse à ce phénomène, les entreprises (et leurs agences de relations publiques) rivalisent d’ingéniosité pour mettre leurs produits dans les mains des «bonnes personnes». Si certaines influencent grandement les autres, alors pourquoi ne pas tenter de les inspirer?

Mais encore faut-il les identifier. Qui sont-elles?

  • Des personnalités publiques
  • Des références dans leur domaine
  • Des leaders d’opinion
  • Des socialites
  • Des personnalités du web avec une grande portée

Cette nouvelle réalité pousse les agences à élaborer de nouvelles pratiques qui rapprochent les marques des consommateurs et qui augmentent leur authenticité perçue. Ainsi, traitements VIP, tests de produits et invitations aux événements exclusifs ne sont plus réservés aux célébrités et aux plus importants médias, mais incluent désormais cette nouvelle élite qui contribue de façon organique au rayonnement des marques.

C’est une pratique attrayante, mais encore faut-il savoir l’utiliser correctement. Voici donc les cinq commandements pour une campagne d’influenceurs réussie:

1- Tes influenceurs tu connaîtras
Il faut les suivre de près! Avoir vu et lu leurs publications, en plus de connaître leur situation personnelle (bébé, chalet, chien, etc.) permet de proposer des expériences en lien avec leurs réels intérêts (et ceux des gens qui les suivent).

2- Tes relations tu entretiendras
Relayer les publications d’un influenceur sur nos propres réseaux, les remercier pour leur collaboration et les consulter pour améliorer nos pratiques forment les bases d’une relation gagnante.

3- Un retour tu n’exigeras pas
À moins d’une entente officielle, ne JAMAIS exiger de couverture. Les mots d’ordre sont «confiance» et «transparence»: nos influenceurs partagent s’ils ont vraiment apprécié. La pression nuirait à la relation.

4- Tes résultats tu mesureras
De nouveaux outils existent afin de mesurer l’impact des campagnes d’influenceurs. Au-delà du simple nombre d’abonnés, l'on peut maintenant mesurer le rayonnement des influenceurs et l’engagement de leurs fans. Ne vous en privez pas!

5- À l’affût tu demeureras
On doit demeurer alerte et au courant de tout ce qui se passe dans les industries de nos clients afin de tisser vite des relations avec les nouveaux joueurs. L’agilité et la flexibilité permettent de saisir des occasions qui, souvent, donnent d’excellents résultats.

Rappelons-nous que de nos jours, les consommateurs veulent vivre dans le compte Instagram du style de vie auquel ils aspirent. Nous contribuons tous à notre façon à ce phénomène. En partageant nos expériences (restaurants, voyages, événements), nous devenons tous l’influenceur de quelqu’un.

Et vous, qui influencez-vous?

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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