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Médias sociaux: les utilisateurs toujours incompris des marques? (1/2)

Thoma Daneau Stratège numérique, http://daneautruong.com/

Chaque nouvelle année amène son lot de prédictions concernant les réseaux sociaux. Aujourd'hui, je propose qu'on se concentre sur les chiffres de l'an dernier. Car, c'est bien de dire que les bots nous envahiront, mais actuellement, peu de marques les utilisent. Attardons-nous plutôt à savoir si les marketeurs qui les contrôlent ont le bon pouls de la situation.

Les marketeurs sont-ils connectés aux utilisateurs sur les médias sociaux en 2016-2017? Et à quel point suivons-nous les utilisateurs dans leur consommation?

Prenez note que plusieurs des statistiques énoncées ici concernent les États-Unis seulement (ou elles sont mondiales). Elles proviennent principalement d'une étude de L2 publié il n'y a pas longtemps. Malheureusement, il est difficile de trouver des chiffres, encore plus des statistiques québécoises.

Commençons par un portrait global.

Tous les réseaux

80% du temps passé sur les médias sociaux le serait sur appareil mobile (source). Encore rien de vraiment nouveau. Les marketeurs sont toujours en retard sur le mobile pour la principale raison qu'ils emploient leur ordinateur de bureau pour naviguer sur internet.

Où sont les utilisateurs?

68% sur Facebook, 28% sur Instagram, 26% sur Pinterest, 25% sur LinkedIn, 21% sur Twitter selon le groupe Pew Research Center, à partir d'une compilation réalisée en avril 2016.

Ce que je trouve intéressant de ce sondage, c'est qu'il n'y a pas de mention de YouTube. Voilà une preuve que les marketeurs n'y pensent pas encore assez, tout comme à Snapchat, d'ailleurs.

Maintenant que la table est mise, attaquons les réseaux.

Snapchat

Snapchat joindrait 41% des 18-34 ans aux États-Unis chaque jour d'après le réseau lui-même, depuis quelques mois.

64% des marques analysées par L2 auraient un compte Snapchat, mais seulement 67% seraient actives (donc 43% des marques le sont). Pourquoi ne sont-elles pas actives? Parce qu'elles ont de la misère à créer du contenu (j'en parlais d'ailleurs ici)!

Cette difficulté à générer du contenu est couplée à la difficulté de trouver d'autres utilisateurs sur le réseau. D'ailleurs, Snapchat le sait et prépare un outil de recherche qui pourrait peut-être changer la donne (j'en doute, mais on peut toujours espérer). Ledit outil semble plus orienté sur la recherche de contacts à qui envoyer un message.

D'ailleurs, le nombre de jours où les marques sont actives est actuellement très bas. Voici un graphique qui montre le nombre de jours actifs selon l'industrie.

Par contre, ces marques ont augmenté la cadence au chapitre du nombre de snaps envoyés par semaine, le chiffre aurait augmenté de 18 à 25 en 2016 de janvier à octobre.

Par ailleurs, Snapchat est toujours de plus en plus populaire pour les utilisateurs. Les marques tentent d'embarquer dans le bateau, mais éprouvent de la difficulté à maintenir la cadence.

L'avenir? Instagram Stories ne semble pas avoir fait mal à Snapchat encore, mais ce serait difficile de prévoir l'avenir. Snapchat étant un réseau toujours principalement orienté sur les utilisateurs, il n'est pas simple de bien comprendre la place des marques en lui. Et Snapchat ne s'en formalise pas, considérant qu'il n'existe pas encore d'outils pour les marques, alors que le réseau propose une offre publicitaire variée avec Snapchat Ads.

YouTube

Les marques ont été dépassées à 200km/h par les utilisateurs sur ce réseau. Alors qu'on pense à de très gros influenceurs qui dominent les classements YouTube, les marques en sont presque absentes en comparaison des autres grands réseaux. Malheureusement, aucune proposition n'a encore été avancée quant à la manière d'améliorer la présence des marques sur YouTube (si quelqu'un veut se porter volontaire).

YouTube attire plus de 18-49 ans que n'importe quelle chaîne de télé américaine selon lui-même. C'est une statistique un peu facile à mes yeux, considérant la quantité de contenu. Cela démontre néanmoins son importance.

De plus, YouTube semble le mal-aimé des marques sur les médias sociaux, en partie parce que la création de contenu est vue de façon très (trop) chère. Les marques sont frileuses à s'embarquer dans l'aventure.

MARIE-ÉLODIE MOLLE

MADE IN

J'ai demandé l'avis de Marie-Élodie Molle, directrice principale, stratégie et opérations, de Made In, à propos de la relation des marques avec YouTube.

«Les marques sur YouTube ont souvent du mal à s'adapter au format, elles se servent de la plateforme pour mettre leur contenu vidéo sans l'adapter au support.» 

Selon elle, «les marques ont souvent tendance à aller chercher des gens qu'elles connaissent d'ailleurs» au lieu de regarder les vraies vedettes sur YouTube. Les marques cherchent encore trop à faire appel au star système du Québec plutôt que de s'intéresser à celui de YouTube.

Elle pense finalement qu'en tant que marketeur, il est important de sortir de sa consommation personnelle, mais qu'on doit être curieux pour s'ouvrir aux plateformes.

YouTube n'est pas près de mourir. Le réseau propose aussi une offre de publicités hyper pertinente. YouTube est un pilier pour l'avenir.

Suite et conclusion la semaine prochaine.

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Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles d’Infopresse.

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